CONCERTS
des chaînes de fleurs, en bacchante ou en magicienne, la baguette divinatoire à la main. Cela n'avait pas le sens commun; c'était amusant et gracieux, on n'en demandait pas davantage.
Les morceaux de musique instrumentale figurent aussi dans les programmes des concerts spirituels, entre autres des concertos pour hautbois et basson des frères Besozzi de Turin, des pièces pour violon de Traversa, premier violoniste du prince de Carignan. Gossec y fit entendre des sym-
Cramer. (Page 702.)
phonies, notamment la symphonie de chasse, qui obtint un grand succès. Pagin y joua les sonnets de son maître Tartini. Comme il variait peu son répertoire, on lui demanda de jouer une sonate d'un autre compositeur. Il fit semblant de se conformer au vœu du public, qui applaudit le morceau avec plus d'ardeur que les précédents. « C'est cependant encore une œuvre de Tartini », dit Pagin. Ce même auditoire le siffla outrageusement; l'artiste indigné brisa son archet et le jeta avec dédain à l'auditoire. On voit par
ce détail que le jugement de la foule mobile et ignorante se substituait déjà à celui des vrais amateurs. Le comte de Clermont attacha à sa maison le digne artiste avec un traitement annuel de dix mille écus.
La devise du Concert spirituel gravée en lettres d'or sur le mur de la salle des Suisses était : « Sic Davidis aula sonabat ». On a vu plus haut combien ce qu'on y exécutait y répondait peu.
Je relève les noms suivants parmi ceux des artistes qui en firent partie de
iïtimmp). (Page 702.)
1725 à 1789. Le nombre des choristes, qui était de trente-huit au début, diminua et était réduit à la fin à une vingtaine, tandis qu'au contraire celui des symphonistes, qui était de trente-six, s'éleva à cinquante-quatre.
Parmi les soprani nous trouvons en première ligne : Mlle Fel, dont la carrière de chanteuse dura trente-sept ans; Mlles Antier, Le Maure, Pélissier; en 1576, Mlle Dugazon ; en 1765, Sophie Arnould; en 1767, la Beaumesnil; en 1768, Mlle Lemière (Mme Larrivée); en 1770, Mlle Delcambre,
Leçon de solfège accompagnée sur l'archiluth, d'après le tableau de Terburg. (Voyez p 704.