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CHINOISE

Noms anciens

Noms correspondant?.

LIÛ1.

des notes de la gamme.

Noms modernes.

Symbolique.

Houâg-tchông.

Kong.

Loiï et IIô.

fa.

Cloche jaune.

Tâ-liû.

fait.

Grand coopérateur.

Tay-tsoù.

Châng.

Où et Se.

sol.

Grande égalité.

Kiâ-tchông.

soi».

Cloche serrée.

Koù-sy.

Ko.

la.

L'ancien renouvelé.

Tchông-liû.

Coopérateur moyen.

Joûy-pïn.

Pièn-lchè.

Châng.

si.

La cinquième lune.

Lîn-tchông.

Tchè.

Tchè.

ut.

Cloche des forêts.

Y-tsë.

ut#.

La septième lune.

Lân-liû.

Yù.

Kong.

ré.

Coopérateur du Midi.

Oû-y.

ré#.

La neuvième lune.

Y-tchông.

Pièn-kông.

Fân.

mi.

Cloche d'attente.

Malgré l'existence constatée des douze liû, portant chacun un nom dans la musique chinoise, malgré la connaissance suffisante qu'on possède de la tablature des instruments chinois, dont plusieurs ont jusqu'à trente-six cordes, des auteurs répètent encore, avec le P. Amiot, que les Chinois ignorent l'usage des deux demi-tons de la gamme, que leur musique n'est composée que de cinq notes à la distance d'un ton, c'est-à-dire de fa, sol, la, ut, ré. Fétis se range à cette opinion et reproduit ce vieux dicton de deux théoriciens chinois, Ho-Souy et Tchen-Yang, dont les noms méritent en effet d'être transmis à la postérité : « Le pièn-kông (la note mi) et le pièntchè (la note si) sont aussi inutiles dans la musique que le serait un doigt de plus à chaque main ». Il est possible que certains airs chinois n'offrent pas toutes les notes de la gamme, mais on trouve des exemples de cette particularité dans une foule d'airs, même européens. On peut faire une phrase sans employer toutes les voyelles. Il en est de même d'un air.

Nous allons voir que les idées préconçues de Fétis l'ont entraîné bien au delà de la muraille de la Chine. Un savant est exposé à tomber dans de graves erreurs ; on peut le constater sans lui en faire un reproche. C'est ainsi que, pour démontrer l'existence de gammes incomplètes en usage chez divers peuples, Fétis a donné deux exemples tirés des chants

1. J'ai adopté pour cette nomenclature l'accentuation observée dans les ouvrages de M. Paul Perny, savant sinologue, ancien vicaire apostolique en Chine.

religieux de la Syrie et de l'Arménie, et il constate qu'ils sont contenus dans l'intervalle d'une quarte ou d'une quinte : mais c'est là un fait commun h une quantité innombrable de chants liturgiques, et le docte auteur ne s'est pas aperçu que ces mélodies, attribuées par lui à ce qu'il appelle des « sectes éphrémoïtes et jacobites », sont des répons brefs encore chantés dans toute l'Eglise latine. L'influence de la liturgie de saint Éphrem sur celle de saint Grégoire n'a rien d'ailleurs d'invraisemblable. Le système diatonique n'en a pour cela subi aucune atteinte.

On trouve d'ailleurs les demi-tons employés dans les airs chinois notés et publiés par le P. Amiot et par l'abbé Roussier. La note si existe au début du chant intitulé la Descente de l 'hirondelle, et la note mi clans celui qui a pour titre la Fleur Moâ-Ly, ou le Jasmin1.

Pour exécuter leur prétendue musique sans demi-tons, les Chinois devaient donc boucher des trous à leurs flûtes, supprimer des tuyaux de bambou à leurs cheng ! Or cela n'a pas lieu; planchettes, sonnettes et clochettes sont toutes également diatoniques.

Le son le plus grave, appelé Houâg tchông (cloche jaune), sorte de basse fondamentale, est qualifié de principe universel, et répond à la onzième lune. Nous avons vu que chaque son présidait à un des développements de la nature, à une de ses forces et aussi à une lune.

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