‹ Histoire de la musiqueChapitre 47 sur 222 · HYMNE A NÉMÉSIS · texte numérisé non relu

HYMNE A NÉMÉSIS

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L'examen du troisième document, reproduit d'après cinq manuscrits, tous postérieurs à l'ère chrétienne, augmente encore mon incrédulité à l'égard de l'authenticité du chant de ces hymnes. Ce document est l'hymne à Apollon, dont la poésie a de la grandeur, et dont la mélodie, prétendue lydienne, est misérable. Est-elle l'effet d'une mystification ou un essai de notation fait par quelque chercheur d'après les tables des théoriciens? Est-ce encore une réminiscence informe, inexacte, d'une sorte de récitatil

chanté par un prêtre d'Apollon dans une cérémonie religieuse? La reproduction de ce chant dans les manuscrits de diverses provenances ne prouve en rien son authenticité ; car beaucoup de manuscrits étaient naturellement copiés les uns sur les autres.

Comment a-t-il pu se faire que parmi tant de manuscrits grecs qui nous sont parvenus, il ne s'en soit pas trouvé qui offrent des mélopées certaines? Pourquoi les théoriciens n'ont-ils pas donné dans leurs ouvrages des chants servant d'exemples et donnant la preuve de la vérité de leurs dissertations ? Est-ce qu'on n'est pas fondé à croire que tous ces chants si vantés n'étaient jamais écrits, mais qu'ils étaient enseignés, et se transmettaient par tradition? Les six premiers vers de l'hymne à Apollon ne sont pas notés. Je donne ici seulement la première période de la partie notée : « Père de l'Aurore, dont les paupières sont blanches comme la neige, vous qui, paré d'une chevelure d'or, conduisez dans le ciel immense votre char rosé, traîné par des chevaux ailés..., » etc.

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