‹ Histoire de la musiqueChapitre 55 sur 222 · Scène de comédie. (Musée Bourbon · texte numérisé non relu

Scène de comédie. (Musée Bourbon

quatuor d'instruments à cordes, écrites en vue d'un auditoire de cent personnes au plus, amateurs doués d'un goût fin, exercé, capables enfin de goûter les œuvres d'art, auxquelles une éducation préalable et nécessaire les avait initiés.

Les dix mille salpinx, litui, fistulx, utricularia et tibix de César ne devaient produire qu'une monstrueuse fanfare, discordante, et aussi éloignée des mélopées d'Olympie que de la symphonie militaire d'un de nos régiments.

Nous avons peu de renseignements sur la pédagogie musicale des Latins.

La théorie étant très compliquée et plutôt spéculative que pratique, l'enseignement devait être empirique.

Dans une représentation ancienne, le maître est assis, jouant de la double flûte. Un adolescent est debout devant lui et semble chanter les intonations indiquées sur l'instrument par le professeur.

Le maître de musique de Néron fut un habile harpiste et joueur de lyre, nommé Torpus. Quand on pense au dilettantisme de ce monstre, on est tenté de dénier absolument à la musique toute influence heureuse sur les mœurs et le caractère. Néron forma une troupe de cinq mille musiciens, accourus de tous les pays pour se faire embaucher; il leur imposa un costume spécial, et s'en fit autant de créatures abjectes prêtes à l'applaudir.

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Leçon de chant donnée avec la double flûte. (Coupe campanienne du Musée de Leydc.)

Les batteurs de mesure s'appelaient podarii, pedicularii. Ils devaient être nombreux, et leur manière de battre la mesure avec le pied ou avec un bâton fort bruyante.

La notation en lettres romaines ne remplaça la notation si compliquée des Grecs qu'à partir du cinquième siècle de l'ère chrétienne, et c'est à Boèce qu'on est redevable de cette substitution, qui nous a valu la conservation d'un certain nombre de mélopées antiques dans la liturgie latine.

La suite des sons étant désignée par les quinze premières lettres de l'alphabet, on a au moins l'intonation si on a perdu le style, les nuances et la ponctuation de ces chants. Toutefois ce système ne fut pas adopté promptement dans les écoles, puisque la théorie des modes ne pouvait être enseignée que par les tétracordes grecs. Je citerai plus loin un fragment

de manuscrit du dixième siècle, dans lequel le chant liturgique est défini d'après les termes de la musique des Grecs.

La notation boétiennc était trop favorable par sa clarté à la propagation des chants sacrés pour qu'on ne l'adoptât pas officiellement. C'est ce que firent les papes et les évoques et, à leur tète, saint Grégoire.

L'origine de la fana napolitaine et de la commedia deU'arte remonte aux Étrusques. 11 suffit d'étudier le caractère de leurs arts plastiques, la composition de leurs sujets peints, l'attitude des personnages, l'expression de leurs gestes, pour se convaincre que ces peuples de la Grande-Grèce, Étrusques, Osques et Campaniens, avaient une imagination vive, de l'esprit

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