Scène de comédie. (Musée Bourbon
et de la gaieté. Us ne se contentèrent pas des pantomimes et des danses accompagnées par la flûte et la cithare : ils y ajoutèrent des scènes satiriques et comiques qui reçurent le nom d'atellanes, de la ville d'Atella, où ces divertissements prirent naissance.
C'était un véritable carnaval : sous le masque, les habitants d'Atella s'intriguaient les uns les autres, se provoquaient par des railleries et des critiques souvent très vives.
Ces habitudes populaires furent ensuite converties en une sorte de plaisir réglé par des auteurs dramatiques qui donnaient le canevas d'une pièce, laissant les acteurs atellans improviser les scènes et se livrer à toutes les bouffonneries qu'il leur plaisait d'imaginer pour amuser le public.
11 en résulta la création de certains types, pris dans la nature il est vrai,
c'est ce qui a fait leur succès si durable, mais exagérés jusqu'à la caricature. C'était l'éternel tuteur, le Cassandre crédule et bafoué, alors appelé Pappus; l'esclave ou l'affranchi, le Maccus, confident rusé, voleur sans scrupule, capable des plus méchants tours ; c'était le Bucco, espèce de Gille, de paillasse ou de clown. Les atellancs peuvent être regardées comme étant aux comédies d'Aristophane et de Ménandre ce que sont au Misanthrope et au Tartuffe les fourberies de Scapin et M. de Pour-
ceaugnac.
Bans ce sac ridicule ou Scapin s'enveloppe Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.
On composa, pour les alellanes, un nombre considérable de pièces dont les titres et quelques fragments nous ont été seuls conservés. Les auteurs les plus connus sont Alexis et Patrocle de Thurium, Charilaùs de Locres, Hégésippe et Stéphane.
Saltimbanque faisant des tours aux sons de la double llùte.
L'art des gestes était poussé si loin que Livius Andronicus, poète et acteur, fit déclamer une de ses pièces par un esclave placé devant le joueur d'instrument, et pendant ce temps il faisait les gestes avec une telle perfection que le peuple l'applaudit chaleureusement.
Dans ces représentations, le rôle de la musique était sommaire : des femmes jouaient sur la scène de la double flûte. Un bas-relief en marbre, qui est au Musée de Naples, dont le dessin a été publié par Pistolesi, nous fait voir une scène de comédie assez plaisante. Trois personnages sont masqués : un homme qui paraît courroucé tient un bâton ; un autre
cherche à le retenir ; un esclave qu'on frappe avec une corde semble crier ; une petite joueuse de flûte accompagne paisiblement cette scène violente.
On voit sur un vase étrusque un faiseur de tours manœuvrer avec une baguette, pendant qu'un musicien joue de la double flûte. La musique a été mêlée de tout temps aux amusements de la place publique.
Tous les instruments de musique en usage en Grèce étaient connus en Etrurie et dans la Campanie, puisque leur dessin se retrouve sur les vases et les bas-reliefs exhumés dans ces contrées. Il n'est donc pas probable qu'il y ait jamais eu une autre musique romaine. Il y a une exagération évidente dans cette affirmation universelle que les Romains ne se sont appropriés les arts musicaux des Grecs qu'à l'époque de la réduction de leur pays en province romaine. Que ce peuple guerrier, soumis à des lois d'une rigueur impitoyable et toujours obsédé d'une pensée de domination, ait longtemps négligé les arts musicaux, cela est naturel; toutefois, il n'attendit pas que sa puissance eût atteint son plus entier développement pour se laisser séduire par les charmes de la musique et des autres arts. Il n'avait pas à choisir ni à inventer; cet art grec était depuis des siècles cliez lui, et il n'y en avait pas eu d'autre.