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et qua-tre mil
a - veuc chel tant en mi lor front sus el de - vant.
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Por - tent le nom
de Dieu vi - vant.
Un tel récit fait pour les pauvres ignorants des campagnes ne comportait pas autre chose. Lorsque la paraphrase s'adressait à des clercs, elle avait une tout autre valeur musicale et lyrique. Le Gloria in excehis, le Credo, le Pater étaient entremêlés de phrases généralement poétiques, imagées et sonores. Pierre de Corbeil s'est adonné à ce genre de travail dans son Office de la fête de la Circoncision, dont le manuscrit est h la Bibliothèque de Sens, et dont j'ai parlé plus haut.
Ce fut saint Bernard qui commença la réforme du chant ecclésiastique, lorsqu'il élimina des graduels et des antiphonaires les notes parasites que l'ignorance, le mauvais goût, la vanité des chantres avaient accumulées autour des antiques mélopées {eliminata falsitatum spurcitia expulsisque illicitis ineptorum licentiis). Les livres cisterciens furent adoptés dans cent soixante monastères au treizième siècle, même en Italie, à Venise et à Florence.
Il est vrai que cette réforme aurait dû, pour être efficace dans le sens de l'unité, avoir force de loi et être imposée dans tout l'univers catholique. Mais on ne croyait pas alors que de la manière de chanter un alléluia dépendait l'unité de croyance, et qu'une barrette taillée sur le patron de celles des prêtres romains fût un brevet d'orthodoxie. Les articles du Credo et la soumission aux canons des conciles et aux décisions du pape, en matière de foi, semblaient devoir suffire.
Il résulta de cette manière de voir une assez grande variété de chants. La réforme eut lieu parce qu'en principe elle était reconnue nécessaire;
mais chaque ordre religieux l'opéra un peu à sa guise, plus ou moins bien, ou plutôt plus ou moins mal.
Le moment arriva où un besoin d'unité dans la formule des textes et dans le chant se fit sentir. On songea à soumettre à un examen dans ce sens les manuscrits où s'étaient amassées depuis quinze siècles des mélopées nombreuses, les unes adoptées pour le culte public, les autres chantées dans les abbayes, d'autres enfin n'ayant eu d'autre objet que la fantaisie ou la vanité d'un chantre s'épanouissant au lutrin, a dit saint Bernard, pavonis instar.
Cette réforme, depuis longtemps désirée, eut lieu enfin au seizième siècle. Le concile de Trente en fit prévaloir l'urgence. Grégoire XIII, Urbain VIII, Clément VIII et Paul V coopérèrent à son application. En Italie, Palestrina, Guidetti et Giovanelli revisèrent successivement les livres de chant; en France, Nivers et le frère Pascal, cordelier à Paris, contribuèrent à propager la version de chant corrigée. Des imprimeurs, Ballard à Paris, Le Belgrand h Toul, Guillaume et Pierre Valfray a Lyon, d'autres encore, publièrent des éditions d'après celles de Venise et de Rome. Mais la science du plain-chant s'était bien effacée au contact des contrepoints et des formes madrigalesques, qui dominaient en Europe depuis deux siècles; de telle sorte que ces éditions étaient criblées de fautes énormes. Plusieurs tentatives furent même faites pour reprendre les chants antérieurs à la réforme. On méconnaissait ainsi les motifs qui l'avaient rendue nécessaire. Des travaux estimables furent entrepris dans un sens plus raisonnable et plus pratique. C'est au milieu de cet état de choses qu'un évêque de France1 confia à l'auteur de cette histoire le soin de rédiger une nouvelle édition du chant romain traditionnel, en corrigeant les unes par les autres les versions postérieures à la grande réforme opérée au seizième siècle à Rome, et en adoptant les procédés de notation les plus propres à rendre facile une bonne exécution des chants liturgiques. Après quatre années d'un travail assidu, consacrées non pas seulement à faire disparaître d'innombrables fautes, mais à rétablir les périodes du chant par de claires divisions, et à rendre à la mélopée sa ponctuation et ses accents, le graduel et Yantiphonaire furent publiés en 1864, et cette nouvelle édition du Chant romain traditionnel est actuellement en usage non seulement dans le diocèse de Séez, pour lequel elle a été primitivement rédigée, mais dans ceux de Dijon, de Pamiers, de Clcrmont, de Lyon; et elle a été adoptée pour le diocèse de Paris en 1874.
\ . Mgr Rousselet, évêque de Séez.
Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de donner de plus grands détails sur la constitution tonale du plain-chant, ni de démontrer la supériorité de ce genre de musique au point de vue du culte chrétien. Ces questions se trouvent amplement traitées dans plusieurs de mes ouvrages. Il suffisait de lui donner la place qui lui est due légitimement dans une Histoire de la musique, puisque Yoctoéchos, le planus cantus, le canlofenno, le plain-chant enfin a été pendant des siècles la hase de toute musique chez les Grecs, en Italie et dans tout l'Occident1.
1. Histoire générale de la Musique religieuse, couronnée par l'Institut; 2e édition, Didot. Méthode complète de plain-chant d'après les règles du chant grégorien; 23 édition, Hachette.