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Mais gi pan -se, etc.
j'épargne au lecteur musicien de lire la suite. Cela est si mauvais que j'hésiterais à attribuer au bossu d'Arras ce motet aussi difforme que l'était sa personne, si ses autres déchants étaient meilleurs.
La seule chose à retenir de ce motet, c'est que notre trouvère aimait la belle compagnie et qu'il quittait son pays parce qu'on n'y donnait plus de fêtes à son gré. C'était en 1264; on s'amusait beaucoup à Arras. Le luxe et la dépense des seigneurs devinrent tels, qu'une ordonnance de saint Louis prescrivit un impôt somptuaire.
A Dieu commant amouretes,
Car je m'en vois
Dolans pour les douchetes
Fors dou dous pays d'Artois,
Qui est si mus et destrois,
Pour che que li bourgeois
Ont esté si fourmenés
Quil n'i queurt drois ne lois ;
Gros tournois
Ont annulés
Contes et rois,
Justiches et prélas tant de fois
Que mainte bêle compaingne
Dont Arras mehaingne,
Laissent amis et maisons et harnois,
Et fuient, chà deus, cbâ trois,
Souspirant en terre estraingne.
Toutefois il faut être juste : si Adam était fort mauvais harmoniste, il savait trouver des mélodies originales dont le tour était assez agréable. Voici un de ses rondeaux qui en témoignera. Je n'en donne que le chant, le manuscrit que j'ai sous les yeux en fait un triplum aussi détestable que le précédent. La version que j'en ai faite diffère encore de celles qu'ont publiées Fétis et de Coussemaker, tant il y a d'arbitraire dans le compte des valeurs proportionnelles. Le premier de ces érudits a négligé d'indiquer le dièse qui est marqué deux fois sur le manuscrit, et qui ne manque pas d'un certain attrait. Tous deux ont soumis à des mesures isochrones modernes la notation de ce rondeau. Je crois qu'il vaut mieux s'en rapporter au rythme des vers pour le diviser en périodes.