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Les chants des peuples du Nord en Europe et en Asie appartiennent presque tous à la tonalité telle qu'elle a prévalu en Occident depuis trois siècles. Quoique le chant suivant du Kamtschatka ne finisse pas par la tonique, il ne s'en éloigne pas sensiblement :
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Da-ri-a,
Da-ri-a, da, Da-ri-a, ha- nou
damatsche,
kannha kouk ha.
Ce qui signifie :
« Daria chante, Daria danse encore et toujours. )>
Le chant suivant des Tartares sibériens est en mineur :
da-latsche,
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Kom ni ke horgossiné.
Cet air des Kamachins (Russie d'Europe) appartient aussi au mode mineur :
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Il est constant que l'échelle diatonique se retrouve chez tous les peuples, mais que, loin du foyer de la civilisation qui se déplace sans doute, comme une planète, mais qui brille et éclaire là où il est, le défaut d'éducation, de culture et de science laisse les notions musicales à l'état rudimentaire. Faute de greffe, l'églantier reste églantier.
11 faut reconnaître que l'imagination des écrivains attribue souvent un caractère poétique au chant de ces peuplades lointaines plutôt d'après les sentiments qu'ils en éprouvent qu'en les jugeant en eux-mêmes, absolument comme Chateaubriand a donné à Chactas et à Atala des sentiments délicats, l'éloquence enthousiaste et touchante des âmes pures, des pensées élevées et généreuses. 11 y a là une transition de l'objectif au subjectif qui doit faire apprécier les bienfaits de la culture intellectuelle et la valeur d'un ensemble de traditions, d'impressions littéraires et artistiques, riche héritage des ancêtres dont on ne saurait se montrer trop reconnaissant.