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CHAPITRE X

CHANTS DE L'ÉPOQUE CARLOVINGI ENNE. — ÉPOQUE ROMANE. — FABLIAUX. — CHANSONS. - XIIIe ET XIVe SIÈCLES. — JONGLEURS, TROUBADOURS, TROUVÈRES, MÉNESTRELS. — MINNESINGERS ET MEISTERSÀNGERS.

Après l'effondrement de l'empire romain et pendant l'époque des invasions barbares, les arts subirent une éclipse, et ce fut Charlemagne qui les remit en lumière en les associant à ses vastes projets de rénovation, de civilisation chrétienne.

Il y eut sous Charlemagne une véritable renaissance des lettres et de la musique sacrée. En effet, il reste peu de traces de l'état de l'art musical sous les Mérovingiens. Selon le témoignage de Grégoire de Tours, il y eut à Reims, au baptême de Clovis, une musique qu'on trouva si admirable, que ce roi, concluant un traité de paix avec Théodoric, roi des Ostrogoths, y inséra un article qui l'obligeait à lui envoyer un bon joueur de cithare et une troupe de musiciens d'Italie.

La reine Ingoberge, femme de Caribert, avait recours aux charmes de la musique pour retenir dans son palais le roi, qui aimait passionnément la chasse.

Enfin ce fut après avoir entendu chanter Nanthilde clans l'abbaye de Romilly que Dagobert en fut épris et l'épousa.

Yoici les chants qui paraissent avoir été les plus populaires pendant cette période.

1° Au septième siècle, le Chant de la victoire de Glotaire sur les Saxons, composé en langue teutonique et transcrit en latin : De Chlotario est canere.

Hildegaire, évêque de Meaux sous Charles le Chauve, dit que ce chant volait de bouche en Louche, que les femmes le chantaient en dansant et en battant des mains.

2° Au neuvième siècle, la Chanson en l'honneur de Louis le Germanique, vainqueur des Normands en 881 :

Einan Kuning, wciz ih, Heizsit lier Hluduig.

« Je connais un Roi, il se nomme Louis. »

3° Le Chant sur la bataille de Fontanet par Angelbert, à l'occasion de la lutte fratricide des fils de Louis le Débonnaire : « Aurora cum primo mane tetram noctcm dividens. » Cette bataille terrible coûta la vie à quatrevinçt mille hommes.

4° Le Planctus Karoli, complainte sur la mort de Charlemagne, dont on a vu précédemment le texte et la musique.

5° Une sorte d'élégie pleine d'un charme mélancolique, composée par Godcschalk, moine de l'abbaye de Fulde, pendant son exil en Italie :

O ! quid jubés, pusiole ?

Quare mandas, filiole, Carmen dulec me cantarc ?

6° Au dixième siècle, le Chant en l'honneur d'Othon III :

Magnus Csesar Otto,...

7° Une Chanson de table :

Jam dnlcis arnica, venito Quam sicut cor meum diligo.

8° L'Ode à Phyllis d'Horace, notée en neumes, que j'ai donnée dans un chapitre précédent.

9° Au onzième siècle, la Lamentation de Rachel.

Il y avait des chansons guerrières sur les exploits de Renaud de Montauban, sur ceux de Roland, que les soldats chantaient en allant combattre. Guillaume de Normandie lit entonner la Chanson de Roland avant la bataille d'IIastings. 11 faut entendre par là un fragment du poème connu sous ce nom

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