CHANT DES CROISES
Tempo di Marcia.
Je - ru - sa - lem nii
ra - bi - lis,
Urbs be -
a - ti - or a - li - is,
Quam per - ma - nés op - ta - bi
lis,
G au
don - ti
bus
te
an
ge - lis.
Abailard, célèbre par ses infortunes, est l'auteur de poésies remarquables. J'en ai recueilli et publié un certain nombre dans mon Histoire de la Poésie chrétienne du quatrième au quinzième siècle*. Il était musicien, et le manuscrit des chants composés par lui existe dans la bibliothèque du Vatican. Héloïse, dans une de ses lettres, parle de la suavité de sa poésie et de sa musique, qui lui avait mérité, dit-elle, les suffrages de tous : « Carmina et cantus tuum in ore omnium nomen incessanter tenebant. »
Abailard avait écrit à Héloïse : « L'amour m'ayant embrasé le cœur, si j'inventais encore quelques vers, ils ne parlaient plus de philosophie, ils ne respiraient que le langage de mon vainqueur. Plusieurs de mes petites pièces sont chantées dans nos villes, » etc. (Epist. I.)
Héloïse lui répondit : « Parmi les qualités qui brillaient en vous, deux surtout m'enflammèrent : les grâces de votre poésie et celles de votre chant; toute autre femme en aurait été également enchantée. Lorsque, pour vous délasser de vos exercices philosophiques, vous composiez en mesure simple ou en rime des poésies amoureuses, tout le monde voulait les chanter, à cause de la douceur de votre expression et de celle du chant. Les plus insensibles aux charmes de la mélodie ne pouvaient vous refuser leur admiration. Comme la plupart de vos vers chantaient nos amours, mon nom fut bientôt connu par le vôtre. Les sociétés particulières