ORGANISATION DU CHANT LITURGIQUE CHRÉTHN
phonique où le chœur se partageait en deux demi-chœurs | alternant; le répons-graduel et l’alleluia appartenaient au genre responsorial où le chœur répondait en refrain à un soliste. Le chant Gloria in excelsis Deo, etc., se rapprochait de la catégorie des hymnes.
À un deuxième point de vue, ces chants sont très distincts par leur simplicité ou leur richesse mélodique. Les soli (par exemple, et surtout, les offertoires), sont ornés avec un art particulier, comme quand il s’agit de morceaux : à exécuter par des chantres de profession. Les offertoires sont aussi les seules pièces où il y ait des répétitions de mots, ou de groupes de mots non prescrits par le texte liturgique. Beaucoup plus simples, les chants antiphoniques de la messe n’ont guère qu’un rôle d'accompagnement à côté des cérémonies importantes accomplies à l’autel.
À un troisième point de vue, ces chants pouvaient et peuvent encore se partager en deux classes : les uns ont des textes littéraires variables, les autres sont fixes. La messe latine n’est pas, en effet, comme la messe grecque, une œuvre unique et fixée ne varielur par des pièces immuables (comme le Xyrie, le Gloria, le Sanctus, l'Agnus Dei, plus tard le Credo, qui constituent « l'ordinaire »); elle ajoute des pièces qui changent selon le jour et selon le nom du saint dont on célèbre la fête, si bien que, sans cesse renouvelée, elle résume toute l’histoire de l'Église et qu’il faut un volume entier pour épuiser l'exposé de tous ses éléments. Ainsi, en règle générale, (il y avait un certain nombre d’exceptions) chaque messe était pourvue d’un texte spécial pour l’introït, pour le graduel, pour l’alleluia, pour l’offertoire et pour la communion. Le psautier restait la source principale.
L'histoire particulière de chacun de ces chants confirmerait les idées générales qui ont été données plus haut sur la question des origines. Ainsi le credo, qui est le chant le plus récent de la messe, a paru d'abord dans la messe de l’église grecque. De là, il ést passé dans la liturgie mozarabe, par décision des évêques espagnols réunis au Concile de Tolède (589) qui dit, au onzième canon : «... secundum formam orientalium ecclesiarum ».
À ces chants, il faut ajouter les kymnes et, plus tard, les séquences. L'hymnologie des premiers siècles a été indiquée
plus haut. Elle continue à être représentée en Orient, à partir du vn° siècle, par des poètes brillants. Romaxos, le plus illustre de tous, (vn°-vin° siècle) qui vécut à Ernèse, à Beritos, à Byzance, et composa une hymne célèbre pour Noël; Anasrase DE Sinaï, le patriarche de Constantinople, Sopxronios de Jérusalem, les deux archevêques crétois du nom d'ANDRÉ, JEAN DAMAscÈNE (vrn* siècle). L'Église latine composa et adopta un grand nombre d’hymnes; quatorze figurent encore dans le graduel romain. Parmi les plus anciennes, on peut citer le Pange lingua gloriosi lauream certaminis, chanté au vendredi saint, et que les plus anciens livres attribuent à ForrunaT, évêque de Poitiers (vu® siècle); le Vexilla regis chanté encore au vendredi saint; l'invocation au Saint-Esprit Vent creator Spiritus, attribuée à Charlemagne.
La séquence ou prose est (avec Le trope) une des formes de composition les plus originales et aussi les plus bizarres, les plus choquantes pour notre goût moderne, de la liturgie médiévale. On appelle ainsi les paroles non rythmées qui furent d’abord placées, comme guide-mémoire pour les chantres, sous les vocalises du mot alleluia. Cette sorte de remplissage-paraphrase qui mettait sous chaque note la syllabe d’un mot, se détacha ensuite du verset alléluiatique dans lequel elle avait pris naissance, s’organisa à part, prit la forme du vers, alla jusqu’à employer la rime, et, cultivée avec plus ou moins d’éclat par certains versificateurs ou poètes, donna lieu à un genre spécial voisin de celui des hymnes. Au lieu de la désigner par la formule pro sequentia, on écrivit, par abréviation pro sä, ce qui donna lieu, par une confusion visuelle, au mot prose. Ce genre, de formation singulière, a une origine grecque; le mot sequentia n’est que la traduction du mot liturgique axooultx. Mais le transfert d'Orient en Occident se fit suivant une autre voie que celui des autres pièces. De Byzance, les types de la séquence pénétrèrent au monastère allemand de Saint-Gall (Suisse), — après (?) celui de Jumièges — et de là, se répandirent dans la chrétienté. NoTkER (830-912), en a fourni les plus anciens modèles à l'Eglise latine.
Après avoir utilisé, pour ses paroles, les mélismes