‹ Histoire de la musiqueChapitre 6 sur 37 · DES JEUX GRECS · texte numérisé non relu

DES JEUX GRECS

Parmi les jeux institués en Grèce , il y en avait dans plusieurs villes dont l'objet spécial était la poésie et la musique. On les appelait jeux pylhiques, parce qu'ils se célébraient en l'honneur d'Apollon et de la victoire remportée par ce dieu sur le serpent Python; tels étaient ceux de Delphes, de Milet en Ionie, de Thessalonique, etc. , etc. Là, pendant long- temps la musique et la poésie mêlèrent leurs accens; les poètes chantaient leurs vers, en s'accompagnant de la lyre. Mais enfin la musique parvint à entrer en lice sans le secours de la poésie. Il fallut pour cela que Sacadas , poète et musicien célèbre l , réconciliât les prêtres d'Apollon avec la flûte , par la manière dont il joua à

' Pausanias dit avoir vu sur le mont Hélicon la statue Je Sacadas , qui le représentait une flûte à la main.

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Delphes un air pythique ; ce qui engagea les amphictions à fonder un prix pour les instrumens seuls *. Le chemin ouvert par Sacadas fut suivi par beaucoup d'autres musiciens , jusqu'à l'époque où les amphictions retranchèrent la flûte du concours, comme un instrument trop plaintif, et qui ne convenait que pour accompagner les élégies, usage auquel il avait toujours été principalement consacré.

C'est dans les jeux pythiques que Simonides, Alcée, Sapho, Corinne, Pindare, en un mot tous les poètes venaient disputer la couronne. Sapho y fit entendre le mode lixo-lydien qu'elle avait inventé, et que les poètes tragiques adoptèrent comme le plus lamentable. Pindare, dans sa jeunesse, y fut vaincu cinq fois par Corinne dont il avait pris des leçons; et l'on ne peut guère attribuer des défaites si nombreuses à la galanterie des juges.

Quoique les jeux olympiques n'eussent point pour objet un concours musical, une

1 Le prix était une couronne ou des pommes consacrée à Apollon.

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statue n'en fut pas moins élevée à Pythocritus, pour le talent avec lequel il avait joué de la flûte à ces jeux, pendant les exercices gymnasliques. Nous voyons aussi dans plusieurs écrivains anciens que la trompelte accompagnait les courses de chevaux, et la flûte les courses de chars. Quant aux jeux néméens, appelés ainsi parce qu'ils se célébraient à Némée en Arcadie , la musique y faisait partie des exercices, dont la plupart étaient les mêmes qu'à Olympie; témoin ce que rapporte Plutarque dans la vie de Philopœmen. « Philopœmen , dit-il , étant élu une seconde fois général des Achéens, peu de temps après avoir gagné la bataille de Mantinée, parut au théâtre, où l'on célébrait les jeux néméens , et pendant que les musiciens concouraient pour le prix de musique. Au moment où il entrait, Pylades de Mégalopolis commençait à chanter sur la lyre un air de Thimotée, dont les premières paroles sont ; Voilà le héros dont la gloire nous a délivrés et no us a rendu la liberté. »

<> Ces vers , l'énergie avec laquelle ils fu- » rent prononcés, la beauté de la voix du

» chanteur, excitèrent un transport général ;

» tous les yeux se portèrent sur Philopce-

» men, et la violence des applaudissemens

» et des acclamations montra que l'on comp-

» tait déjà sur la victoire.»

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