CHAPITRE Xlll
NEUVIÈME SIÈCLE DE L*ÈRE CîiRÉTIENNÈ.
A l'ouverture de ce neuvième siècle , nous voyons Léon III à la' tête des affaires de l'Eglise, qu'il gouverna encore jusqu'en 816, époque de sa mort.
Etienne IV ou F, romain de naissance, lui succéda et termina sa^ carrière en 817. Il était venu en France cette même année sacrer Louis-le - Débonnaire : c'est le fait le plus remarquable de son époque.
Pascal P^ prit immédiatement sa place, qu'il posséda jusqu'en 824. Après sa mort, arrivée cette même année, il fut canonisé. II avait reçu de l'empereur Louis-le-Débonnaire la confirmation des donations faites au saint-siége par Pépin et Charlemagne; il obtint de plus la cession des îles de Corse, de Sardaigne et de Sicile, Pascal couronna Lothaire empereur, l'an 823; néanmoins, deux partisans de Lothaire furent assassinés dans le palais de Saint-Jeande-Latran ; Pascal fut fortement soupçonné d'être complice de ce' crime; il protesta par serment de son innocence, mais il refusaobstinément de livrer les assassins.
Eugène II fut son successeur, et mourut en 827 : on le surnommait le Père-des-Pauvres.
Ici se présente un nouvel anti-pape nommé Zizime.
Vahntin, romain de naissance, régulièrement élu, remplaça
Eugène II , et mourut cette même année 827 : il ne jouit du pouvoir que quarante jours.
Grégoire IV, né à Rome, fils d'un patricien , fut plus heureux: il ne mourut qu'en 844. Il consentit à la dégradation de l'empereur Louis-le-Débonnaire, en butte à l'ambitieuse et rapace fureur de ses fils.
A Grégoire IV succéda Sergius II, qui mourut en 847. II avait été fort bien instruit dans le chant dès sa jeunesse, et y était fort habile. Il sacra Louis, fils de l'empereur Lothaire, et le reconnut roi d'Italie, pour ne pas se brouiller avec l'empereur, fort mécontant de ce que son élection s'était faite sans qu'il fut consul.
Léon IV, né à Rome, fut appelé après Sergius II au gouvernement de l'Eglise, et mourut en 855. Son caractère fut aussi ferme que courageux, il défendit sa patrie contre les Sarrazins, répara Saint- Pierre , qui avait été dévasté par les barbares , et fit entourer de murs le bourg du même nom , lequel forme encore aujourd'hui l'un des quartiers de Rome connu sous le nom de cité Léonine, ou de Borgo-Novo , bourg neuf. Il réforma les mœurs ecclésiastiques qui en avaient grand besoin î c'est après sa mort que se répandit l'histoire de la papesse Jeanne.
Benoît III, né à Rome, fut élu après le décès de Léon IV, et mourut en 858. On dit qu'il fut élu malgré lui , et qu'il eut beaucoup à souffrir d'un anti-pape, nommé Anastase, qui lui fut suscité lorsqu'on s'occupait de son élection.
Nicolas I" succéda à Benoît III. Son administration fut assez longue, car il ne mourut qu'en 867. Sa patrie, qui lui donna le surnom de Grand, était Rome. Il osa excommunier l'empereur de Constantinople Photius: c'est de cet instant que date la séparation absolue des Eglises grecque et latine. Les évêques de France lui furent peu soumis, malgré ses prétentions à la domination.
Adrien II prit possession du pouvoir après Nicolas I*', et le conserva jusqu'en 872, qu'il mourut , c'est-à-dire pendant cinq ans. Il était né à Rome, et fut élu à 76 ans, après avoir refusé deux fois, chose inouie! d'occuper ce poste. Il eut de vifs démêlés avec Charlesle-Chauve au sujet d'un évêque condamné en France , en vertu du
droit incontestable, bien qu'obstinément contesté par les évêques de Rome, du droit inhérent à la souveraineté, indispensable à la majesté des lois comme à la dignité du souverain, qui veut que tout individu habitant un pays, y exerçant quelque profession ou emploi que ce soit, recevant un salaire sous n'importe quelle forme, protection pour sa personne, son honneur et ses biens, soit soumis, sans exception aucune, aux lois de ce pays et aux juges institués par sa constitution, du droit qui ne peut pas tolérer qu'une portion de citoyens, quels qu'ils puissent être, reconnaisse hdl\s du pays , sous quelque prétexte que l'on ose alléguer, une juridiction étrangère, partiale, arbitraire, et forme ainsi la cause de désordre la plus manifeste, c'est-à-dire un état dans l'état, et presque toujours en opposition avec le gouvernement. Ceci pourrait être beaucoup plus longuement traité, mais une question politique de cette importance ne saurait être convenablement placée dans un ouvrage comme celui dont je m'occupe maintenant.
Adrien II céda la place à Jean VIII, qui cessa de vivre en 882. Cet évêque, plus audacieux encore que ses prédécesseurs, donna , de sa seule autorité, l'empire à Charles-le-Gros , et le sacra à Rome en 881. Sa vie, dit-on, fut fort orageuse.
Marin, ou Martin II, qui remplaça Jean VIII, n'occupa ce poste que jusqu'en 884, qu'il mourut. On parle peu de lui : on ne sait ce qu'il fut, on ignore ce qu'il fit , ou du moins on n'en dit à peu près rien.
^^drien III fut son successeur, et mourut en 885. Il se borna à confirmer les actes de son, prédécesseur: c'est tout ce qu'il exécuta pendant son gouvernement qui ne dura que seize mois.
Etienne Vy ou VI , fut élu après Adrien, et mourut en 891. Il était né à Rome.
Il y eut, après Etienne V, un nouvel anti-pape nommé aussi Anastase. Serait-ce le même que celui dont il a été question? Je n'oserais l'afiîrmer.
Formose, élu régulièrement, administra l'Eglise jusqu'en 896, et mourut alors, il était sage, savant, moJérc et tolérant: qualités au.3si belle que rares.