EXEMPLE DE FAUX -BOURDON DU DEUXIÈME TON
Basse-
Clcfde/"a4eligne
JC
De - us, De - us me - us
-g? "ÎH
De - us, De - us me - us.
De -us, De -us
me- us.
ha
■JL- ■ W
Ji-j^-B.a
!î::îtsiz
:mz
31 — ta—
De- US, De - us me us. e u o u a e
J'ai cru nécessaire de donner deux exemples de ce genre de musique, qui me fournissent l'occasion de faire quelques remarques utiles. Le premier exemple est en ré mineur, il module en fa majeur et finit en ré mineur; à la septième moyenne du dessus , le bémol fait Toffice du bécarre et rend Vut naturel; cet ut redevient dièse à l'avant-dernière moyenne de la liautre-contre pour opérer la cadence en ré par l'accord parfait de la dominante majeure qui est celui de la.
Le second exemple est dans des conditions toutes différentes; il commence en st bémol majeur, et ce ton n'est admis ni dans les six tons authentiques de l'Église reconnus par les écoles, ni même dans les quatre tons admis par l'église de Bayeux; il module brusquement par une cadence rompue sur l'accord d'ut pour finir en sol majeur, au moyen du dièse placé devant la dernière moyenne de la haute-contre, où il fait l'office du bécarre et rend le si naturel; de plus, il présente une exception, et cette exception est la clef de fa sur la quatrième ligne: position que l'on emploie extrêmement rarement. Cet exemple est cependant désigné comme étant du deuxième ton.
Chaque ton a un neunie qui lui est propre; ce neume est une mélodie qui s'exécute à la fin des antiennes et se termine sur le son de la dernière note de l'antienne qui a précédé. Ces neumes, selon ^aint Augustin (contemporain et ami du pape saint Grégoire, au
sixième siècle), sont propres à marquer la joie qui doit accompagner.Ies prières. Puisque ces neumes ont une signification mystérieuse de jubilation qui leur est particulière, ils doivent être pratiqués partout.
Ces neumes sont de deux espèces , grands et petits. Le grand neume doit être placé à la fin de la dernière antienne de chaque nocturne , de matines , de laudes , de vêpres , de prime , de tierce , de sexte , de none et de compiles. Quand on double, ou quand on triple une antienne, le neume ne se fait qu'après la dernière répétition ; on ne l'applique point aux antiennes de commémorations, non plus que depuis le dimanche de la Passion jusqu'à complies, du samedi saint inclusivement, ni après l'antienne Hœc dies dans la semaine de Pâques, ni dans l'office des défunts.
Le petit neume se fait à Télévation d'une antienne, d'un répons, d'un introït, d'un graduel, d'un alléluia, d'un offertoire et d'une communion.
11 ne s'exécute pas en montant de la même manière qu'en descendant.
Si la note où se termine l'élévation de l'antienne, ou toute autre partie des offices, va en montant, avant d'entonner cette note, on attaque la note qui lui est supérieure, on descend à cefie qui lui est inférieure, et enfin on arrive à la note finale qui se trouve ainsi précédée d'une supérieure et d'une inférieure. Si, au contraire, la note finale descend, on attaque le degré inférieur et l'on revient ensuite à la finale. Ce petit neume ne se fait point pendant les trois jours avant le dimanche de Pâques.
(Dans cette analyse des règles théoriques auxquelles sont soumis les usages de l'Eglise, que j'ai cru utile de placer ici, je me suis arrêté avec quelque insistance sur les neumes^ dont le nom, la constitution, l'emploi, l'opportunité m'ont paru-expfiqués de manière à ne laisser aucune sorte de doute sur l'opinion que l'on doit s'en former , du moins d'après les enseignements fournis par le traité pratique de l'église de Bayeux, qui fit autorité dans son temps, et que j'ai entre les mains. Ce n'est pas sans quelque surprise que j'ai remarqué, dans un numéro de la Collection de Documents inédits sur
t Histoire de France, que Tauteur d'un article sur la musique, fort savant d'ailleurs, prétend que saint Grégoire ne se servit point de lettres pour la notation de la musique, bien que ce système soit reconnu lui appartenir positivement par toutes les autorités historiques les plus respectables et les plus dignes de foi , et qu'il employa pour cet usage une série de figures, équivalentes à des notes , qu'il nomme neumes. Je ne saurais prendre un parti décisif entre ces diverses affirmations, ainsi que sur le double emploi du moi neume, qui me paraît tout-à-fait contradictoire ^ je dirai seulement que ma confiance dans les nombreuses autorités que j'ai consultées n'est nullement ébranlée, et que je demeure fixé à l'opinion que j'ai émise sur ces différents points, jusqu'à conviction évidente d'erreur ou d'inexactitude. Je poursuis.)
Le plain-chant ordinaire doit être simple, égal, à pleine voix , hattu, c'est-à-dire que chaque son doit être légèrement attaqué par la voix afin qu'il soit bien détaché du précédent et de celui qui le suit immédiatement. Les autres parties écrites en notes inégales, comme les hymnes, les messes, etc., ne se battent point et se chantent avec plus d'ornement dans la voix. Dans les offices simples, un seul clerc suffît pour chanter le verset : dans les autres, il en faut deux.
Les absolutions se chantent de suite et se terminent à la quinte au-dessous sur la dernière syllabe, ou sur les deux dernières, si la pénultième est brève.
Les leçons se chantent de suite sur le ton de la dominante du chœur. Avant le point que termine chaque phrase, on descend à la quinte la dernière syllabe si la pénultième est longue, ou les deux dernière si la pénultième est brève.
On ne descend point avant les mots grecs, hébreux, barbares, ni avant le nom de Jésus, ni avant Vamen, ni avant les monosyllabes; on chante sur une seule intonation et sans aucune inflexion. Si la phrase qui précède un point d'interrogation est courte , le lecteur doit la commencer par la note 50/ , si la dominante est la, et la remonter à ce /a à la dernière syllabe, si elle est longue, ou aux deux dernières si la pénultième est brève.
Si la phrase iiUerrogante est longue, on la divise en deux 5 on chante la première moitié sur le ton de la dominante, la seconde un ton plus bas , et on la remonte à la dominante à la fin. Le capitule se chante sur le ton de la dominante, et descend de quinte à la dernière syllabe. S'il se termine par un nom grec, ou hébreu , ou par un monosyllabe, on ne change point d'intonation.
Les commémorations terminent leurs verset en descendant de Vut au la. Les oraisons, n'ayant point de conclusions, se chantent sans changer d'intonation, la dernière seulement ayant une conclusion se chante comme celle de rollice. Les prières, kiryes, etc., se chantent sans changement. A la fin de l'antienne de la Vierge , qui termine laudes, le verset se chante sans inflexion.
Pour les petites heures, on chante Deus in adjutorium et les capi^ tules comme à laudes. Lés répons brefs et les prières se disent comme à la fin de complies; le martyrologe, le canon se chantent sur le ton des leçons comme à matines. Les oraisons se terminent à la quinte du là au re. Les exorcismes du sel et de l'eau se terminent de même à la quinte au-dessous. Les prophéties se chantent sans inflexions, mais à chaque point on descend à la quinte. Cependant au point qui est précédé d'un mot grec, ou hébreu, ou d'un monosyllabe, on ne descend pas: on fait seulement la dernière note plus longue du double environ de la valeur.
Lorsqu'on chante l'épître, il faut faire fléchir la voix d'un ton et revenir à l'intonation précédente toutes les fois que l'on rencontre une syllabe marqué de ce signe V. On hausse au contraire d'une tierce mineure, puis on ramène à l'intonation primitive toutes les syllabes marquées de ce signe A. Dans l'évangile, on baisse du ton à chaque syllabe marquée ainsi V, qui se trouve avant les deux points, et on prolonge la pénultième, ou rantépénultième avant le point, lorsque l'on y voit cette marque " — .
A vêpres on en use comme à laudes, le capitule se termine en faisant descendre cette terminaison de quinte, du la au ré.
Les psaumes Mserere et De profundis se chantent alternativement par les deux chœurs. Aux petites heures et à complies, l'oraison se termine à la quinte de Vut au fa.
Dans ^office double des défunts, le verset qui précède le cantique est chanté par deux clercs 5 dans l'office simple, il Test par un seul.
Il est expressément recommandé, lorsque l'on écrit pour l'Eglise, de conserver au plain-chant toute sa gravité et sa simplicité ^ de ne point perdre de vue que le chant pour les grandes fêtes, bien que plus gai , plus fleuri , doit toujours être élevé, noble, majestueux, digne en un mot du sujet et du lieu où il s'applique^ d'éviter les intervalles de sixte majeure, de septième, de triton, à plus forle raison de seconde et de neuvième^ de ne point mettre des notes longues sur des syllabes brèves, ou des notes brèves sur des syllabes longues^ d'observer scrupuleusement le sens, l'esprit , la couleur des paroles, afin d'y conformer le chant; de ne point couper le chant à tout propos par des cadences, qui semblent terminer le morceau à chaque phrase; d^éviter des sauts de tierce, de quarte, ou même de seconde, sur une syllabe brève; enfin de donner à chaque morceau le caractère propre inspiré par un juste sentiment des paroles et des convenances, ayant grand soin surtout de recommander aux chanteurs de ne point dénaturer le chant et le sens par une surcharge hors de propos d'ornements, de trilles, de pointd'orgues, etc., qui gâtent si souvent la musique au lieu de l'embellir.
A l'égard des voix, dont la conservation est nécessaire pour l'exécution de la musique vocale, il est prescrit de s'abstenir de l'excès des boissons ; de ne point forcer la voix pour la faire monter ou descendre plus qu'elle ne peut naturellement le faire , ou pour la faire paraître plus forte; de chanter toujours à voix pleine sans employer le fausset, ou la voix de tête; d'éviter de chanter immédiatement après le repas, ou après une longue course à pied ou à cheval; de ne point fatiguer sa voix en chantant trop longtemps de suite, surtout lorsque l'on a quelque dispositions au rhume ou à l'enrouement; de ne point chanter devant un grand feu sans mettre quelque chose devant sa bouche; de ne jamais chanter le soir au serein; de ne s'exercer que le matin à jeun; d'éviter les intempéries de l'air, le grand froid, le grand chaud, Hiumidité, le
brouillard j de ne point s'asseoir sur l'herbe, d'éviter le froid aux pieds, à la tête, qu'il faut soigneusement couvrir la nuit, ainsi que le col qu'il faut entourer d'un mouchoir-, de s'abstenir de l'usage trop fréquent du tabac, surtout le soir et la nuit 5 de n'user qu'avec une grande réserve des acides, des crudités, des liqueurs, des sucreries , de la pâtisserie et des ragoûts, ainsi que des noix ou autres espèces d'amandes.
Je me suis limité dans cet examen à exposer sommairement les règles et les préceptes contenus dans cette méthode, sans prétendre les expliquer ou les discuter^ j'ai même omis beaucoup de détails de peu de valeur, à la vérité , et de nombreux exemples qui auraient fatigué sans fruit l'attention du lecteur; mais j'ai eu, pour placer ici cet extrait, plusieurs raisons que je dois faire connaître. La première a été de compléter ce que j'ai pu savoir, ce que j'avais à dire sur la notation de la musique et les nombreuses variations qu'elle a subies à l'égard de l'Eglise seulement, où la mesure musicale n'a jamais pénétré, et 011 les figures de notes que j'ai transcrites ci-dessus sont les dernières adoptées et conservées en pratique , lesquelles datent de 1780; la seconde raison qui m'a déterminé a été celle-ci: de faire ressortir autant que cela était possible, par la comparaison et la discussion , l'incertitude , le défaut d unité, qui a existé de tout temps et jusqu'à une époque fort rapprochée de nous, dans les divers systèmes musicaux qui ont régné tour à tour en Europe depuis l'origine du monde , et particulièrement depuis le premier siècle de l'ère chrétienne. La troisième enfin a été d'offrir au lecteur quelques notions sur un genre de musique peu connu dans le monde musical, et moins encore des amateurs qui forment en grande partie la société actuelle. Mon but a été d'en donner quelque idée aux nombreux partisans de l'art sur lequel j'écris en ce moment, et parmi lesquels il n'en est qu'un fort petit nombre, à ce que j'imagine, auquel il soit permis de supposer assez de patience pour s'appliquer sérieusement à l'étude de ce genre de composition, et surtout le rare bonheur d'y trouver du charme. J'ai tenté de
donner satisfaction à un mouvement de curiosité, au devant duquel je suis allé volontiers, sans espérer que le lecteur en dût retirer une grande satisfaction, ou du moins une légère atteinte de plaisir ^ et je suis tout prêt à lui conseiller, si , dès les premières lignes de cette rapide analyse, il éprouve la plus petite disposition à Tennui, de tourner promptement quatre feuillets, et de mettre sans scrupule les huit dernières pages de ce chapitre de côté: j'ai voulu lui épargner la fatigue et Tennui d'un travail aride dont le résultat demeurerait probablement fort au-dessous de la peine qu'il aurait prise pour atteindre à la connaissance , au moins superficielle , de cette partie primitive de l'art musical ; mais, si je n'ai fait que substituer la fatigue de me lire à celle de chercher , mon but serait totalement manqué, et je n'en serais pas moins exposé à subir un blâme contre lequel il est aussi juste que naturel que je cherche à me prémunir. Toutefois, on retirera pour fruit de la lecture de ces dernières pages, outre les détails qui y sont consignés touchant la musique et quelques uns des usages intérieurs de l'Eglise, une nouvelle preuve des nombreuses contradictions faciles à constater par lé rapprochement entre les divers écrivains sur une seule et même matière , si l'on a fait quelque attention et si Ton se rappelle ce que j'ai dit à propos des neumes, que l'église de Bayeux, d'accord avec les historiens, explique théoriquement comme un ornement final , une construction additionnelle destinée, dans chaque ton, à la terminaison d'un chant, et dont elle pose soigneusement les formes ainsi que les cas et les règles d'après lesquelles ces neumes s'appliquent, s'exécutent, tandis qu*une autre version nous les présentent comme de simples caractères destinés à former une séméiographie , ou notation, attribuée à saint Grégoire, qui substitua les lettres latines aux lettres grecques pour organiser son nouveau diagrame, ou échelle diatonique des sons, /.-y. iîowsseaw,s*appuyant sursaint Augustin, explique leneumé comme je Tai fait, d'après l'autorité de l'église de Bayeux -, de plus , j'ai consulté des personnes profondément versées dans la profession , qui m'ont expliqué le neume parfaitement dans le même sens. Je suis donc autorisé à demeurer dans mon sentiment et à regarder le neume comme un ornement final de chant, ou de plaîn-chant ^ et à consi- ToufF. II. 4
dérer saint Grégoire comme le promotem^ des six lettres latines désignant les six sons de l'hexacorde, mais non pas comme ayant employé des neumes comme moyen de notation , si ce n'est subséquemment.