H^NDEL
descendre un magnifique escalier. «Le mot a été souvent cité. Il n'y en a pas qui donne une idée plus fausse de ce que voulut être et de ce que fut vraiment le vieux cantor de Leipzig-. La musique de J.-S. Bach n'est pas pompeuse, théâtrale, ce n'est pas une musique de cour, une musique de g-ala ; quand par hasard il a voulu rechercher des effets de ce genre, Bach s'est montré gêné, et il est évident qu'il contraignait sa nature : sa musique est essentiellement intérieure; il ne songe pas à la foule pour laquelle il compose ; il se replie sur lui-même et nous livre sa méditation, ou il épanche les douces confidences d'un cœur tendre ; dans les moments les plus grandioses et les plus éloquents de ses Passions, il reste intime. Ajoutons que son art très raffiné s'adresse plutôt aux connaisseurs.
Hœndel écrit pour le monde, pour la cour, pour le théâtre ; sa musique est naturellement brillante ; il a le don des sonorités claires et des rythmes forts, qui produisent sur une foule une impression physique, la soulèvent et l'entraînent. La largeur et la simplicité du dessin rendent ses œuvres lumineuses : il est populaire.
L'art de Bach est un perpétuel tour de force : il veut tout dire à la fois et le dire d'un seul mot; la richesse de ses conceptions déborde sans cesse ses moyens d'exécution, d'autant plus qu'il s'enferme comme à plaisir dans les formes les plus étroites et les plus rigides. Si grand que soit cet art, il appartient au passé.
Haendel sacrifie tout ce qui nuirait à la clarté ou à l'harmonie de l'ensemble : il choisit ce qu'il dira, il est sobre, il est concis ; s'il use des complications
loi HISTOIRE DE LA MUSIQUE.
polyphoniques, il évite de s'y embarrasser, il cherche à les assouplir, et souvent il les rejette pour revenir au plein air de la monodie accompagnée ; il annonce déjà un autre âge; il est presque un classique.
LECTURES RECOMMANDÉES
Ouvrages de critique et d'histoire: André Pirro, J.-S.Bach, dans la collection des « Maîtres de la musique » (Alcan). — Albert Schweitzer, J.-S. Bach, le musicien-poète (Fischbacher). — André Pirro, L'orgue de J.-S. Bach (Fischbacher) 5 L'Esthétique de J.-S. 5acA (Fischbacher). — Forkel, Vie, talents et travaux de J.-S. Bach, traduction et notes de Félix Grenier (Fischbacher). — William Cart, Étude sur J.-S. ^ac/t (Fischbacher). — Romain Rolland, Hasndel, collection des « Maîtres de la musique » (Alcan).
Textes musicaux: Buxtehude, Œuvres (Breitkopf). — Kuhnau, La maladie d'Hiskias, Sonate biblique pour clavecin, nouvelle édition de musique classique publiée sous la direction de M. Vincent d'Indy (Senart et Roudanez). — J.-S. Bach, Œuvres (Breitkopf). — H.ENDEL, Œuvres, édition populaire (Novello, à Londres). — Ecole classique de l'orgue, collection de morceaux de Sweelinck Buxtehude, Pachelbel, H^ndel, etc., publiés par M. Alexandre Guilmant (Durand).