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LE DRAME MUSICAL EN ALLEMAGNE AU XIX» SIÈCLE, WEBER ET RICHARD WAGNER

Le début du xix^ siècle fut une des périodes les plus brillantes et les plus fécondes de l'art musical allemand. Au point de rencontre du classicisme finissant et du romantisme naissant les trois grands noms de Beethoven^ de Schubert et de Weher se trouvent réunis.

Cari Maria von Weber est né à Euslin, petite ville du Holstein, le 18 décembre 1786. Il était cousin de Konstanze Weber, la femme de Mozart. Ce fut un enfant débile : il boitait . Weber perdit de bonne beure sa mère qui mourut d'une maladie de poitrine. Son père étant directeur de théâtre, il passait tout son tem ps dans les coulisses. La musique l'attira d'abord; puis il se mit à la lithographie, dont il perfectionna les procédés ;il revint enfin àla musique. A dix-septansil dirigeait l'orchestre de l'opéra de Breslau. Puis il devint kapellmeister de la duchesse de Wurtemberg à Carlsruhe. Il écrivit alors deux symphonies. En 1806 il abandonne momentanément la profession de musicien pour entrer au service du duc de Wurtemberg à Stuttgart, comme secrétaire intime. Mais des friponneries de son père l'obligent à quitter cette situation. Il se retire à Mannheim puis à Darmsladt où il étudie la composition avec Vogler, en même temps que le jeune Meyerbeer. Après l'insuccès de Sylvcma, à

Francfort, il entreprend une tournée comme pianistevirtuose. En 1813 il est nommé chef d'orchestre au théâtre de Prag-ue, qu'il s'ag-issait de réorg-aniser. Il monte Fernand Cortez de Spontini^ Don Juan, les ISoces de Figaro, la Clémence de Titus de Mozart, des opéras-comiques àQCherubini,Dalayrac,Nicolo^ Boïeldieu, le Fidelio de Beethoven, et le Faust de Spohr. Il cherche à éclairer le g"oût du public par ses articles dans les journaux. Il prend conscience de ses tendances personnelles et achève de se former comme musicien et comme homme de théâtre.

A trente ans (1816), Weber n'avait encore produit aucun de ses chefs-d'œuvre. Le 13 janvier 1817 il est appelé à Dresde comme kapellmeister. Il a la charg-e de faire vivre le théâtre allemand en face de l'opéra italien si florissant. Il fait jouer d'abord /oseyj/i de Méhul, puis du Boïeldieu, du Grétry, du Nicolo. Mais en même temps il se met au travail pour constituer un répertoire nouveau d'un caractère véritablement allemand. En 1821 il fait représenter son Freischûtz, à Berlin d'abord, puis sur toutes les scènes d'Allemagne, y compris celle de Dresde, avec un énorme succès. C'est la légende du chasseur noir, du chasseur maudit qui va fondre des balles enchantées au Val d'Enfer afm d'avoir la victoire dans un concours de tir, et pour conquérir en même temps la main de celle qu'il aime. En 1825, Euryanthe est moins bien accueillie. Le sujet en était tiré de « l'histoire de Gérard de Nevers et de labelle et vertueuse Euryanthe, sa mie », dans le recueil des poèmes français du xiii® siècle de Schlegel : le même conte avaitinspiré une nouvelle à Boccace, et 6'?/??z6e///i^ à Shakespeare. Weber, déjàtrès malade, compose ensuite pour Londres Obéron, après

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