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WEBER

avoir pensé à un Faust', c'était encore une vieille lég-ende, empruntée cette fois à Huon de Bordeaux. Ace moment la situation de Weber, qui s'était marié en 1817 à une chanteuse, Caroline Brandi, n'était rien moins que brillante; il part pour l'Angleterre, sûr d'y laisser sa vie, mais sûr aussi de sauver sa famille de la misère : « Si je pars, disait-il, mes enfants, malgré ma mort, auront de quoi manger. » Le 12 avril 1826 la première représentation d'Obéro?i avait lieu avec un énorme succès, et dans la nuit du 4 au 5 juin delà même année, Weber mourait.

Nous ne parlerons pas des œuvres symphoniques et de musique de chambre de Weber : elles sont presque toutes au-dessous du médiocre. A peine pourrait-on mettre à part deux ou trois ouvrages : \eConcertstùck bien connu et VInvitation à la valse, par exemple. Nous pouvons seulement noter en passant que Weber a eu, comme compositeur-pianiste, quelques inventions techniques dans le dessin des traits, dans la disposition des arpèges, dans l'écriture des accords.

Weber doit le meilleur de sa gloire à ses opéras. Ce n'est pas qu'ils soient sans défauts. Weber n'a jamais su écrire un ouvrage parfait. Il était trop dissipé, trop peu travailleur; il improvisait toujours. Et puis il manquait d'esprit de suite, il sautait trop facilement d'une idée à une autre. D'autre part, Weber était surtout intellectuel, Imaginatif; son émotion n'était pas toujours assez intérieure, elle se manifeste par de grands élans que ne soutient pas un sentiment profond : il est un peu sec. Mais quel poète, et quel homme de théâtre ! Un de ses contemporains reproche déjà à Euryanthe « d'être plutôt de la poésie que de la musique ». Homme de théâtre, ill'est par éducation

et par instinct. Comment a-l-il pu accepter d'aussi mauvais livrets? Il faut croire qu'il n'a considéré que les sujets en eux-mêmes sans se rendre compte de la faiblesse de la mise en œuvre. Il s'enthousiasma pour le Freischûtz parce que c'est un conte populaire allemand qui convenait à merveille à son dessein de fonder un opéra national, en face de Fopéra italien ou français. La légende à'Euryanthe et celle d'Obéron étaient empruntées aux vieilles traditions de la Prance, mais leur caractère très romantique permettait de les germaniser très facilement.

La musique de Weber est un langage tout nouveau. Il emploie une sorte de déclamation mélodique, surtout à partir d'Euryaîithe, qui servira de modèle à Wagner, et son souci de suivre exactement le mouvement de la poésie et du drame l'amène à diviser ses partitions en scènes et non plus en airs, duos, trios, ensembles, etc. Il varie ses rythmes àTinfini; il en à de singulièrement vivants, vibrants, impétueux au lieu des éternelles « rondeurs » d'autrefois. L'orchestration prend chez lui une variété et une couleur extraordinaires : ilaune prédilection pour les timbres poétiques du cor et de la clarinette dont il fait un usage tout à fait original. Il excelle dans l'expression du rêve, du fantastique, de l'irréel, du surnaturel. Il sait à merveille dépeindre le monde des fées, des Elfes, des Koboldes. Ses ouvertures, construites sur des motifs de ses opéras, sont des chefs-d'œuvre beaucoup plus achevés que les opéras eux-mêmes. Elles sont conçues dans le dessein de situer immédiatement l'action dans son cadre et d'éveiller chez le spectateur des sentiments conformes à l'esprit du drame. Ainsi le motif du cor au début de l'ouverture

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