‹ Histoire de la musiqueChapitre 12 sur 25 · L. Papirio · texte numérisé non relu

L. Papirio

1662 par les opéras de Cavalli : Ercole amante et Serse^ dut se retirer devant les menées et les jalousies de l'Opéra français alors entre les mains de Lulli. En 1729 une nouvelle troupe italienne, dirigée par Z«r/o Papirio^ arriva de Bruxelles où elle avait remporté des succès éclatants. Elle se fit entendre à l'Opéra et donna une série de représentations curieuses. Les éléments français et italiens y étaient mélangés. On entendit des œuvres, la plupart à'Orlandiiil^ entremêlées de chœurs écrits sur des paroles françaises par Batistin et Campra^ de soli chantés dans Tune ou l'autre langue, de danses ajoutées après coup.

La musique italienne eut décidément gain de cause avec la Serva padrona de Pergolèse (1752) qui traduite plus tard en français passa au répertoire de TOpéra-Comique sous le nom de : la Servante maîtresse.

En 1778 une autre troupe italienne, dirigée par de Vlsmes^ donna à l'académie royale des représentations alternant avec celles de l'Opéra français. L'étoile de la troupe, la Chiavelli y obtint les plus vifs succès dans les œuvres de Sacchhii et âî'Anfossi.

En 1787, Neuville etla. célèbre Montansier formèrent une entreprise théâtrale italienne à

Orlandini.

Batistin.

Gampra.

Pergolèse.

De Vismes.

La Chiavelli.

Sacchini.

Anfossi.

Neuville,

M-n* Montansier.

Païsiello.

Cimarosa.

Sarti.

Anfossi.

Léonard.

Feydeau.

Lesueur.

Cherubini.

Devienne.

La

Montansier.

Chaumette.

Versailles, entreprise qui réussit pleinement. Leur troupe chanta successivement en France et en Angleterre, et fit entendre des œuvres remarquables de Païsiello, Cimarosa, Sarti et Anfossi.

Le coiffeur de la reine, Léonard, obtint en 1789 le privilège d'un théâtre spécial dont la direction musicale fut confiée au grand violoniste Viotti. Ce théâtre porta le nom de « Théâtre de Monsieur » et la salle celui de salle Feydeaîi, du nom de l'architecte qui Lavait construite. On y donna en trois ans et demi trente-cinq opéras parmi lesquels des œuvres françaises de Chernbini, Lesueur, Devienne,eic.

En 1792, les artistes italiens s'échappèrent de Paris comme ils purent, mais l'infatigable Montansier ouvrit une nouvelle salle le 15 août 1893, rue de Richelieu; la salle fut fermée le 31 décembre de la même année et la directrice jetée en prison, sur une dénonciation absurde de Chaumette qui l'accusait d'avoir fait bâtir son théâtre dans le but de « mettre le feu à la bibliothèque nationale ». Après dix mois d'emprisonnement, la Montansier put recouvrer la liberté. En 1801 elle réunit à nouveau une troupe italienne (cette

fois sur la demande du premier consul) qui débuta au Théâtre olympique, rue de la Victoire, et se transporta Tannée suivante à la salle Favart.

Ayant dissipé sa fortune colossale en spéculations multiples, harcelée par des créanciers, la pauvre Montansier connut à nouveau la prison ; elle mourut dans la misère à quatrevingt-dix ans (1820).

Le théâtre italien n'en avait pas encore fini avec ses pérégrinations; de la salle Favart il fut transporté (en 1804) au théâtre de l'impératrice, salle Louvois ; de là à l'Odéoû (1808). En 181 5 il obtient une subvention de 160000 francs et retourne salle Favart ; on le trouve en 1819 au théâtre Louvois, puis en 182^ de nouveau à la salle Favart qui fut détruite par un incendie en 1838. Les artistes émigrèrent alors salle Ventadour, où, à part un court stage à rOdéon, ils demeurèrent près de quarante ans, jusqu'à ce que le théâtre fût vendu à une entreprise finandère.

Le théâtre italien obtint en 181 5 une belle

subvention, grâce à la Catalani dont le nom

est étroitement attaché aux destinées de ce

théâtre. Née à Sinigaglia (1779), dans les Etats

La Catalani. romains, la Catalani débuta à seize ans au

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M. de Valabrégue.

théâtre de la Fenice. Sa carrière ne fut qu'un long triomphe. Elle épousa à Lisbonne, en 1800, un officier français attaché à l'ambassade, M. de Valabrègue. Louis XVIII offrit à la grande artiste la direction du théâtre italien (18 16), les ovations ne lui firent pas défaut, mais l'exploitation exclusive de son talent, au détriment des autres artistes, amena une réaction fâcheuse qui l'obligea à résigner ses fonctions (1817); elle partit pour l'Allemagne, se fit acclamer en Russie, en Italie et en Angleterre, puis elle se retira définitivement à Florence où elle mourut en 1849.

La direction du théâtre italien avait appartenu auparavant à PaUiello, sous le patronage de Paèr, bon musicien que Napoléon avait connu à Dresde en 1806, et qu'il avait nommé « compositeur de Sa Majesté l'Empereur des Français avec un traitement colossal (28 000 francs, quatre mois de congé). Ce fut l'époque des Cosi fan tutti et de don Giovatmi de Mozart ; d'/ traci amant i de Cimarosa; du Pimmaglione de Cherubini ; de Romeo et Giuletta de Zinorarelli.

Les années de la Restauration furent particulièrement glorieuses pour le théâtre italien. Une merveilleuse pléiade de chanteurs lu

Païsiello.

Paër.

Mozart.

Cimarosa.

Cherubini.

Zingarelli.

Garcia.

Bordogni.

Rubini.

Tamburini.

Pellegrini.

Galli.

Lablache,

M-^e^ Catalani

Pasta.

Naldi.

Mombelli.

Marie Garcia

Sontag.

Grisi.

Schrœder-

Devrient.

Chembini 1760-1842.

Sarti.

Père Martini

assurait une vogue enthousiaste. On y entendit les ténors : Garcia^ Bordogni, Rubini ^ Tamburini, les barytons et basses chantantes : Pellegrini, Galli, Lablaclie, etc. Comme femmes : 3f'"^' Catalani, Pasta, Naldi, Mombelli, Maria Garcia (la Malibran), Sontag, Giiilia Grisi, Sclirœder-Devrient , etc.

Le meilleur musicien de cette époque fut certainement Cherubini.

Maria-Luis[i-Zenobio-Carlo-Salvatore Cherubini est né à Florence le 4 septembre 1760. Son père était accompagnateur à la Pergola. A dix-huit ans, il attira l'attention de Léopold, duc de Toscane^ un fanatique de musique, qui l'envoya à Bologne travailler avec Sarti. Sarti avait été lui-même élève du père Martini, un des maîtres du contrepoint, et n'avait rien de commun comme compositeur ni comme goût avec le style dégénéré de l'époque. Cherubini obtint sous cette sévère direction une connaissance fort approfondie de son art. A vingt ans il écrivit son premier ouvrage important : Quinto Fabio (exécuté à Rome) qui fut suivi à'Armida et d'Adriano in Siria (1782). En 1784 il écrivit deux nouveaux opéras^ pour Londres, la Finta principessa et Giulio Sabino qui fut malmené par la critique.

Après avoir encore fait jouer en Italie Iphicrenia in Aulide, Cherubini vint à Paris où il se fixa. 11 écrivit un premier ouvrage, Demophon^ qui ne fut apprécié que par les connaisseurs, puis en 1791, Lodoïska qui obtint un vrai succès, et enfin Médée qui le mit à la première place parmi les compositeurs de ce temps. En 1800, le théâtre Feydeau monta les Deux journées.

Cependant, Cherubini, Quiouré d'une nombreuse famille, n'avait d'autre moyen d'existence que le traitement affecté à une place d'inspecteur du Conservatoire. Ayant eu la malchance de mécontenter Bonaparte en faisant exécuter sans son ordre une marche funèbre écrite par lui pour les funérailles du général Hoche, il n'avait guère d'espoir d'obtenir une position supérieure. En 1805 le théâtre de Vienne fut mis à sa disposition, il se rendit en Autriche avec toute sa famille pour y retrouver Napoléon après Austerlitz et la paix de Pressbourg. La guerre rompit l'engagement de Cherubini qui revint à Paris où il retrouva sa position d'inspecteur du Conservatoire. Lassé et incapable de lutter contre le ressentiment de l'empereur qui lui en voulait aussi pour certaine réponse un peu

Prince de Chimay

piquante faite à la suite d'une opinion émise sur le compte de la musique de Païsiello, l'auteur favori de Napoléon, Cherubini cessa d'écrire et se mit à cultiver l'étude de la botanique. Il était devenu l'hôte du prince de Chimay. La société d'harmonie de Chimay s'avisa de lui demander de composer une messe à l'occasion de la Sainte-Cécile. Cherubini se mit à l'ouvrage. Depuis lors, il abandonna presque complètement l'art dramatique. La cour des Bourbons sut mieux apprécier ses qualités; dès 1816 il fut nommé surintendant de la chapelle du roi, et en 182 1 , directeur du Conservatoire, position qu'il occupa pendant vingt ans. Il mourut le 15 mars 1842, commandeur de la Légion d'honneur et membre de l'Institut. La Messe du Requiem et la Messe du Sacre de Charles X comptent parmi ses œuvres principales.

La période comprise entre 181 5 et 1830 vit la série des maîtres Rossini, Bell i ni, Doni- {etti, et la jeunesse de Verdi. L'opéra italien donna Vltaliana in Algieri, ilBarbiere di Siviglia Otello, la Ga:{ia Ladra, Tancredi, Cènerentola, Mose in Egitto, il Viaggio a Reims (comte Ory), Semiramide,Zelmira, il Crociato Meyerbeer. (une des premières œuvres de Meyerbeer).

Rossini.

Bellini.

Donizetti.

Verdi.

IIO

Rossini.

Guiseppe Rossini.

Anna Guidarini.

Le roi de l'époque, Giacchino- Antonio Rossini^ vit le jour le 29 février 1792 à Pesaro dans la Romagne.

Son père, Giuseppe Rossini, cumulait les fonctions d'inspecteur de la boucherie et de trompette de ville. Sa mère, Anîia Guidarini possédait une voix superbe et avait été très belle.

Les idées nouvelles importées par les troupes de la République, qui venaient de faire la campagne d'Italie, commençaient à se répandre. Le père Rossini ayant témoigné d'idées trop avancées au gré des autorités de la ville, fut jeté en prison. M'"^ Rossini, dénuée de toutes ressources, eut alors recours à sa voix et se fit engager par l'entremise d'une agence au théâtre de Bologne ; le jeune Giacchino fut mis en apprentissage chez un forgeron. Son père, sorti de prison, le prit avec lui; ils rejoignirent M™^ Rossini qui obtint pour son mari une place de cor dans l'orchestre du théâtre,

A dix ans, Rossini, doué d'une voix ravissante, chantait dans les églises; à force de travail , il devenait un habile accompagnateur ; sa mère ayant perdu la voix, il devint l'unique soutien de sa famille. A dix-huit ans.

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