‹ Histoire de la musiqueChapitre 18 sur 25 · X. Leroux · texte numérisé non relu

X. Leroux

Hillmacher.

G. Hue.

Rabaud.

Bréville.

A. Georges.

Pierné.

Offenbach.

Peter Cornélius 1824-1874.

S aint-S aëus ^ Massenet ^ P aladilhe ^ Th. Dubois^ Widor^ Vincent d'Indy^ Gabriel Fauré^ Bruneau, ainsi que par Messager, A. Coquard, Bourgault, Ducoudray, A. Duvernoy, Lenepveu, Pessard, Erlanger, Charpentier, Debussy, Xavier Leroux, les frères Hillmacher, Georges H lie, Rabaud, Bréville, A . Georges, Pierné, etc.

N'oublions pas de saluer d'un sourire la phalange des 0-^/5, successeurs plus ou moins heureux de l'Allemand Offenbach, d'essences! extraordinairement parisienne, et dont la musique représente toute la folie joyeuse d'une époque.

Né à Cologne, Offenbach vint de bonne heure à Paris où il créa le genre opérette.

L'école allemande suit aussi son chemin ; depuis le maître symphoniste Brahms, la filière des symphonistes continue jusqu'à Richard Strauss, le maître actuel ; elle n'a pas eu, comme l'école française, à déplorer de nombreuses pertes cruelles ; Max Bruch, Lgna^ Brull, Goldmark, Humperdinck, Weingœrtner, Richard Strauss et bien d'autres continuent à tenir glorieusement leur place dans le monde musical. Citons quelques noms de disparus; celui de Peter Cornélius, né à Mayence en 1824, mort dans la même ville en 1874, proche

parent du célèbre peintre du même nom, élève à Berlin de Dehn^ à Weimar de Lis{t^ collaborateur de la Neue Zeitschrift filr Musik^ auteur du Barbier de Bagdad^ monté à Weimar ainsi qu'un second opéra le Cid^ du Trompette de Sœckingen et d'un opéra inachevé Guîilœd, terminé ipzr Edouard Lassent, un autre auteur que nous citerons aussi.

Ed. Lassen. Lasseii est né à Copenhague en 1830, mais sa famille élut domicile à Bruxelles alors qu'il n'était qu'un bébé ; il fit d'excellentes études au Conservatoire de cette ville, et obtint même le prix de Rome belge. Ayant fait la connaissance de Lis^t, celui-ci lui monta à Weimar un opéra : Landgraf Ludwigs Brautfahrt^ et le fit nommer directeur musical de la cour grand- Liszt, ducale. Liszt s'étant retiré, Lassen devint à son tour chef d'orchestre de la cour et du théâtre, fonction qu'il garda plus de trente ans. On lui doitde nombreuses œuvres; principalement de la musique adaptée à des œuvres dramatiques : les Niebehingen de Hebbel (douze morceaux d'orchestre), Œdipe à Coîo7inc de Sophocle, le Faust Qi PandoraâiQGodÛie^ etc. ; trois opéras, deux symphonies, des ouvertures, des cantates, et une quantité de mélodies pour chant très populaires en Allemagne.

Franz Fraii{ Lachner, né à Rain, en haute Bavière

1803 ?89Ô ^^ ^8^3» niort à Munich en 1890, compositeur renommé, commença sa carrière comme chef d'orchestre, d'abord à Vienne, au théâtre du « Kasrtnerthor » puis au théâtre de Mannheim, puis enfin à Munich. Adversaire de Wagner, Tengouement et le culte w^agnérien dont le centre était Munich lui firent demander sa retraite (186^). Lachner laissa une quantité d'œuvres remarquables, surtout au point de vue du contrepoint, le catalogue indique 199 œuvres, parmi lesquelles : sept suites d'orchestre, huit symphonies, cinq opéras {die Burgscliaft^ Alidia, etc.), trois oratorios, une masse solennelle, cinq quatuors à cordes, quatuors, quintettes, sextuors avec piano, un nonetto pour instruments à vent, Max Bruch. des trios, sonates, lieder, etc. Goldmark. j^gg noms des auteurs allemands, les plus Dvorak connus actuellement du public, sont Max' Robert Franz Bruch, Golâmarli^ Jgfi'^^ Briill, Dvorak, Ro- Reinecke. ^^^^ Fraiiz, Reiiieche, VolTimann, Scharve^ika, Volkmann. \ . n j- i 1 j j

Scharwenka ^os^kowskt^ Hiimperdink^ et les deux der-

Moszkowski. niers venus qui ont déjà fait glorieusement

Humperdink ^^^^^ preuves : Richard Strauss (1864) et

Strauss^ ^Veingœrtiier (1863). Il est impossible de citer

Weingârtner tous les noms des musiciens remarquables,

dans aucun pays on ne fait autant de musique ; grâce à la décentralisation, chaque ville, chaque petite cour, peut être un centre artistique ; Weimar qui n'a que 28000 habitants, a joué néanmoins un rôle infiniment important; Meiningen est encore plus petite, Bulow en avait fait une capitale; Munich a vu éclore l'ère wagnérienne ; Leipzig (et son Gewandhaus) est encore la ville pédagogique par excellence, F/>;/;/^ (capitale, il est vraij a été le berceau des grands maîtres classiques; il y a en Allemagne cent théâtres musicaux qui fonctionnent et qui ouvrent leurs portes aux jeunes, cent concerts importants dans lesquels les œuvres nouvelles sont accueillies; bien des auteurs français ont été heureux de se faire jouer à Karlsruhe à Darmstadt ou ailleurs. En France, hélas 1 nous avons deux théâtres à Paris; la province ne fait que reprendre les succès parisiens, et les pauvres compositeurs voient leur barbe blanchir, tandis qu'ils attendent toujours leur tour qui souvent ne vient jamais. Pour réussir chez nous, il faut débuter par un coup de maître, comme Charpentier ou Debussy^ où vous êtes enfoui à jamais. En relisant les biographies des maîtres d'autrefois, il est facile de

Haendel.

Macfarren.

Wallace.

Arthur

Sullivan.

Balfe 1808-1870.

constater que presque tous commencèrent par des insuccès souvent très nombreux, on les jouait quand même. Beaucoup d'entre eux, s'ils avaient vécu à notre époque, ne 'seraient arrivés qu'à se noyer dans le professorat, ce pot-au-feu du musicien.

Lécole anglaise n'a jamais joué un rôle bien important. Ses principales gloires sont des gloires d'adoption, comme Haendel "çz-x exemple; on peut cependant citer quelques noms d'auteurs estimables, Balfe en tête ; Macfarren {y^i"^)'^ Wallace (1814), v4r///«r Sullivan (compositeur d'opérettes).

Michel- William Balfe est né à Dublin, le i^ mai 1808 à Rowney Abbey (Hertfordshire) ; il composa de nombreux opéras dans le style italien. A dix-sept ans, un riche protecteur l'emmena en Italie, où Balfe fit jouer un ballet, la Péroiise (1826); doué d'une belle voix de baryton, il se fit chanteur et débuta à Paris au théâtre italien, sous la direction de Rossini. Ayant épousé une cantatrice, M"^ Rosen, il chanta avec elle ses propres opéras en Italie et en Angleterre ; ces opéras eurent une grande vogue, en Angleterre surtout, quelquesuns traversèrent le détroit et furent entendus à Paris. On connaît de lui : la Prise de la

Rochelle^ la Fille cC Artois, Catharina Grey^ Jeanne d'Arc, Falstaff^ Kéolanthe^ le Puits d'Amour, les quatre Fils Aymon^ la Place Saint-Marc^ la Sorcière et V Etoile de Se'ville, des cantates et un grand nombre de ballades . L'Angleterre revendique aussi un virtuose Henri et compositeur de grande valeur : Henri 1818-1891. Litolfj. Né à Londres en 1818, d'un père français et d'une mère anglaise, il était en effet . plus anglais que français, car jamais il ne put se défaire de son accent d'outre-Manche.

Litolff appartient tout à fait à l'école romantique, son existence fut très aventureuse ; il se maria trois fois. Ses œuvres pour le piano eurent un moment de grande vogue, ses concertos se jouèrent partout. Il laissa des symphonies et plusieurs opéras : Rodrigue de Tolède^ les Templiers, joués à Bruxelles, et plusieurs opérettes, la Boite de Pandore, Héloïse et Abeilard, son plus gros succès, l'Escadron volant de la Reine, etc. Il mourut à Paris, en 189 1.

L'Ecole Scandinave est de création récente,

Niels Gade elle a pourtant un aïeul : Niels Gade, né à

1817-1890. Copenhague en 1817. Il compte musicalement

parmi les compositeurs allemands. Malgré

une note très personnelle, ses œuvres se res-

Svendsen.

Grieg.

Sjbgren.

Valentin.

Gevaërt

sentent de l'influence de Mendelssohn. Fils d'un luthier, il écrivit une ouverture, Ossian, qui fut primée par la société musicale de Copenhague (concours 1841). Ce prix lui ayant valu une pension, il se rendit à Leipzig où il devint chef d'orchestre du gewandhaus pendant les absences de Mendelssohn. Rappelé dans sa ville natale, par l'offre de la direction du Conservatoire il y mourut en 1890. On connaît de lui huit symphonies, àes noveîettes pour orchestre, un sextuor, un quintette et un octette pour instruments à corde, des trios, sonates, deux concertos pour violon, huit cantates, des lieder allemands et Scandinaves, etc.

Les représentants actuels de l'école Scandinave, créateurs réels d'une école originalef douée d'une poésie spéciale, appartenant à la nature du pays, sont bien vivants et nomment : Svendsen, Edouard Grieg Sj\ gren, Karl Valentin, etc.

LEcole belge est tellement liée à l'école française, qu'il est bien difficile de lui donner une place spéciale, le grand musicien Gevaërt (1828) en est le chef, il a composé des œuvres remarquables, mais son immense érudition, ses connaissances spéciales de la

Boïto.

Leoncavallo.

Mascagni.

Perozi.

musique ancienne l'ont surtout fait admirer Peter Benoit comme savant. Peter Benoit, l'Anversois, l'auteur des cantates monstres, a beaucoup fait parler de lui. Il existe enfin une jeune école flamande qui ne fait que montrer ses premières pousses, mais qui promet beaucoup pour l'avenir.

La musique italienne est représentée principalement par les auteurs d'opéras, Boïto, Leoncavallo et Mascagni \ un jeune abbé, Pero^ï, a composé dernièrement des oratorios très remarqués.

L Ecole russe enfin, relativement fort jeune, est, avec les écoles allemandes et françaises, celle qui a fait les progrès les plus surprenants.

Michel Glinha en fut le fondateur. Né à Nowospask, dans le gouvernement de Smolensk, Glinka reçut une forte éducation au pensionnat de la noblesse. Il put néanmoins consacrer une partie de son temps à la musique et travailla le piano siYQC Fteld et C//. Maycr. Plus tard, il étudia l'harmonie avec Dehn, qui devait aussi devenir le professeur des deux frères Antoine et Nicolas Rubinstein. Glinka fut le premier musicien russe, sa Vie poHrleT{ar {i%}6)\\x\ valut une réputa-

Glinka 1804-1857.

Field

Ch. Mayer.

Dehn.

Antoine Rubinstein.

Nicolas Rubinstein.

tion universelle. Rousslan et Loudmilîa, son autre opéra, eut aussi un grand succès, moindre cependant, car il n'atteignait pas comme l'autre la fibre patriotique de ses compatriotes. En dehors de la musique, Glinka était un géographe distingué et cultivait avec passion l'histoire naturelle.

Dargomijsky Darg;omiisky^ né près de Toula, de famille

riche, peut être considère comme un chei

d'école. Il écrivit des opéras très réputés en Russie : la Roussalka, Esmeralda^ le Triomphe de Bacchus^ le Convive de pierre^ de nombreuses œuvres pour piano, des danses, des mélodies, etc.

Borodine Borodine^ né à Saint-Pétersbourg, laisse un opéra, le prince Igor, trois symphonies, des quatuors à cordes, etc. (1834-1887). Moussorgsky Moussorgsk}\ né à Toropetz, laisse aussi un 1839-1881. Qp^j-^^ Boris Godonnoff^ des mélodies et beaucoup de pièces pour piano.

Tschaï- TschaikowsTiy [Pierre-Iljitsch) est né à,

^L^A^I-k l'usine de Volkinsk, gouvernement de Wiaetka, le 25 décembre 1840, Il commença par étudier le droit et entra au service de l'Etat ; mais il suivit quand même les cours du Conservatoire fondé à Pétersbourg par Antoine Rtihinsteiît . S'étant complètement

consacré à la musique, il devint professeur d'harmonie à ce même Conservatoire, fonction qu'il occupa jusqu'en 1877. Ayant reçu un traitement d'honneur de l'empereur, Tschaïkowsky parcourut pendant plusieurs années l'Allemagne, l'Italie, la Suisse. Revenu à Saint-Pétersbourg, il y mourut du choléra en 1893.

Son œuvre est considérable, il composa des opéras russes et allemands : le Wojewode Opritschnih^ Eugène Onéguine, la Piicelle d'Orléans^ Ma:{eppaja Daine de pique, Tscharavitschki (la petite pantoufle), Tscharadeika (la magicienne), Yolanthe^ un draine lyrique, des ballets^ six symphonies de premier ordre, quatre suites d'orchestre, une ouverture solennelle, des poèmes sympho niques [la Tempête, Francesca di Rimini, Hamlet), une sérénade pour instruments à cordes, des marches, la Cantate du couronnement, trois quatuors d cordes, un sextuor, deux concertos pour piano, un concerto pour violon, des romances russes, des morceaux de piano, deux messes, et un traité d'harmonie.

Citons parmi les auteurs vivants : César Cui, Balakireff, Napravnik, Rimsky-Korsakofj, Gla^ounofj, etc., tous de puissants musi-

Balakireff.

César Cui.

Napravnik.

Rimisky- Korsakoff.

Glazounoff.

ciens auxquels l'avenir garde une place de premier ordre.

L'Espagne, très anti-musicale ou plutôt antimusicienne (car le pays des danses nationales, des guitares et des rythmes originaux, est forcément musical) n'a commencé que depuis peu de temps à faire partie du concert européen. Elle a fourni bon nombre de virtuoses et de chanteurs éminents, mais les grands compositeurs manquent encore ; pourtant un grand mouvement musical se fait sentir à Madrid et à Barcelone. Il n'y a qu'à attendre l'évolution complète du goût; l'Espagne jouera certainement sa partie plus tard.

L'Amérique du Nord, pays actif et positif par excellence, fait aussi depuis quelque temps de grands efforts pour regagner les siècles perdus; des conservatoires immenses se fondent dans toutes les grandes villes, les meilleurs professeurs d'Europe y instruisent une jeunesse avide d'apprendre. Quelques noms de compo- ArthurFoote siteurs commencent à poindre, Arthur Foote, entre autres, auquel on doit de fort estimables œuvres de musique de chambre.

La musique, plaisir autrefois réservé aux grands seigneurs seuls, est entrée dans les mœurs, elle est devenue un besoin ; si on

trouve peu de véritables salles de concerts à Paris, il y en a de fort belles à Buenos-Ayres, à Johannesburg, en Australie; l'impulsion est donnée, rien ne peut plus l'arrêter.

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