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CHAPITRE II

MUSIQUE d'Église, saint ambroise, pape

GRÉGOIRE l'S CHARLEMAGNE, GUIDO d'AREZZO, ETC.

Pape Sylvestre.

Saint Hilaire.

Saint Ambroise IV* siècle.

Au commencement du iv° siècle, le pape Sylvestre^ fonda à^ Rome la première école de chanteurs; et le même siècle (en 355 exactement) saint Hilaire^ évêque de Poitiers, composa les premiers hymnes originaux qui furent ajoutés à la traditionnelle musique d'Eglise. Saint Amlrrotse (333-397) parvint à réunir et à classer toute l'œuvre chantée dans les diftérentes églises pendant les premiers siècles du christianisme. C'est cette collection, ce recueil d'hymnes qui prit le nom Ôlq système Ambrosien et prévalut dans toute la chrétienté pendant une période de 200 ans. C'est à un des chants introduits par Ambroise, alors évêque de Milan, que saint Augustin attribue sa conversion ; il le dit en toutes lettres dans ses « confessions ».

rilSTOIRE DE LA MUSIQUE

Saint Ephraïm.

Le système Ambrosien a laissé peu de traces dans les chants de la musique d'Eglise actuelle ; ce que nous n'ignorons pas, c'est qu'il tenait encore essentiellement du système grec, et devait être par conséquent plutôt déclamatoire et d'un caractère métrique fort élémentaire.

Saint Ephraïm^ fut l'inventeur de la première notation musicale. Son système prit le nom de neumes (du grec 7rvs'jY)a, souffle) et ne comportait que quinze signes. Actuellement on appelle encore neume en plain-chant, la suite de notes que l'on ajoute à la fin des antiennes et qui se vocalisent sur la dernière syllabe du dernier mot.

Mais le véritable grand réformateur de l'Eglise chrétienne fut Grégoire^ élevé au pontificat en 590 sous le nom de Grégoire /^^

Reconnaissant la nécessité d'un grand système musical uniforme pour toutes les églises de tous les pays, il entreprit une œuvre. colossale de reconstitution et de correction. Gardant les éléments de valeur et rejetant les mauvais, qui s'étaient glissés avec le temps parmi les chefs-d'œuvre de la musique sacrée, il se servit des échelles ambrosiennes et en ajouta quatre nouvelles ; le tout prit le nom

Pape Grégoire P"^

de « modes ». Le chant ainsi arrangé ne fut plus une sorte de mélopée sans mesure, mais une mélodie continue, chaque note ayant à peu près la même valeur.

Le système Grégorien fut officiellement reconnu, promulgué, et devint bientôt d'un usage général. Tel il fut institué au vi^ siècle, tel on s'en sert encore. Dans le but de perpétuer son système, Grégoire fonda à Rome V Académie musicale. Installée avec la plus grande pompe, le pape y enseignait lui-même l'art nouveau et la réputation de cette académie gagna vite tous les pays civilisés.

Grégoire envoya des chanteurs enseigner sa

méthode jusque dans les îles Britanniques.

Saint Boni face, apôtre des Germains, créa à son Boniface. ^^^^ ^^^ ^^^^^ ^ P^j^^ ^^^^^ . ^^^^^ Charle-

Charlemagne^^^^^^^ visitant Rome en 790 fut si enthousiasmé qu'il emmena un chœur complet à Aix-la-Chapelle, (chœur qu'il dirigeait luimême), et qu'il remplaça définitivement l'ancien chant gallican parle chant romain.

Alfred Alfred le Grand fonda une école à Oxford ;

le Grand. ^^ France une académie s'ouvrit à Metz. La principale de toutes fut celle de Saint-Gai, en Suisse, dirigée par le moine poète et musicien Tuotilo. Tnotilo.

Robert de France.

Les ondes sonores de la musique sacrée se répandirent aussi hors des églises; le roi Robert de France fut un musicien distingué, il écrivit, paroles et musique, différentes œuvres religieuses et introduisit la rime dans les chants latins.

La musique, le plus souvent écrite à l'ombre des couvents, était généralement anonyme ; cependant nous connaissons Tauteur de Tincomparable « Dies irae », un moine franciscain nommé Thomas de Cela7io ; Jacopone fut Tauteur du Stabat et saint Thomas d'Aqnin écrivit au xiii'' siècle le « Lauda Sion ».

L'orgue de son côté commençait aussi à subir des modifications profondes; connu des Israélites, des Grecs et des Romains sous le nom d'orgue hydraulique, il fit son apparition sous forme pneumatique dans le courant du iv^ siècle. Inventé par les Byzantins, l'empereur d'Orient en fit cadeau d'un à Pépin (en 757) et plus tard à Charlemagne. Louis le Pieux l'introduisit dans les églises d'Allemagne et vers l'an 1000, on commença à les entendre dans les églises françaises et anglaises.

Les premiers véritables compositeurs qui jouèrent un rôle considérable dans l'histoire de la musique furent Hucbald et Gitido Areti-

Thomas de Gelano.

Jacopone.

Salut Thomas d'Aquin

Louis le Pieux.

Hucbald.

Guido d'Arezzo.

Franco de Bologne.

niis^ plus communément appelé Guido d'A-

Hticbald (840-930), moine bénédictin à Saint- Amand, en Flandre, fut le premier contrepointiste ; il fit chanter ensemble des parties différentes ; mais, adepte des anciennes méthodes de Pythagore et de Boethius, qui n'admettaient que les mouvements de quarte, de quinte et d'octave, le résultat de son labeur fut plutôt discordant.

Guido d'Are^^o, qui mourut en 1050, cultiva aussi le contrepoint ; il inventa le solfège, donna des noms faciles à chanter aux notes, et fut le premier à soutenir que la musique n'était pas seulement une science, mais un art consistant à rendre l'expression des paroles. Cette affirmation que nous trouverions toute simple, donna lieu à des querelles violentes; elle déchaîna des tempêtes, et réveilla des enthousiasmes. L'influence de Guido d'Arezzo fut considérable ; reconnue comme telle par les générations suivantes, elles élevèrent à celui-ci deux statues, l'une à Florence et l'autre à Arezzo, sa ville natale.

- Pour en terminer avec ces notes rapides sur la musique sacrée, disons encore que :

Franco de Bologne fixa les bases de l'har-

Marchetto monie, en classant les accords, et que Marde Padoue. chetto de Padoue émit en 1307 une des lois fondamentales de l'harmonie :

« Toute dissonance doit se résoudre en consonance. »

A partir du xiv^ siècle, la musique (qui était régie par les mêmes lois dans tous les pays, lois imposées par l'Eglise), commence à faire preuve de personnalité ; elle varie peu à peu, selon la différence des nations, des climats et des tempéraments; elle sort enfin de son cadre religieux, débarrassée des lois liturgiques et des modes ambrosiens ou grégoriens, pour devenir le chant populaire.

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