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LES CHANTS POPULAIRES, LES TROUBADOURS, LES MAITRES CHANTEURS

Diodora de Sicile.

Grégoire de Tours.

Bardus.

Les chants populaires sont cependant aussi anciens que l'humanité elle-même, mais il fallut l'écriture musicale pour coordonner ces chants et pour leur permettre de se transmettre jusqu'à nous ; et cette écriture musicale n'existait pas avant Guido d'Arezzo.

Si l'on en croit Diodore de Sicile et Grégoire de Tours^ les Gaulois pratiquaient l'ajt de la musique plus de 2000 ans avant Jésus-Christ, qX BarduSylQur cinquième roi, aurait institué de vraies écoles dont les maîtres se seraient appelés bardes du nom de leur fondateur. Ces bardes étaient poètes et musiciens, ils composaient des hymnes, célébraient la mémoire des héros ; leur instrument était la lyre ; ils se servaient à l'occasion d'un instrument à archet : le croutli, ressemblant au crowd du pays de

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Galles. Les bardes existèrent aussi dans les îles britanniques; ils jouaient de la harpe, du crowd et formaient un clan de vrais savants. Fergus. Fergus^ le plus connu des bardes irlandais, vivait au iv^ siècle.

A la fin du xiv^ siècle, Richard II soumit les rois d'Irlande au joug de l'Angleterre; les chants devinrent mélancoliques et eurent pour principal objet les malheurs de la patrie et les regrets de la liberté perdue. En Ecosse, le goût de la musique naquit au xv^ siècle, grâce aux relations avec la France, et aux goûts artistiques du roi Jacques P', qui composa pendant ses i8 ans de captivité en Angleterre un grand nombre de chansons, ballades, lais, airs de danse.

En Allemagne, Thistoire ne commencé à fournir des mélodies distinctes des chants religieux qu'à l'apparition des Minne-Sœnger (au xii^ siècle).

En Scandinavie, les Scaldes remplirent les mêmes fonctions qu'ailleurs les bardes et les ménestrels.

En France, le troubadour se répandit partout, mais la Provence fut son berceau ; les canT^onets ou chants d'amour, sérénades^ aubades^ servantes^ rondelays (chant avec re-

frain de chœur) et pastotirelles, viennent tous du midi.

Comme dans l'antique Rome, le peuple eut ses mimes, ses artistes ; c'étaient les jongleurs, histrions, ménestrels, danseurs, trouvères et troubadours.

Le mot jongleur, du provençal jnglar n'a pas le sens qu'on lui donne de nos jours, il signifie joueur. La jonglerie était un terme qui s'appliquait aussi bien aux poètes, aux musiciens les plus distingués, qu'aux acrobates ou montreurs de singes. Le nom de troubadour se donnait à tous ceux qui cultivaient le « gai sçavoir », fussent-ils duc d'Aquitaine ou roi d'Angleterre.

Beaucoup d'aventuriers s'introduisaient dans

les villes sous le nom de jongleurs. Une sage

ordonnance de saint Louis exempta du droit

d'entrée dans Paris (entrée du petit Châtelet)

tout jongleur de profession fournissant la

preuve de son savoir. Il devait chanter s'il se

disait chanteur ; s'il avait un singe il devait lui

faire exécuter ses exercices séance tenante,

d'où le dicton : payer en monnaie de singe,

Blondeau Au xii^ siècle, Blondeau de Neele (autrement

châtelain ^PP^^^ Blondel), et le châtelain de Coucy

de Coucy, furent les plus renommés musiciens-poètes.

Thibault,

comte de

Champagne.

Adam delà Halle.

Klingsor,

Wolfram

d'Eschen-

bach.

Gottfried

de

Strasbourg.

Tannhauser,

Henri de Meissen.

Hans Sachs.

Au xnf nous citerons : Thibault, comte de Champagne et roi de Navarre, qui laissa 68 chansons, et Adam de la Halle surnommé le bossu d'Arras (1240) dont on possède outre les chansons, rondeaux, motets, une œuvre importante intitulée /t^^;/ de Robin et Marion, embryon du genre opéra-comique.

En AUem.agne, les Minnesœnger charmaient à la fois les cours royales et les réunions d'artisans ; le xnf siècle fournit à lui seul soixantedeux noms célèbres de ces chantres de l'amour.

En première ligne, nous trouvons : Klingsor^ Wolfram d'Eschenbach (l'auteur de Parsifal), Gottfried de Strasbourg (auteur de Tristan et Iseulde), le chevalier Tannhauser auquel Wagner a donné un regain de célébrité, enfin Henri de Meissen surnommé Frauenlob dont le corps lors de ses funérailles fut porté par les plus belles femmes de Mayence.

A côté àQs Minnesœnger , attachés aux princes, il y eut des associations de poètes chanteurs qui furent érigées en corporations par l'empereur Charles IV, poète lui-même. Le cordonnier Hans Sachs, de Nuremberg, laissa un nom universel. On connaît de lui, entre autres œuvres, un mystère La Nativité de

Jésiis^ développé en neuf actes et comportant vingt-quatre personnages.

Ces corporations où l'on ne pouvait être admis qu'après des examens fort compliqués, prirent le nom de '< corporations des Meistersœnger », maitres chanteurs.

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