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CHAPITRE IV

LA MUSIQUE SACRÉE, L'ÉCOLE DES PAYS-BAS, ORLANDO LASSO, PALESTRINA, LUTHER

Après ce rapide coup d'œil sur la musique profane, que nous retrouverons bientôt, il nous faut fermer la parenthèse et revenir à la musique sacrée, qui va entrer dans une nouvelle voie, grâce au développement de la polyphonie, due à V Ecole des Pays-Bas ainsi Arnold Dufay qu'à son fondateur Arnold Dufay (fin du XI v^ siècle).

L'œuvre de Dufay fut continuée avec un succès croissant par son élève Olieghem, ainsi que par Nicolas Gombert^ Bénédict Ducis^ Willaeri, Cyprien de Rore, Clément (appelé le non-pape pour le distinguer du vrai pape Clément VII, remarquable compositeur), et enfin par leur maître à tous, Orlando Lasso ou Lassas^ dont le nom véritable était Delattre, mais qui s'expatria en Italie et prit le nom de

Okeghem.

Gombert.

Duels.

Willaert.

Cyprien de Rore.

Clément.

Orlando Lasso.

Fernand de Gonzague

Lasso à la suite de la condamnation que son père encourut pour fabrication de fausse monnaie. Protégé ^zr Fernand de Gonzague {V\cqroi de Sicile nommé par l'empereur Charles V;, il obtint la place de maître de chapelle de Saint-Jean de Latran.

L'Ecole des Pays-Bas eut bientôt une réputation incontestée ; trente chanteurs flamands furent invités à la cour de Galeano Sfor^a et comblés de présents; de nouvelles académies furent fondées à Munich, à Nuremberg, à Vienne, à Naples, à Florence et à Rome. Jannequin devint le chef de la musique en France ; Alexander Agricola (élève d'Okeghem) en Espagne ; Tinctor, né à Nivelle en Brabant, se fixa^ à Naples ; Willaert à Venise, où il devint maître de chapelle de Saint-Marc ; il eut pour élève italien Gioseffo Zarlino, né à Chioggia en 1^16; Jacob Vaet porta la bonne parole en Allemagne ; mais le vrai fondateur de la musique allemande fut Orlando Lasso.

Appelé à la cour du duc de Bavière Albert V. Il épousa en 1558 une demoiselle d'honneur « Regina Wilkeger » dont il eut deux fils, Ferdinand et RndolpJi, tous deux compositeurs célèbres; anobli par Maximilien II, décoré par le pape Grégoire XIII, il fut reçu en

Galeazzo Sforza.

Jannequin.

Alexander Agricola.

Tinctor.

Zarlino.

Jacob Vaet.

Orlando Lasso.

Palestrina 1524-1594.

France par Charles IX qui tenta en vain de le retenir à sa cour; il mourut en 1594 laissant une œuvre colossale (2500 œuvres diverses).

Le xvi^ siècle qui devait voir l'érection de l'église Saint-Pierre de Rome, les colosses d'art Michel Ange, Raphaël et le Titien, devait aussi fournir un génie musical de premier ordre : Palestrina^ qui fit de Rome le centre musical du monde entier.

Giovanni Pierluigi 5'<î«//(i 524-1 594), appelé Palestrina^ du nom de sa ville natale, était fils de paysans. Il entra en 1540 à l'école de musique de Rome et eut comme professeur Goudimel. l'excellent Goitdimel. Quatre ans plus tard, il devint maître de chapelle et organiste dans sa ville natale, mais il quitta ce poste au bout de trois ans, pour devenir chef des chœurs d'enfants à Saint-Pierre. Il écrivit à cette époque les messes à quatre voix dédiées au pape Jules III. Le concile de Trente venait d'interdire formellement dans les églises la musique (devenue trop compliquée; de l'Ecole des Pays-Bas. Le pape Pie II nomma une commission de huit membres sous la présidence des cardinaux Borromée et Vitellozi : ceux-ci commandèrent à Palestrina une messe réunissant la grandeur simple demandée par l'Eglise

Pie II.

et les richesses harmoniques poussées trop loin au gré de la majorité des évoques. Palestrina en composa trois (dont la dernière est la célèbre Messe du pape Marcellus). Ces trois messes furent successivement exécutées devant la commission le 28 avril 1565, et l'entKousiasme fut si grand que séance tenante il fut décrété que toute la musique future devait s'inspirer de cette troisième messe. Elle fut solennellement exécutée à la Chapelle Sixtine le 19 juin. Cette époque fut appelée « l'âge d'or de la musique sacrée ».

Luther. Luther^ le fondateur de la nouvelle Eglise,

se servit d'un grand nombre des œuvres de Palestrina ainsi que des chants intercalés dans les mystères et les passions qui se jouaient un peu partout. Il écrivit lui-même un grand nombre d'hymnes à plusieurs voix, qui furent publiés à Wittenburg par son ami Johann Walter. D'autres compositeurs introduisirent aussi de vieux chants catholiques dans les oratorios et cantates du nouveau culte. L'exemple

Calvin. de Luther fut suivi par Calvin^ et un recueil de vieux psaumes romains fut publié par Goudiniel^ qui devait mourir plus tard victime de la Saint- Barthélémy.

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