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LA POLYPHONIE, LES SOLISTES, MONCEVERDE

Le xvif siècle fut, pour Tart musical, une époque de grande activité et de fructueuses innovations dues à l'usage plus répandu de rimprimerie, au perfectionnement et à l'emploi plus fréquent des instruments. Le centre du mouvement artistique était Florence ; une grande lutte s'engageait dès i^8i entre l'école Zarlino. contrepointiste décadente dont Zarlino était le dernier soutien, et les adeptes de la monodie qui poussaient à la restauration du système Galilei. grec, sous la conduite de leur chef Galilei (père de l'astronome), qui créa en quelque sorte le soliste et la musique dramatique. Son système encore très imparfait devait être Monteverde. adopté et amélioré par Monteverde.

La musique dramatique fit sa première apparition au milieu du xv^ siècle. Auteurs et comédiens se mirent à traiter dessuj ets chrétiens

avec une liberté de langage, de costumes et de mise en scène que les drames liturgiques ne comportaient pas. Contrairement à ce qui existait en Allemagne, on se contentait en France de puiser dans le répertoire des chants d'église, adaptés tant bien que mal.

Les Confrères de la passion donnèrent leurs premiers spectacles à Saint-Maur les Fossés ^ près Vincennes. Des lettres patentes octroyées par Charles VI leur permirent de se fixer à Paris où ils représentèrent la mondanité de Magdeleine.

A l'occasion du mariage de Galéas, duc de Milan, avec Isabelle d'Aracron, Bercronce de Botta, gentilhomme lombard, donna un spectacle merveilleux à Tortoni. Dans le courant du xvi^ siècle '.Jacques Sanna:{ar^ Alfonso délia viola, Emilio del Cavalière composèrent une foule d'ouvrages dramatiques dans lesquels le

Emilio des genre madrigalesque fut peu à peu remplacé Cavalière.

par le récitatif, nouvelle forme lyrique qui

obtint un succès enthousiaste.

Jacopo Péri. Dafne, pastorale à quatre personnages de Jacopo Péri, fut représentée en i^()à^ (l'orchestre se composait d'un clavecin, d'une guitare, d'une lyre et d'un luth). Z)^///é? fut suivie à'Enridicc du même auteur et jouée à Flo-

Sannazar.

Alfonso délia Viola.

rence en 1600, à l'occasion du mariage

d'Henri IV avec Marie de Médicis. Ce nouveau

style prit d'abord le nom de « stile représen-

tativo », puis celui de « opéra in musica » qui

fut simplifié en « opéra » tout court. Claudio

Claudio Monteverde (i 568-1643) devint le maître incon-

^rJo^'^eJf® testé de la nouvelle école. Ses deux chefs- 1568-1643.

d'œuvre sont Aria due et Tancredi. En 1630, Monteverde profondément impressionné par l'épidémie de peste qui ravageait l'Italie, entra dans les ordres; il n'en continua pas moins à composer, et produisit Adojie, à soixante-quatorze ans; l'année qui précéda sa mort il écrivit encore l'opéra V/jicorona^ione di Poppca. Disons en passant qu'il changea l'orchestration en la complétant, et fit connaître pour la première fois l'emploi des dissonances non préparées, delà septième dominante, despizzicati et du trémolo. Les successeurs furent Fran- Cavalli. cesco Cavalli son élève, nommé aussi Caîetti Caletti Bruni ^;' /////, Cesti de Toscane, Rosetti, Sacrati,

Cesti PaUavicini, etc.

de Toscane. ^^ , • . j i» ' i

Dans les premiers temps de 1 opéra, les Rosetti. ^ . ^. ,.1

g .• représentations avaient toujours lieu dans le

PaUavicini P^^^i^ des nobles, seuls capables de s'offrir un

luxe aussi coûteux; mais en 1637 le premier

opéra public, le vS^;/ C^55/;z(9 fut bâti à Venise.

En 1684, à peine cinquante ans plus tard, la même ville possédait on:^e opéras, toujours emplis d'une foule enthousiaste. De 167 1 à 1696, Rome vit s'élever trois théâtres musicaux.

La nouvelle forme musicale se répandit dans toute l'Italie, en Allemagne, et finit par être admise à Paris (après deux tentatives infructueuses), sous la protection de Louis XIV et la Lulli. direction de Liilli.

La séparation du soliste d'avec les chœurs eut une influence qui se fit sentir jusque dans la musique instrumentale.

Martini Martini de Padoue composa les premières

de Padoue. •» . , 11,. . ,

pièces pour violon solo ; d autres continuè-

Vitalli. rentdans cette voie, Vitalli inventa les varia- Arcalangelo tions. Arcalangelo Corelli (1653-1713) le premier grand virtuose, perfectionna la forme des sonates.

La même année qui vit VEuridice de Peri^

vit aussi le premier oratorio ; ce nom provient

de l'Eglise de l'ordre des oratoriens : Santa

Emilio del Maria de Vallicella. Emilio del Cavalière en

ava lere. ^^^ Tauteur; cette œuvre avait pour titre « la

Rappresentazione dell anima e del corpo ».

L'orchestre était caché aux regards du public.

Capsberger. En 1622 l'allemand Johannes Capsberger et

Vittorio Loretto.

Garissimi.

Scarlatti.

Nicolo

Porpora

Haendel.

Vittorio Loretto écrivirent des oratorios en Thonneur de Loyola. Giacomo Carissimi et Alexander Scarlatti augmentèrent l'intérêt musical des oratorios en ajoutant un accompagnement aux récitatifs. Le principal élève de Scarlatti fut Nicolo Porpora (1686- 1766) le célèbre auteur napolitain qui devint le directeur de l'opéra de Londres et l'adversaire souvent préféré de H^^^;/^^/.

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