‹ Histoire de la musiqueChapitre 7 sur 25 · GLUCK · texte numérisé non relu

GLUCK

Francesco Socrati.

Mazarin,

Cardinal Bichi.

L'abbé Mailly.

Rossi.

L'opéra italien fit son apparition à Paris en 1645 avec ]a/esta teatrale deJïafinta pa:^:^a de Strozzi, musique de Francesco Socrati de Parme. Le cardinal Mazarin fit venir toute la troupe d'Italie ; les représentations eurent lieu au Petit Bourbon.

Le c^Lvàinzl Alcssandro Bichi fit à son tour représenter dans son palais à Carpentras : Akebar roi du Mogoï, tragédie lyrique de Vahhé Mailly. — La « Gazette de France » du 8 mai 1647 parle longuement de la représentation à^Orfeo e Euridice de Rossi ^ donnée dans la salle du palais royal bâtie par Richelieu. Une troupe d'acteurs italiens se chargeait de pourvoir au plaisir du peuple. Les personnages de la Commedia del arte gardèrent toujours leur cachet d'origine. Il y avait

Arlequin, Brighella, Scapin le Milanais, Pantalon le.Vénitien, Cassandre le Romain, Stantorello le Florantin, le docteur bolonais, le Napolitain Pulcinella, Tartaglia, le Capitan, Scaramouche enfin, personnage inventé par

Fiurelli. Fiurelli\ qui eut l'honneur de divertir l'enfant royal Louis XIV. Les mandolines et les guitares accompagnaient seules ce genre de spectacles.

Cavalli. Les opéras Ercole amante et Circe de Cavalli,

maître vénitien, inaugurèrent en 1662 la salle de spectacle des Tuileries, mais l'opéra français et son maître Lulli, firent aux Italiens une concurrence victorieuse, devant laquelle ils durent se retirer. Il nous faut donc abandonner momentanément le théâtre italien, mais pour le retrouver plus tard, jouissant de la vogue universelle, parvenu au pinacle delà gloire.

Nous avons dit que le premier opéra fran-

Marquis çais fut composé par Vabbé Mailly^ maître de

de Sourdéac. chapelle du cardinal Bichi. Le marqtiis de

Sourdéac donna à son tour des représentations

à son hôtel de Grillon pour avoir le plaisir

d'inventer des trucs, des surprises dont toute

Perrin ^^ cour parlait avec admiration. Vabbé Perrin

Combert. faisait les pièces et Combert la musique. On

Pierre Corneille.

donna au château du Neiihourg près d'Evreux, là Toison d'or de Pierre Corneille à l'occasion du mariage de Louis XIV ; nous connaissons le prix de la construction de la salle, trente mille francs, mais nous ignorons quelle musique fut jouée par la troupe royale du marais. L'abbé Perrin et Combert firent encore Pomone, pastorale en musique, qui fut jouée en 167 1 dans la salle construite par Guichard, puis Combert ayant cette fois Gilbert comme collaborateur, écrivit les j^^/;/^5 et les plaisirs de V amour:

Lulli, compositeur de grand talent est né à Florence en 1633. Il fut successivement page de la duchesse de Montpensier, chef des violons du roi, directeur de la chapelle de Sa Majesté; protégé par les Benserade, Q.uinault, Molière, président de Périgny, etc., il finit par arriver à fermer à Combert les portes de rOpéra. Celui-ci porta son œuvre nouvelle Ariane en Angleterre, où, reçu à bras ouverts, il obtint immédiatement la surintendance de la musique du roi Charles II; il mourut à quarante-neuf ans sans avoir pu produire les œuvres qu'on attendait de lui après les gages qu'il avait donnés de son talent.

Lîilli fit construire une nouvelle salle par

Gilbert.

LuUi 1633-1(187.

Benserade.

Quinault.

Molière.

De Périgny.

Guichard (la salle du Bel-Air) rue de Vaugirard. En 1672 il y fit entendre Les fêtes de V amour et de Bacchus, pastorale en trois actes. Cette pièce fut reprise six fois. La salle du Bel- Air menaçant ruine, le roi lui accorda la salle du palais royal déjà occupée par la troupe des comédiens. De là une guerre sourde, des pamphlets odieux; les auteurs, entre autres Boileau et la Fontaine, cherchèrent à chasser l'intrus qui fut néanmoins le plus fort. En quinze ans, LuUi fit jouer quinze grands opéras de sa composition, sans compter un grand nombre de ballets. Après sa mort (1687) aucun opéra nouveau ne fut donné pendant une période de dix ans ; ses œuvres restant constamment au répertoire.

Campra A Lulli succéda Campra^ musicien érudif.

060-17 4. Y[ naquit à Aix-en-Provence le 4 décembre 1660. Successivement maître de chapelle à Toulon, Arles et Toulouse, il fut appelé à Paris (1683) pour diriger la musique du collège des Jésuites, et passa de là à Notre-Dame. Sa première œuvre théâtrale fut VEiirope galante qui fut représentée sous le nom de son frère Joseph, basse de viole à l'Opéra, sa situation à Notre-Dame le contraignant à user de ménagements. Le carnaval de Venise îviX]oViéQ

dans les mêmes conditions. Ayant quitté la maîtrise qu'il dirigeait, Campra se donna tout au théâtre et signa de son nom. On eut de lui coup sur coup Héséone, Arèthube et Tancrède, puis vinrent les Muses et Iphigénie en Tauride^ sujet que Gluck devait si glorieusement traiter plus tard. Les Noces de Vénus furent la deuxième œuvre du maître qui en écrivit une quantité prodigieuse. Il mourut à Versailles, comblé d'honneurs à l'âge de quatre-vingt-quatre ans en 1744.

Destouches. Destouches^ le contemporain de Campra eut

Desmarets. une certaine vogue ; vinrent ensuite Desma-

Mouret. rest et Moiiret. Desmarest fit représenter

l'opéra Didon qui eut un grand succès malgré

.!«■"« Gillot de les vers de M'"^ Gillot de Saintonge dont voici Samtonge. ^^ spécimen (les dernières paroles de Didon avant de se donner la mort) :

L'ingrat qui trahit mon ardeur Vient d'échapper à ma rage Perçons au moins son image Puisqu'elle est encore dans mon cœur !

Desmarest donna encore Vénus et Adonis J.-B. Rous- avec texte deJ.-B. Rousseau, puis il dut quitter seau. 2^ France à la suite du scandale causé par l'enlèvement de M"^ Saint-Gobert, fille du Prési-

Mouret.

dentde l'élection deSenlis. Il se réfugia enEspa- Philippe V. gne ; Philippe V le nomma surintendant de sa musique, nous le retrouvons plus tard au service de Léopold, duc de Lorraine. Il mourut en 1741 à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

Mouret était d'Avignon. Il fut Fauteur de six ouvrages représentés à Paris. Protégé par la duchesse du Maine sa fortune fut rapide, mais il perdit place et revenus à la suite de la disgrâce de la duchesse impliquée dans la conspiration de Cellamare.

Mouret tomba malade à la suite de ces événements^ il ne sut résister à l'infortune, son cerveau s'affaiblit. Il mourut à Charenton chez les Pèrss de la Charité en 1738.

Jean-Philippe Rameau^ fut parmi les auteurs lyriques, le plus grand musicien du xviii^ siècle. (Né à Dijon en 1683.)

Mathématicien et acousticien distingué, il fit des études très sérieuses, en Italie principalement et devint un virtuose émérite sur l'orgue et le clavecin, écrivit un certain nombre d'ouvrages pédagogiques : le Traité d'harmonie^ le Nouveau système de musique théorique, \qs Digérantes méthodes d' accouplement pour le clavecin et Vorgne^^ etc. Il ne débuta "dans la carrière de compositeur qu'à l'âge de cinquante

Jean-Ph.

Rameau.

Gampra.

L'abbé de Fontaines.

ans. Auparavant, il fut organiste à Paris, à Lille et enfin à Clermont qu'il quitta pour revenir définitivement à Paris.

Ses commencements y furent pénibles, il gagna sa vie en écrivant des petits airs de danse, entre autres pour les pièces de Piron à rOpéra-Comique. Il eut de la peine à forcer les portes de l'Opéra ; un premier ouvrage : Samson fut refusé à cause de son sujet biblique. Enfin il parvint à se faire jouer Hippolyte et Aricie^ mais le public se montra plus que froid ce qui n'empêcha pas Campra de dire : « Il y a là-dedans de quoi taire dix opéras, cet homme nous éclipsera tous. » C'est dans cet ouvrage que se trouve l'air célèbre : « à l'amour rendez les armes ». La critique personnifiée par Xahhé de Fontaines, commençait déjà à parler de « musique savante, casse-tête harmonique »; cliché quia servi depuis à saluer l'arrivée de tous les génies ; ce qui n'empêcha pas Rameau d'écrire vingt-deux opéras ou opéras-ballets. Ses œuvres les plus connues sont les Indes galantes, Castor et Pollux, les Fêtes d'Hébé, ï)ardanus, Zoroastre, les Paladins. Il laissa en outre un Recueil de pièces pour clavecin, son instrument favori, intermédiaire entre le piano actuel et son ancêtre le

clavicorde. Le clavecin avait en général deux claviers superposés dont l'un faisait parler une rangée de cordes à l'octave, ces cordes étaient pincées par des becs de plume ou par des morceaux de cuir.

La substitution de marteaux aux languettes,

Cristofori. imaginée par Bartholonieo Cristofori^ facteur

florentin (171 1) permit de varier l'intensité du

son, ce qui fit donner au nouvel instrument le

nom de piajio- forte. •

Rameau mourut dans sa soixante-dix-septième année (1764), sans avoir jamais connu l'opulence mais accusé cependant de parcimonie par Grimm, Diderot et autres. Il ne toucha pour ses œuvres représentées à l'Opéra que la somme annuelle de i . 1 57 francs, et servait une pension à sa sœur infirme !

J.-J. Rousseau {i']i2-i']']S] quiécrivitleZ)^zj/;^ du village alors que son nom de philosophe •genevois était déjà célèbre, sut séduire par des apparences de sensibilité ; mais on ne peut le considérer comme un vrai musicien ; il ignorait les premiers principes de la composition. Son Devin fut pourtant joué au théâtre de la M'"^ de Pom- Cour à Fontainebleau et A2"'^ de Pompadour daigna jouer elle-même le rôle de Colin.

L'académie fut contrainte de représenter cet

J.-J. Rous

seau 1712-1778.

padour.

Rebel et Francœur.

Mondonville

Berton.

Monsigny.

Floquet.

Gossec.

Grétry.

ouvrage (en 1753) malgré la mauvaise volonté des musiciens, qui se vengèrent en faisant brûler l'auteur en effigie dans la cour de l'Opéra. — Le Devin du village fut le seul ouvrage de J.-J. Rousseau; Rameau continua à tenir le haut du pavé.

Rebelet Francœur qui travaillaient toujours en collaboration, occupèrent la scène avec plusieurs ouvrages, dont Zalindor ou les Sjylp lies . Mondonville^ méridionalde plus d'imagination que de talent^ débuta par Isbé, son meilleur ouvrage, et Daphnis et Alcimajdura^ pastorale dans laquelle l'auteur introduisit nombre de chants populaires du midi. Citons Berton, Monsigny, Floquet, Gossec et enfin Grétry, que nous retrouverons dans le chapitre consacré à rOpéra-Comique.

Toutes les œuvres dont nous venons de parler appartiennent au style démodé; certes elles ont du mérite mais elles nous intéressent plutôt au point de vue historique, comme la reconstitution d'un art qui charma nos grands-pères.

Le principal maître de cette époque de perruques, de bas chinés, et de tabac d'Espagne, fut le célèbre Gluck. Quoique allemand d'origine, son histoire reste intimement liée à celle de l'Opéra français.

Gluck Christophe^ Willibald^ chevalier de Ghick

1714-1787. naquitle 2 juillet 1714 à WeidenwangprèsNeumarktdans le Palatinat; élevé jusqu'à l'âge de dix-huit ans à l'école des Jésuites de Kommotow, en Bohême, il y fit de sérieuses études musicales ; il se rendit ensuite à Prague, où son père lui ayant coupé les vivres, il fut obligé de gagner son pain en composant des danses pour les fêtes de villages, et en jouant de la viole. Il sortit cependant de cette situa- Czennhorsky tion précaire grâce à son maître C^ennhorskj' Prince 9.-iii l^i obtint. la protection des pri^ices Lobko- Lobkowitz. i^if;^ ^f Mel^i. Ce dernier l'emmena à Milan

Prince et lui fit donner des leçons par San Martini^

Melzi

dit le « modèle de Haydn ». De 1741 à 1745,

an Martini, q^^^j^ composa huit opéras, rentrant encore dans le caractère de 1' « Opéra Séria », de l'époque.

En 1745, le directeur de Haymark^t l'invita à visiter Londres où plusieurs de ses ouvrages furent montés. Haendel qui assistait à une de ces représentations, émit l'opinion que « ce jeune auteur ne savait pas plus de contrepoint que sa cuisinière ».

Pyrame et r///5^^', n'eut aucun succès. Gluck découragé, se mit à chercher une voie nouvelle, qu'il ne trouva qu'après quinze années

de travail, lorsqu'il eut abandonné une fois pour toutes les pastorales sucrées et les fades mythologies, pour créer de toutes pièces le Drame musical.

En 1754 le duc Joseph-Frédéric de Saxe-Helburghausen le nomma directeur de sa musique ; il composa La Cinesi sur un poème de Métastase, à l'occasion de la réception de l'impéra- Impératrice trice Marie-Thérèse et de son époux chez son Marie- protecteur. Il ne garda que peu de temps ce poste modeste ; revenant en Italie, il obtint ses premiers grands succès à Rome, avec le Triomphe de Camille et Antigoue. Anobli et décoré par le souverain pontife à la suite de ces représentations, il signa depuis « le chevalier de Gluck ».

De 17^^-1761, son travail infatigable fournit trois opéras et un ballet au théâtre de Vienne, et un opéra. Le triomphe de Clelia, écrit pour l'inauguration du théâtre de Bologne, triomphe pour l'auteur qui dirigea en - personne.

Sa célébrité étant alors bien établie, Gluck commença la révolution, longuement préméditée, dans les traditions musicales, et cessa de sacrifier ses convictions aux conventions qu'il avait dû respecter jusqu'alors. 11 fit représenter

Marie- Thérése.

Marie- Antoinette.

Piccini.

V Orphée, son premier chef-d' oeuvre, à Vienne en 1762 ; le titre « Drama per musica » remplaça « rOpéra Séria » d'autrefois.

Il continua ses succès avec Alceste (1767) et Paris et Hélène (1778). La caractéristique de ces nouvelles œuvres était la subordination définitive des effets incohérents de « rOpéra Séria », à l'unité dramatique. L'orchestre avait enfin pour mission la représentation vivante des passions déchaînées dans le drame.

Gluck composa Iphi génie en ^?///'J^ spécialement en vue de la scène française, mais il eut bien du mal à se faire jouer. Il fallut l'intervention de Marie-Thérèse et de sa fille Marie- Antoinette^ pour faire exécuter cette œuvre qui ne fut montée qu'en 1774 (19 avril). Gluck avait alors soixante ans.

Imposé parla Cour, cet opéra eut naturellement des détracteurs. Avec Orphée et Armide, qui suivirent de près, deux camps hostiles se formèrent. Le parti exclusivement français et italien se rangea sous la bannière de Piccini, musicien de talent, tandis que l'autre se mettait à l'ombre de la loge royale ; mais Gluck resta définitivement vainqueur et conquit à sa cause amis, adversaires, et Piccini lui-même, après la

Salieri.

Piccini.

Sacchini.

M-»* Saint- Huberty.

Général Bonaparte.

Vogel.

Cherubini.

triomphale représentation à'Iphigénieen Thatt-

ride (1779).

Gluck écrivit encore un opéra, Echo et Narcisse qui n'ajouta rien à son bagage génial ; il entreprenait une nouvelle œuvre : les Danaïdes, lorsqu'une attaque d'apoplexie le terrassa (i^ novembre 1787). Cet opéra fut terminé par son élève Salieri.

Piccini, quoique écrasé sous la gloire de son redoutable rival, a néanmoins laissé deux ouvrages de grande valeur : Roland et Didon.

Sacchini débute à l'Opéra avec Renaud (1783). Il donna ensuite une Chimène qui valut un succès triomphal à son interprète, M'"^ Saint-Huberty, la même cantatrice qui inspira des vers au jeune officier Bonaparte (à Strasbourg 1887). Sacchini fit encore un Dardaniis et enfin son chef-d'œuvre Œdipe à Colonne, qui ne fut représenté qu'après sa mort.

Les œuvres de \op^el : la Toison d^Or et Demophon (1789) offrent des beautés de tout premier ordre ; un autre Demophon avait révélé, l'année précédente, la présence en France d'un bien grand musicien, de Cherubitîi.

• CHAPITRE VII l'opéra-comique, grétry, méhul, etc.

L'opéra-comique, « genre éminemment français », a pour ancêtre le vaudeville^ pièce mêlée de chant. On jouait ce genre sur les théâtres de la foire Saint-Germain, au carrefour de Bucy, à la foire Saint-Laurent, etc.

Le premier opéra-comique dans la forme

qui a prévalu, c'est-à-dire à l'imitation de

pièces italiennes, est celui des Troqueurs de

Dauvergne. Dauvergne^ joué en 1753. La Serva Padrona

Pergolése. de Pergolèse^ le Tom Jones de Philidor^ le

Philidor. Déserteur de Monsigny\ Zanire et A\or^ de

Monsigny. Qrétry, Euphrosine et Conradin, de Méhul,

Grétry. affirmèrent le genre appelé opéra-comique

qui fit la longue fortune de Feydeaii.

Feydeau. -^^ ^^^^ ^qs artistes des théâtres forains se réunirent à ceux de la comédie italienne. Le nom de théâtre Italien resta attaché à la salle nouvelle située près du boulevard qui prit le nom de boulevard des Italiens.

Gossec.

Grétry 1741-1813.

Dalayrac.

Langlé.

M"° Dugazon.

Méhul.

Gossec écrivit pour ce théâtre : les Pêcheurs. Plus symphoniste qu'auteur dramatique, il créa un genre nouveau d'un caractère plus artistique.

C'est à Grétry (i 741-18 13) que revient la plus grande part de gloire dans cette association de l'art des sons et de l'esprit français.

Né à Liège, il fit ses études à Rome ; la science musicale n'a jamais été son fort; l'harmonie est médiocre, le contrepoint nul, l'orchestration insuffisante, mais la mélodie coule naturelle, charmante, pleine de sensibilité et d'esprit. Il est impossible de citer toutes les œuvres de cet auteur prolifique et génial, car il y en a plus de cinquante. Les deux dernières, celles qui laissèrent le plus de trace, furent V Epreuve villageoise et Richard Cœur de Lion

(1784)- Dalayrac, garde du comte d'Artois, assez

habile violoniste, fit ses études avec le savant harmoniste Laiifflc et débuta à la Comédie italienne par XAmant statue (1781). Son gros succès fut Nina ou la folle par amour créée par M"^ Dugazon. Dalayrac a été le compositeur le plus applaudi sous le Directoire.

Nous arrêterons avec Méhul ce rapide aperçu de l'origine du genre opéra-comique.

Méhul 1763-1817.

Kreutzer.

Cherubini.

Lesueur.

Berton.

Méhul {Etienne-Henri] (i 763-1 817) vint des Ardennes à Paris travailler avec Gluck, et débuta brillamment par Eiiphrosine et Coradin ; son tempérament semblait plutôt le pousser vers le grand opéra héroïque ou historique, mais il n'en fut rien. Resté fidèle au genre opéra-comique, il le tira de la fadeur et de la fausse sensiblerie dans lesquelles il languissait. Parmi ses productions on distingue : Stratonice^ÏQ Chant dn départ, hymne patriotique dont les paroles sont de M.-J. Chenier, le jeune Henri et Joseph (1807), considéré comme son chef-d'œuvre. Grétry^ qui voyait peu à peu ses pièces disparaître du répertoire, eut la rare générosité de proclamer Méhul rémule de Gluck.

C'en est fait des bergeries parfumées au musc, des petits airs de hautbois ; l'impulsion virile est donnée et suivie par Kreutzer dans Paul et Virginie, par Cherubini dans Lodoïska, Médée, les deux journées, par Lesueur dans la Caverne, et par Berton dans Montano et Stéphanie.

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