‹ Histoire de la nation française (volume 2)Chapitre 62 sur 113 · ASSASSINAT DU GÉNÉRAL BRÉA ET DE SON OFUCIER D’ORDONNANCE · texte numérisé non relu

ASSASSINAT DU GÉNÉRAL BRÉA ET DE SON OFUCIER D’ORDONNANCE

(D’après un bois publié par l' Illustration, 22 juillet 1848).

Quand, le 25, les négociateurs lui offrirent d’amener le peuple à se rendre sous certaines conditions à débattre, il se cabra, exigeant une capitulation sans condition. Un dernier effort des négociateurs, le 26 juin au matih, n’aboutit pas. A dix heures, le feu est repris contre les groupes qui tiennent encore au faubourg Saint-Antoine. Mais la barricade ne répond plus. Les soldats avancent et ne trouvent personne.

MORT DE MONSEIGNEUR AFFRE, CARDINAL ARCHEVÊQUE DE PARIS (D’après une lithographie de V. Adam).

Les derniers combattants se sont dispersés, cachés ou ont fui dans la campagne. L’Assemblée acclame la nouvelle de la fin de la lutte.

Étrange amalgame de fureurs irnplacables et de sentiments généreux, les « journées de juin » n’en sont que plus émouvantes dans leurs durs contrastes. Discordes affreuses, sang versé, temps perdu, colère reportée, telles furent les suites de ces journées où tous luttèrent aveuglément. Ainsi sont menés les peuples. Leurs conseillers les plus écoutés sont trop souvent leurs plus dangereux ennemis. Le peuple de Paris irrité n’était plus lui-même. Réprimé au prix de milliers de victimes et de milliers de condamnations, il se tut et, par la suite, se désintéressa de la liberté qui l’avait trompé S’étant fait tuer « pour la Répubhque », il laissa la place aux ennemis

de la République. L’intrigue et la conjuration n’avaient plus qu’à faire leur métier de « sauveurs ». Ayant écarté Lamartine, « le poète », et bientôt Cavaignac, « le soldat », ils trouvèrent leur homme dans un « prétendant » qui, à défaut d’autre génie, avait celui de la haute aventure : Bonaparte.

La constitution républicaine L’Assemblée Constituante avait mal gou-

DU 4 NOVEMBRE 1848 vemé : Comment allait-elle Constituer, puisque

là était sa véritable tâche ? Après les journées de Juin, elle était en mauvaise posture pour dicter sa loi des Douze Tables. Accablée de ses fautes, de ses violences vaines, souillée du sang répandu, elle ne songea plus qu’à faire vite, sans trop se préoccuper de faire bien.

Elle bâcla pour « en finir ».

« En finir », c’est le mot qui était sur toutes les lèvres.

On acceptait les risques, quels qu’ils fussent. Lamartine prononce encore le mot de l’heure quand il s’écrie : Aléa jacta est, et qu’il réclame l’élection du président de la République par le suffrage universel.

Rien de plus vain que de s’attarder à relire ces articles d’une constitution morte à peine née. Tocqueville, qui fut un des principaux maîtres de l’œuvre, est peut-être celui qui l’exphque avec le plus de perspicacité et de désenchantement. Il reconnaît que la collaboration soudaine des journées de Juin fut, pour les Lycurgues de 1848, une terrible complication. « Ce que l’on demandait, dit-il, c’était moins ime bonne constitution qu’ime constitution quelconque. » La Commission avait choisi pour président Cormenin, « de vicomte devenu radical et resté catholique », qui apporta un

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