GREVY
Le duc de broglie et l’ordre moral, échec de Constitutionnellement, LA RESTAURATION MONARCHIQUE. LE SEPTENNAT Mac-Mahon prenait simplement la place de Thiers : président de la République, responsable devant l’Assemblée, ses pouvoirs expireraient quand celle-ci se séparerait : c’était la continuation du provisoire. Le maréchal, grand soldat, mais vaincu, n’apportait avec lui ni un système, ni même une autorité politique. Légitimiste d’origine,
bonapartiste de carrière, il était le type du chef d’Etat constitutionnel, laissant à son ministère le soin de gouverner.
Le tombeur de Thiers, le duc de Broglie, se trouvait être le véritable détenteur du pouvoir, placé là pour assurer aux conservateurs, aux hommes d’ordre, aux « honnêtes gens », la direction des affaires, en attendant une solution définitive : cette solution serait, de préférence, la monarchie parlementaire, mais elle pourrait être, à la rigueur, une république entourée de garanties, ime sorte de stathoudérat pour lequel on entrevoyait une présidence du duc d’Aumale. Pour le but et la conduite, la droite s’en remettait au duc de Broglie. La haute valeur intellectuelle et morale de ce grand aristocrate, son nom et son renom, son éloquence un peu contrainte, mais acérée et pénétrante, son autorité, ses manières distantes où il y avait une grande noblesse et quelque timidité, la fermeté de son caractère dans une sorte de malléabilité des doctrines, faisaient de lui un type supérieur de cette élite aux bras étroits qui se considérait comme née pour gouverner la France. Fils d’une mère protestante, catholique libéral, l’im des fondateurs du Correspondant, n’ayant de révérence excessive ni pour les légitimités ni pour les infaillibilités, mais ne pouvant même