‹ Histoire de la nation française (volume 3)Chapitre 26 sur 186 · BAPTÊME DE PAULIN · texte numérisé non relu

BAPTÊME DE PAULIN

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

l’application de l’écrit de Perpetuus relatif aux miracles de saint Martin ; il célèbre, dans l’autre, la nouvelle basilique construite à Tours.

Mais le personnage le plus marquant du monde littéraire en Gaule est certainement Sidoine Apollinaire. Né en 430, à Lyon, d’une famille noble et chrétienne, il reçut l’éducation des grammairiens et des rhéteurs, s’exerçant aux déclamations, aux panégyriques sur tout sujet et de préférence sur la grandeur de Rome, aux travaux poétiques et même aux controverses philosophiques. Son talent de poète fut employé à vanter ses amis et aussi à améliorer une existence parfois difficile : le panégyrique de son beaupère Avitus, devenu empereur, lui vaut une statue sur le Forum de Trajan. Vaincu avec ses amis par Majorien, le successeur d’Avitus, il prononce son éloge et gagne ainsi sa faveur. Il agit de même avec le roi des Wisigoths, Théodoric II, et avec son successeur Anthémius qui le nomme préfet de Rome. En 472, il est évêque de la ville des Arvernes, qu’il défend contre Euric et les Wisigoths. Prisonnier au château de Livia, près de Carcassonne, il écrit le panégyrique de son vainqueur et rentre en possession de son évêché, où il meurt en 487, regretté, dit Grégoire de Tours, par ses diocésains. Sa poésie profane est toute remplie de mythologie : c’est Jupiter qui raconte les exploits d’Avitus; c’est l’Afrique qui implore le secours de Rome assise sur son trône. Dans ses Êpithalames , Sidoine introduit Vénus, l’Amour, Pallas et d’autres divinités, et il décrit deux temples où sont les philosophes de la Grèce parmi des tapisseries précieuses. Un poème sur le château de Léontius, qui met en scène Bacchus et Apollon, est imité de Stace et de Claudien. On retrouve encore des scènes mythologiques dans le poème consacré à Narbonne, mais surtout à Consentius et à son père. Dans une Épître à l’évêque Faustus, il s’efforce, à vrai dire, de remplacer par l’Esprit Saint les Muses et les divinités poétiques ; mais la forme est surtout ce qui l’intéresse. Chez un orateur poète, il vante

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