‹ Histoire de la nation française (volume 4)Chapitre 12 sur 86 · ARMURE ET SIGNATURE DE BAYARD · texte numérisé non relu

ARMURE ET SIGNATURE DE BAYARD

INTRODUCTION

lèvres. Car la Gaule a besoin de Rome : je veux dire que la France ne travaille ni toute seule ni pour elle seule. Tout ce qui a relui dans le monde se reflète en elle.

Les légistes et le Cette fois, l'apogée est atteint? Non, encore.

pouvoir royal j^ COurbe, après s'être relevée, retombe. La nation est debout, elle n'est pas formée.

De grandes choses, pourtant, se sont accomplies : la royauté a rayé définitivement la servitude de la terre de France : « ...Nous, considérant que notre royaume est dit et nommé le royaume des Francs, et voulant que la chose en vérité soit accordant au nom... » (Ordonnance de Louis le Hutin du 3 juillet 1315. — Ordonnance de Philippe le Long, 23 janvier 1318.) Le peuple a envoyé ses représentants aux premiers États généraux convoqués par Philippe le Bel. Je ne dis pas seulement les bourgeois des villes, mais les manants des villages, de simples laboureurs. Cela signifie que cette révolution inouïe, l'abolition de l'esclavage, s'est doublée d'une autre : l'homme de la terre, le vilain, qui entassait son pécule depuis des siècles, a gagné la propriété héréditaire ; il faut, désormais, même quand il s'agit des grandes affaires publiques, compter avec lui, puisqu'il paye. Le jurisconsulte Beaumanoir explique clairement comment le travail libre finit par avoir le dernier mot : « Les seigneurs ne font que gagner puisque leurs serfs deviennent plus riches ; de sorte qu'à l'occasion, les mortes-mains et les formariages (c'est-à-dire les droits seigneuriaux) sont plus élevés et, comme dit le proverbe : celui qui a une fois écorché, deux fois ni trois ne tond ; et l'expérience apprend que, dans les pays où on leur prend jour par jour ce qu'ils gagnent, ils ne travaillent juste que pour gagner ce qu'il faut pour vivre, eux et leur maison, au jour la journée. »

Voilà la liberté civile, le travail et l'épargne consacrés d'un seul coup. En cela, la France est en avance sur tous les peuples ; et cet avantage, cet honneur rendus

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