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ÈRE SECONDAIRE

' Période ( Période ! Période Ère quaternaire (La plus

Ère tertiaire.

les plus anciennes de la terre). Cambrienne.

Silurienne.

Dévonienne.

Anthracolithique.

Triasique.

Jurassique.

Crétacée (ou Crétacique).

Eogène (ou Nummulitique).

Néogène (Miocène et Pliocène), récente et qui dure encore).

L'ARCHITECTURE DU PAYS

TpRE primaire et formation Les géologues divisent l'ère primaire en

Èlé de la houille périodes, dont voici les noms : Précambrien et

Cambrien, Silurien, Dévonien, Carbonifère, Permien. On groupe volontiers ensemble les deux dernières périodes ; c'est ce qu'a fait entre autres Emile Haug, qui, dans son Traité de géologie, les réunit sous le nom d'Anthracolithique.

Le massif breton, ou armoricain, va d'abord se constituer, avec ses annexes du Sud, — la Vendée — et du Nord, — le Cotentin et une partie de la Normandie. —

Fig. 14.

LES SOMMETS DES VOSGES MERIDIONALES (A. Lepère).

Ainsi délimité, il s'étend sur treize de nos actuels départements. Nous avons vu qu'il existait deux îlots anciens l'un sur l'emplacement de la Bretagne septentrionale, pays de Léon, l'autre de la Bretagne méridionale, Cornouaille. Aussitôt émergées, ces deux terres offrent prise à l'érosion qui les démolit, charrie les produits de la démolition dans la fosse intermédiaire et la comble avec les dépôts dits Cambriens, puis avec ceux du Silurien. Ce sont successivement des conglomérats grossiers, attestant la proximité d'un rivage, puis des grès plus fins et des sables, enfin des vases, donnant des schistes par compression. Dans chaque étage, la même série recommence, et les sédiments se déposent dans le même ordre. Parmi les plus durs sont les grès, grès

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blancs dits armoricains, et les quartzites, qui sont des grès plus durs encore ; les grès armoricains dessinent, à travers la péninsule, des rides, alignées généralement de l'Est à l'Ouest, qui, à défaut du relief qu'elles érigent, se reconnaîtraient dans le paysage par leur absolue stérilité. Ces sédiments ne restent pas horizontaux ; ils se redressent, ils se plissent; des montagnes s'ébauchent et deux chaînes se forment : au Nord, les monts d'Arrée ; au Sud, les Montagnes Noires, que prolongent les Landes de Lanvaux et le Sillon de Bretagne.

La Bretagne restera constituée, au cours des âges, par ces trois parties : sur les deux bords, deux bandes plissées en chaînes, saillantes, moins fertiles, plus rudes ; au centre, des schistes moins anciens, plus tendres et plus fertiles, dans lesquels se creuse une série de bassins, où se réunissent les faisceaux de rivières. Tandis que sur les deux bords, c'est la lande qui domine, lande de bruyères, de fougères, de genêts et d'ajoncs, à l'intérieur, ce sont les cultures, encloses de haies ou de levées de pierre. Enfin, là où cette bande intérieure déprimée et plus tendre aboutit, vers l'Ouest, à l'Océan, les flots y ont creusé des indentations, des golfes, des « rades », comme celle de Brest, des « baies », comme celle de Douarnenez, prolongées au loin dans la terre par ces « rivières » où pénètre la marée : l'Elorn par exemple et la rivière de Châteaulin.

L'Ardenne primaire est une terre nouvelle; il n'en existait rien à l'époque archéenne; c'est au Cambrien que se forment sur son emplacement les premières taches qui deviennent des îlots, et autour de ces îlots s'adjoignent peu à peu les dépôts très étendus laissés par la mer Dévonienne. L'Ardenne est presque entièrement dévonienne, et c'est cette uniformité de composition du sol, jointe à son altitude (ce plateau de 300 à 500 mètres vers l'Ouest — le point culminant de l'Ardenne française est à 504 mètres — s'élève dans l'Est jusqu'à près de 700 mètres), qui explique son caractère monotone, désolé, infertile. De quelque nom que l'on désigne ces régions, Famennes, Ardenne propre, Hohe Venn, Eifel, Hunsrùck, cet immense territoire, qui s'étend jusque bien au delà du Rhin, fait partie de ce qu'on appelle le Massif schisteux rhénan. A la surface des schistes sans forte pente, et imperméables, s'étendent des tourbières, et de vastes marécages, nommés des Fagnes (pour Fanges) ou des Rièzes : le mot Fagnes, Hautes-Fagnes, Hohe Venn revient très souvent dans la nomenclature. Pourtant ce plateau, assez uni en apparence, a été plissé, comme la Bretagne, mais là encore il ne reste que les racines des plis rabotés jusqu'à la base ; et l'aspect extérieur ne laisserait pas aisément découvrir l'ancienne existence de chaînes de montagnes qui furent peut-être aussi hautes que les Alpes, si telles et telles couches du terrain n'étaient fréquemment redressées jusqu'à la verticale.

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Enfin, autour de l'îlot archéen et granitique des Vosges, tout à la fin des temps primaires, des couches, d'âge Carbonifère et Permien, des conglomérats, des schistes, des grès, se sont déposés, et la terre émergée représente à peu près ce qu'on appelle aujourd'hui les Hautes- Vosges. Mais cette apparition au jour, cette émersion, n'est que provisoire et prochainement la mer secondaire du Trias va recouvrir de ses flots ce qui fut l'îlot vosgien.

Comme la Bretagne, comme l'Ardenne, les Vosges ont été plissées à la fin de la période primaire ; il est facile de reconnaître que tous ces plissements ont été contemporains. Le branle a été donné à tout l'ensemble de ce qui représentait alors la France. Une immense chaîne de montagnes se forma sur l'emplacement du Massif central ; elle comprit non seulement le massif français, mais les massifs qui existaient à la même époque sur l'Europe centrale (Forêt-Noire, Bohême) et sur le Sud des territoires Britanniques. Les géologues ont appelé « chaîne hercynienne » cette antique chaîne, qui a couvert de ses plissements toute l'Europe émergée, du nom du Harz, massif allemand qui en fit partie (Hercynia silva). Comme âge, il est facile de la dater, elle se place à l'époque Anthracolithique, vers la fin de l'ère primaire. De cette chaîne, il ne subsiste aucune hauteur très saillante ; mais voici ce qu'il en survit : les racines rabotées, racines des plis schisteux, comme nous l'avons vu dans l'Ardenne ; il en reste aussi les bandes de granit, orientées parallèlement aux schistes cristallins, et qui avaient, pendant leur ascension, rempli le creux des plis saillants de la chaîne en formation. C'est en somme l'alternance, soit des alignements schisteux, soit des bandes de gneiss et de granit qui nous permet de reconstituer l'existence et la double direction de cette antique chaîne de montagnes.

Au voisinage de la vallée de l'Allier apparaît une ligne de rebroussement des plis, qui sera une des lignes particulièrement faibles de l'écorce terrestre, prédestinée à jouer et à rejouer comme ligne de fracture, à s'ouvrir et à se fermer bien des fois.

Ces convulsions et ces dislocations de la fin des temps primaires furent accompagnées ou suivies de deux ordres de phénomènes, dont les conséquences devaient être si grandes pour l'épiphénomène qui surgira plus tard et qui sera le peuplement humain.

Le premier fut la formation de bassins houillers, dans les creux et dans les replis de la chaîne (c'est à cause de la présence de la houille que la période carbonifère ou houillère a reçu le nom qu'elle porte). L'érosion est surexcitée par la surrection de cette haute chaîne, ses morsures en sont décuplées, et, dans la France centrale, les torrents charrient, sur les bords du plateau, ou dans les dépressions de l'intérieur, les détritus de l'exubérante flore houillère, séparés par des lits de graviers et de sables, précédés

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par des conglomérats à éléments énormes. Ainsi se forment les bassins de Com-

mentry, Champagnac, Decazeville, Brassac, Carmaux, Saint-Étienne, Alais (fig. 15).

Dans le Nord et le Nord-est de la France, les bassins houillers sont de même

rangés symétriquement, de part et d'autre du Massif schisteux rhénan et de ses ral-

FlG. 15. — LES GISEMENTS DE HOUILLE ET LE « COMPAS » DES PLIS (ANTICLINAUX) ET DES SILLONS (SYNCLINAUX) DANS LA FRANCE CENTRALE (d'après Depéret).

longes. Au Nord, ce sont les bassins du Nord et du Pas-de-Calais, qui se prolongent d'une part, dans le Boulonnais, à Hardinghem, puis sous la Manche et dans le bassin anglais de Douvres, nouvellement découvert; d'autre part, en Allemagne et en Belgique, par les bassins d'Aix-la-Chapelle, de la Campine, etc. Plus à l'Est, ces dépôts remplissent d'anciens golfes ménagés dans les terrains anciens, et où pénètrent les alluvions en place de la mer, golfes de Westphalie, de Saxe et de Silésie, qui sont devenus les grands bassins houillers de mêmes noms (1).

(1) Voir Jean Brunhes, la Géographie humaine, chap. V.

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Au Sud de l'Ardenne et du Massif schisteux, se trouve le bassin houiller de la Sarre.

En dehors de ces grands bassins, existent en France de plus petits bassins houillers, à Ronchamp, à Ëpinac, à Sincey-les-Rouvray ; on remarquera que ceux d'entre eux qui datent de l'époque Carbonifère, qui sont de la houille et non pas des lignites, sont tous disposés de même, pinces dans les plis concaves, dans les « synclinaux » de la chaîne hercynienne.

Ce qui rend par ailleurs si difficile la recherche et l'exploitation de la houille dans nos Alpes (bassins de la Mure, de Maurienne et Tarentaise), c'est que les plissements postérieurs, les plissements tertiaires ont disloqué de fond en comble les anciens plis hercyniens.

En second lieu, à côté du plissement proprement dit, se produisirent des cassures ou fractures, par lesquelles s'épanchèrent en quantité les matières profondes, le magma intérieur. Cette fin de l'époque primaire est donc marquée par la sortie de laves compactes, plus récentes que le granit, plus anciennes que celles du tertiaire et du quaternaire, basaltes, phonolites, trachytes. Ces laves compactes sont par exemple des porphyrites, et nous dirons plus loin le rôle que jouent dans le paysage du Beaujolais notamment ces porphyrites et ces tufs porphyriques. Si l'on remonte la Loire, tout le seuil rocheux compris entre la plaine de Roanne et celle de Montbrison est fait de ces roches éruptives de l'époque houillère. Ce sont aussi des accumulations de cendres et de scories, et comme l'érosion a dispersé ces matières sans consistance, on ne reconnaît plus la place des appareils de sortie qu'aux filons et aux dykes plus résistants ou restés en saillie. En Bretagne pareillement, on suit des alignements de diorite et de diabase, reconnaissables à leur teinte sombre, et formant habituellement saillie, pareils à des murs, sur des kilomètres et des lieues. Cette phase éruptive se continue pendant l'époque permienne, donnant lieu à la sortie de porphyres et de mélaphyres, sortes de basaltes caractéristiques de l'époque primaire, formant aujourd'hui dans la campagne des buttes qu'on exploite en carrières.

Les eaux thermales et minérales ont dû jaillir en même temps, et ce sont les mêmes cassures qui, dans le Massif central et sur son pourtour, ont joué à l'époque primaire et joué à nouveau à l'époque tertiaire.

■£S RE secondaire : Pendant l'ère primaire fut donc délimité le Bassin de

Hf le « grand huit » Paris, qui se trouva définitivement enclos par le Cotentin, la Bretagne, la Vendée, le Massif central, le Morvan, les Vosges et l'Ardenne. Dans ce demi-cercle vont se déposer des sédiments, qui sont presque tous d'origine marine,

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c'est-à-dire que le Bassin parisien formera un golfe immense, occupé par la mer.

On connaît sa disposition en cuvettes concentriques, si nette sur les cartes géologiques même à petite échelle. Plus tard, lorsque chacun de ces affleurements sera souligné par l'érosion, lorsque le rebord externe aura été rongé sur son pourtour par les rivières qui en longent le pied, chacune de ses assises se dressera en « façade » dominant plus ou moins l'avant-pays déblayé. Comme le centre du Bassin n'a cessé de s'approfondir, les couches ne sont pas restées horizontales ; elles plongent vers le centre, vers Paris ou, plus exactement, vers le Sud-ouest ; elles se relèvent vers les bords, présentant leur biseau vers l'extérieur. Qui ne comprend l'importance de cette disposition pour la défense du pays, et du réduit central, Paris !

Nous assistons, pendant les temps secondaires, à la répétition du même ordre de succession dans la nature physique des dépôts, soit marins, soit lacustres ou lagunaires. Le début de chaque période est marqué en général par un affaissement de la terre ferme, à l'intérieur de laquelle s'avance profondément la mer, formant une « transgression ». Chaque continent devient donc comme une île battue par le flot sur tous ses rivages, et ce sont des dépôts de rivage, conglomérats et grès grossiers, qui se forment les premiers, dépôts dits élastiques, comme ceux qui naissent encore sous nos yeux, au pied des falaises du pays de Caux, par suite de l'attaque de la mer. Puis, le mouvement d'affaissement du fond continuant, — on appelle, avec le géologue Ém. Haug, « géosynclinaux » les grandes aires de l'écorce qui s'affaissent ainsi sous le poids des sédiments qui les chargent, — ce sont des dépôts d'eau plus profonde qui s'accumulent continûment et inlassablement au fond de la mer : dépôts très fins qui constituent des marnes et des argiles semblables aux schistes des époques les plus lointaines. La fin du cycle approche ; le fond de la mer s'exhausse ; les eaux sont de moins en moins profondes, la terre émerge peu à peu. L'eau séjourne encore dans des dépressions, qui deviennent le plus souvent des lacs d'eau douce, ou dans des lagunes, qui restent salées ou saumâtres parce qu'elles demeurent en communication avec la mer, et à la surface desquelles se cristallisent par évaporation le sel marin, le gypse, etc. Le pays devient terre ferme, le cycle est achevé.

On divise les temps secondaires en trois périodes : le Trias, le Jurassique, le Crétacé ou Crétacique, ou âge de la craie.

Les temps triasiques sont importants parce que c'est d'eux que date la constitution du sol de la Lorraine. Le massif vosgien, qui, avec les Vosges actuelles, comprenait, ne l'oublions pas, la Forêt-Noire, a dû être recouvert en entier par les mers du Trias, lentement et progressivement, et c'est pourquoi les mêmes dépôts

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affleurent dans le même ordre, à l'Ouest des Vosges et à l'Est de la Forêt-Noire. Le bassin de Souabe et de Franconie fait pendant aux plaines de Lorraine. La mer du Trias vint d'abord battre le pied des Vosges, et les produits de cette démolition se retrouvent sous forme de grès et de conglomérats rougeâtres qui caractérisent sous le nom de grès vosgien, grès bigarré, etc., le passage de cette lisière occidentale des Vosges, parente, par certains côtés, de la Suisse saxonne. Élie de Beaumont a fait remarquer le premier l'opposition de formes que présentent les montagnes tabulaires de la région gréseuse, au sommet aplati, au profil de forteresses, par rapport aux formes usées, rabotées, doucement mamelonnées du granit des « Ballons ».

Après les dépôts de rivage correspondant aux horizons de grès, se formèrent, selon la marche que nous avons indiquée plus haut, des sédiments, aujourd'hui tassés en « calcaire coquillier ». Ceux-ci constituent les grandes plaines agricoles et découvertes de la Lorraine, qui s'étendent entre Jussey, sur la Saône au Sud, et Sarreguemines et Deux-Ponts au Nord. Enfin la mer se retire, le pays s'assèche petit à petit, des lagunes se forment un peu partout là où la mer avait des fosses, et dans ces lagunes s'évaporent le gypse et le sel, dont la pureté et l'abondance vont donner heu à une exploitation intense, d'autant plus rémunératrice, aux époques de communications difficiles, qu'on était plus loin de la mer. Ce pays du sel, pagus salinensis, en a retenu le nom de Saulnois ; nombre de localités, Château- Salins, Rosières-aux-Salines, etc., tirent leur nom de la présence du sel, anciennement exploité, qui avait dû provoquer là, dès les temps préhistoriques, comme dans le Salzkammergut, un afflux de population et un nœud de relations commerciales.

Au Trias nous associerons le Lias, bien qu'il fasse déjà partie des auréoles jurassiques, et que ce soit la première et la plus extérieure des bandes ou auréoles concentriques continues, ou presque, qui enveloppent le Bassin de Paris. Car c'est l'association du Lias et du Trias qui constitue notre « marche » frontière par excellence, la Lorraine (fig. 16) ; Metz et Nancy sont sur le Lias, Mirecourt et Château-Salins aux limites du Lias et du Trias, Lunéville sur le Trias. Au point de vue du paysage, comme au point de vue agricole, la bande liasique, généralement sans relief, fait suite aux horizons déprimés et aux plaines agricoles du calcaire coquillier et des marnes irisées. De loin en loin surgit, au-dessus de cette plaine basse, une « côte » calcaire, promontoire détaché en avant de la bande jurassique, plus dure et plus résistante, qui forme façade à l'Ouest. Ces îlots sont des témoins qui subsistent de l'ancienne couverture déblayée par les eaux. Telle cette butte isolée ou « Montagne »

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de Vaudémont (i), qui a été pour la Lorraine ce que le Mont Sainte-Odile fut pour l'Alsace, une montagne sainte, demeurée sacrée pour toutes les religions qui s'y sont succédé. A l'Est s'aperçoit une autre « côte » dominante, la côte d'Essey,

Légende de la Coupe

Keuper JlfuscAelkaik^ Grès bigarré* Grès des Vosges Substratum hercynien (Perrruesv cornprcsj

FlG. 16. — STRUCTURE DE LA LORRAINE VUE EN PERSPECTIVE (d'après le commandant Barré) (2).

mais celle-ci est formée de basalte : c'est un culot de lave d'un ancien volcan. Le terrain jurassique est un de ceux qui occupent en France l'étendue la plus grande, et, dans le langage courant, quand on parle d'un sol calcaire, c'est au Jurassique qu'on pense. A la vue de ce développement, Ëlie de Beaumont, qui, vers 1840, établit la première carte géologique du sol français, nota le dessin de ces dépôts jurassiques qui enveloppent d'un huit presque complet le Bassin de Paris (boucle septentrionale) et le Massif central (boucle méridionale).

(1) Maurice Barres, la Colline inspirée. — Le signal de Vaudémont est le point culminant (545 m.) de la montagne de Vaudémont qui domine de 200 mètres le plateau lorrain et mérite par son aspect le nom de « montagne ». La crête la plus longue qui part du signal se termine par un beau cap à 495 mètres qui est la colline sainte de la Lorraine et porte le sanctuaire de Notre-Dame de Sion.

(2) Voir aussi et comparer plus loin la fig. 31 du chapitre 11, p. 96 : Meuse et Moselle, Côtes de Meuse et Côtes de Moselle.

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Cette double boucle, ce huit est resté, depuis lors, classique, mais encore faut-il l'expliquer. Au Nord, dans le Bassin de Paris, la cuvette a été remplie tout entière par les dépôts des mers jurassiques, et si ces dépôts ne sont pas plus étendus en largeur, c'est qu'ils sont recouverts, dans le centre du Bassin, par des sédiments tertiaires plus récents. Ces dépôts existent en profondeur. Si l'on supposait enlevés par la pensée le Tertiaire et le Crétacique, on devrait découvrir le Jurassique sur toute l'étendue du Bassin de Paris. Au contraire, la mer jurassique n'a presque pas envahi le Massif central, sauf en quelques régions au Sud et au Nord ; elle l'entoure, en remplissant au Sudouest le Bassin d'Aquitaine, qui est le pendant du Bassin de Paris et dont les dépôts jurassiques sont également recouverts par la Craie et par le Tertiaire. On voit que les destinées de la boucle septentrionale du huit ont été toutes différentes de celles de la boucle inférieure (fig. n etfig. 17).

En un très beau langage, — et très précis, — Dufrénoy et Élie de Beaumont, auxquels revient le mérite d'avoir les premiers fixé par le dessin cartographique et par la description, les traits essentiels de l'architecture géologique de notre pays, ont commenté ces faits dans Y Introduction à cet ouvrage capital, malheureusement resté inachevé : Y Explication de la carte géologique de la France (1). Ces pages ont eu une telle influence qu'elles appartiennent en toute vérité à l'histoire des idées ; exactes dans leur ensemble, elles ont singulièrement exagéré l'opposition entre le « pôle attractif » et le « pôle répulsif », et nous noterons tout à l'heure pourquoi cette notion simpliste doit être modifiée ; mais leur texte fut aussi fécond qu'il est souvent inconnu dans sa teneur originale ; ce sera faire œuvre juste et belle que d'en citer ici la plus grande part :

« Si les deux boucles supérieure et inférieure que présente la figure analogue à celle d'un 8 qu'elles dessinent sur la surface ont entre elles une sorte de corres-

FlG. 17. — LA BOUCLE SEPTENTRIONALE

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