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LES AFFLUENTS DE LA GARONNE ISSUS DU LANNEMEZAN

GÉOGRAPHIE HUMAINE DE LA FRANCE

et à arcades construites au douzième et au treizième siècle sous la domination anglaise et que l'on compte par douzaines sur ces collines de Lomagne, d'Armagnac et de Gascogne.

La Gimone tire son nom de Gimont, passe par Beaumont-de-Lomagne, et bien que longue de 135 kilomètres, n'arrose rien, faute d'eau. L'Arrats passe à Mauvezin.

Le Gers, fossé à peu près rectiligne, orienté Nord-Sud, sépare la Lomagne de l'Armagnac, pays des eaux-de-vie renommées. Il arrose une série de localités qui eurent leur heure de célébrité du temps des cadets de Gascogne : Castelnau- Magnoac, Masseube, Auch, Fleurance (c'est-à-dire Florence), Lectoure, Astaffort, Layrac.

La Baïse est plus nourrie que le Gers, parce qu'elle boit à quelques sources du calcaire. Baïse-de-Mirande et Petite-Baïse réunies passent à Valence, Condom, Nérac, ancien évêché et siège d'une petite cour au temps de Marguerite de Navarre, à Vianne (c'est-à-dire Vienne), et se jettent près d'Aiguillon après avoir reçu la Gelise. Celle-ci qui passe non loin d'Eauze, ancienne capitale de la Novempopulanie, rejoint la Baïse à Lavardac. Elle reçoit l'Auzoue, de Montréal, et la Losse, de Vic-Fezensac, qui est la capitale de ces pays bien gascons.

Save, Gers et Baïse, les trois cours d'eau les plus importants, prennent tous trois leur source près du village de Lannemezan.

Tarn, aveyron Les affluents de la rive dioite de la Garonne se ressen-

et agout tent, dans leur régime, de l'imperméabilité du Massif Central,

schistes, gneiss et granits, et de la bande de lias interposée entre terrains anciens et secondaires ; ils sont ensuite filtrés et régularisés par leur passage à travers le crible des Causses calcaires.

Caussenard par excellence est le Tarn, dont le sillon profond à travers les lèvres béantes du Causse constitue la plus pittoresque gorge du territoire français {fig. 57). Il prend sa source dans les montagnes de la Lozère, par 1 550 mètres d'altitude, et dévale sur les terrains anciens d'entre Bougés et Lozère, passant par le Pontde-Montvert, où il n'est plus qu'à 896 mètres. Il arrive ainsi jusqu'au confluent d'une seconde branche, le Tarnon, venu du Sud, qui lui ouvre une échappée sur la conque de verdure où dort Florac (609 m.). Le Tarnon arrive tout droit de l'Aigoual, château d'eau qui ruisselle des averses méditerranéennes. Le Tarn s'insinue entre les grands Causses, sépare le Sauveterre du Méjan, s'encaisse entre des parois calcaires de plus en plus hautes à mesure qu'il descend lui-même, la surface du Causse restant horizontale, passe par Ispagnac, où lui arrive la belle source

LA GARONNE, SES AFFLUENTS ET SES VOISINS

du Pesquier, qui double son cours et annonce la série des grosses sources du calcaire, Fonts, Sorps, Sorgues, Divonnes, etc.

C'est à Ispagnac, par 500 mètres, que la roche change de couleur et que le Tarn entre dans son célèbre « canon » proprement dit; il s'enfonce entre le Serre de Pailhos, à gauche (1 056 m.), qui est un bastion du Méjan, et la Boissière de Molines (1 046 m.), à droite, qui s'attache au Sauveterre ; la concordance des deux altitudes prouve la continuité de la table calcaire primitive coupée en deux par la vallée d'érosion. Tout au fond se blottissent, voyant peu le soleil, qui est pourtant le soleil du

FlG. 57. — LE TARN ET SES AFFLUENTS.

Midi, de minuscules localités, Sainte-Ënimie, où des humains vivent encore en troglodytes, Saint-Chély, Pougnadoires, Prades, la Malène, escales de bateliers, connues maintenant des touristes du monde entier qui font en barque la descente du Tarn.

De lieue en lieue débouchent de fortes fontaines vauclusiennes, font de Castelbouc, font de Burle, font de Coussac, où un pont aux arches élevées franchit le Tarn, font des Ardennes, — ainsi survivent nos plus vieux mots celtiques, — laquelle se dédouble et se multiplie, lorsque, à la suite de pluies prolongées sur le causse, elle se dégorge par tous les trous d'alentour.

Le canon se rétrécit encore; le batelier, qui souvent a dû mettre les pieds dans l'eau pour tirer la barque, annonce que l'on est aux « Etroits » ; puis on se trouve dominé par les parois éclatantes et menaçantes du cirque des Baumes, qui semblent toutes prêtes à s'écrouler ; une catastrophe analogue s'est produite jadis, un peu plus loin, au « Pas de Soucy », où le Tarn disparaît sous un chaos de blocs.

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A la sortie des gorges, au pont du Rozier, près Peyreleau, le Tarn est à 375 mètres d'altitude, ayant descendu 125 mètres depuis Ispagnac. Il est désormais un cours d'eau puissant, il est fort accru par la Jonte qui forme, entre Causse Méjan et Causse Noir, depuis Meyrueis, un autre canon grandiose, — par la Dourbie, qui a creusé également un canon entre Causse Noir et Larzac, et qui conflue à Millau, à 368 mètres, — par le Cernon — enfin par le Dourdou de Vabres, qui baigne cette ancienne cité épiscopale et reçoit la plus belle source du Larzac, la « Sorgues » larzacoise, toute voisine de Saint-Affrique.

Dans les terrains anciens, permiens et triasiques, qui succèdent aux Causses, les petits affluents ont tôt fait de rougir le clair flot filtré par le calcaire. Le Tarn se tord en des boucles, dont la plus caractéristique, celle d'Ambialet, n'a que 12 mètres d'isthme pour 3 kilomètres de pourtour; enfin, il forme des rapides dignes de torrents de montagne, tel ce Saut de Sabo que l'industrie a confisqué, que des digues ont noyé, et le long duquel, sur chaque rive, se rangent les laborieuses usines dites du « Saut du Tarn ».

Après ces gorges, le Tarn s'étale avec majesté, large de 120 à 150 mètres, et devient le fleuve de vraies villes : Albi (169 mètres), la splendide ville rouge, qui fut, du temps des « Albigeois », la capitale du Midi languedocien; Gaillac, Lisle-d'Albi, Rabastens, Villemur, Montauban (84 m.), capitale du Bas-Quercy, Moissac, fière de son cloître.

Le Viaur (rive droite), sorti de la Montagne du Pal (1 157 m.), paraît sur la carte un maître affluent par sa longueur de 153 kilomètres, mais, eau du gneiss et du micaschiste, il ne roule même pas 2 mètres cubes à l'étiage.

L'Aveyron, qui sépare le Causse du Comtal du Ségala du Rouergue, est un Viaur amplifié, long de 272 kilomètres, qui à l'étiage n'a que 5 mètres cubes ; il naît non loin du Viaur, à Séverac-le-Château, passe au pied de Rodez qui, du haut de sa pénéplaine, site de l'oppidum des Ruthènes, le domine de 100 m. Plus loin, il tourne court vers le Sud, à Villefranche-de-Rouergue, pour rencontrer le Viaur à la Guépie. Villes historiques, châteaux, sites célèbres se succèdent : Najac, Saint- Antonin, qui sert d'écrin à son hôtel de ville, Penne, Bruniquel, Négrepelisse, jusqu'au débouché dans l'ample « Rivière » de Garonne.

A Lexos tombe, en aval du Viaur, un autre de ses affluents de gauche, le Sérou, qui passe à Carmaux, centre d'un bassin houiller, et au pied de l'incomparable vieille ville perchée de Cordes.

Si le grand affluent de droite est l'Aveyron, celui de gauche est l'Agoût, long de 190 kilomètres, qui, comme tous ses affluents à lui, le Thoré, le Dadou,

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se tord en plis et réplis innombrables creusés dans les gneiss, granits et schistes anciens, si bien que les villes s'écartent de ces gorges profondes. Un de ces replis, celui de Roquecourbe, a une lieue de boucle pour cent mètres d'isthme. C'est à travers le Sidobre que l'Agoût se roule et se déroule ainsi : plateau de 500 à 700 mètres, couvert de blocs aux formes fantastiques, de roches granitiques en forme de boules. L'Agoût reçoit, peu en aval de Castres (le camp romain, le « Castrum » par excellence), ville manufacturière, son affluent, le Thoré. Celui-ci, qui approche Mazamet, centre industriel toujours très actif, a aussi ses

FlG. 58. — LE LOT

orifices, qui le boivent entièrement en saison sèche, ses « Gaunios » ou « Gaurios », près de Caucalières, où il s'enfouit en entier sur 800 mètres de long. Le Dadou entre, à Réalmont, dans une vallée tertiaire ample et cossue, où se trouve Graulhet. L'Agoût, qui est passé à Lavaur, rejoint le Tarn à Saint-Sulpice-la-Pointe.

Le lot et Le Lot est à lui seul un vrai fleuve, par sa longueur de

ses affluents ^66 kilomètres, ce qui indique déjà l'ampleur de ses méandres et de ses « cingles ». (Voir frontispice du présent chapitre.) Il naît au Nord de la Montagne de la Lozère, près de Villefort. A 731 mètres devant Mende, il est dominé par les escarpements du Causse de Mende, puis il limite, vers le Nord, les Causses de Sauveterre et de Séverac, de même qu'il sépare plus loin le Causse de Limogne (au Sud) et celui de Gramat (au Nord) ; il re^te ainsi longtemps caussenard, plus longtemps même que le Tarn ; de là il tient la beauté et la richesse de ses eaux, la transparence de son lit, que grossissent, sorties des entrailles du Causse, des sources magnifiques, la Lantouy, l'Eygue et surtout la Divonne de Cahors, ou Fontaine des Chartreux, la source « divine » entre toutes (fig. 58).

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Passé Mende, le Lot s'est encaissé de plus en plus, entre parois de 300 à 350 mètres ; il reçoit de Marvejols (640 m.) la Colagne, qui, issue de la Margeride, reproduit en petit la courbe de la Truyère II passe ensuite à des localités qui ont la même finale : Saint-Laurent-d'Olt, Saint-Geniez-d'Olt, Sainte-Eulalie-de-Rived'Olt (« Rive » étant pris au sens de « Rivière »), Calmont-d'Olt, Saint- Vincent- Rive-d'Olt. Tous ces noms attestent une vallée ayant son individualité au creux du plateau, gardant, en guise d'un nom de « pays », celui du cours d'eau qui la féconde ; et le vieil et vrai nom du « Lot » est cet « Oit » (de même racine que l'Aluta, l'Oltu des Karpates roumaines).

Après Espalion (342 m.), le Lot rencontre à Entraygues, par 240 mètres, le torrent de la Margeride, qui d'ordinaire triple son volume, la Truyère ou Trueyre. La Truyère passe sous l'arche unique du viaduc de fer de Garabit et contourne les monts d'Aubrac. Plus bas, c'est le Dourdou, dit Dourdou de Conques, parce qu'il coule au pied de la célèbre abbaye de Conques.

La rivière sort des schistes pour rentrer dans les calcaires, où elle se dilate à son aise : là se montrent à nouveau, sur le Lot, « cingles » et méandres ; à chaque contour, veille une antique bourgade au pied de hautes roches, Capdenac, Cajarc, Saint-Cirq-Lapopie ; à Cahors, le méandre a 5 000 mètres de développement pour 700 mètres de flèche ; c'est là que s'élevait l'ancien oppidum des Carduques, qui a dénommé le Queicy (Cahorsy), et c'est là que le Lot est franchi par le superbe pont fortifié du quatorzième siècle, le pont Valentré.

En amont de Saint-Géry, le Lot a reçu le Celé, de Figeac, rivière indigente. Il décrit, après Cahors, des cingles de plus en plus amples (celui de Luzech, de 5000 mètres de développement, l'isthme n'en ayant que 100 à 150, celui de Puyl'Ëvêque, de 7 000 mètres de contour, l'isthme en ayant dix fois moins), et parcourt une vallée riche parmi les riches : passe par Fumel, Villeneuve-sur-Lot, Sainte- Livrade, Castelmoron, et conflue à Aiguillon, par 22 mètres seulement.

Capdenac sur son haut rocher et Luzech avec son Impernal et sa gracieuse Pistoule enveloppée par la courbe du Lot (fig. 59) ont certes des droits à disputer au Puy d'Issolu la gloire d'avoir été l'Uxellodunum dont il est parlé dans les Commentaires de César.

La garonne En aval d'Aiguillon, après le confluent du Lot, les petites

maritime villes avoisinent le fleuve, désormais plus sage. Ces villes, jadis prospères, avant que ne se fût propagé, comme une épidémie, le fléau de la dépopulation, se suivent à petite distance, coquettes et pittoresquement assises : Ton-

LA GARONNE, SES AFFLUENTS ET SES VOISINS

iieins, la métropole du tabac, le Mas-d'Agenais, Marmande (24 m.), la Réole, Castets, où cesse le canal latéral, Saint-Macaire en face de Langon, puis les localités du Bordelais, les « châteaux » du Médoc, étiquettes fameuses des meilleurs parmi les crus de France.

Déjà l'on sent l'appel de Bordeaux, assis en demi-cercle sur un méandre du

FlG. 59. — LUZECH AVEC LA COLLINE DE LA PISTOULE ENVELOPPÉE PAR LE « CINGLE » DU LOT.

(A. Lepère.)

fleuve, d'où ses anciens noms de « Port de la Lune » et de « Port du Croissant ». Les coteaux de la rive gauche s'effacent et les Landes, plaines d'alios et de sable, entrent en contact avec le courant ; tout le long de la côte du Médoc, des marais bordent le fleuve, ce sont les « Palus » ; sur l'autre rive, au contraire, les falaises de craie se rapprochent et viennent border cette « Mer » effilée.

A Bordeaux l'aspect du fleuve est devenu grandiose et, malgré l'importance de la ville, les ponts sont rares ; le pont de pierre, œuvre majestueuse, est long de 484 mètres en dix-sept arches ; le pont de fer compte sept travées et unit Bordeaux-Bastide à Bordeaux-Saint- Jean. Le long du fleuve, les quais, les docks, les appontements se suivent sur les deux rives et se prolongent vers l'aval ; la guerre

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de 1914-1918 et l'adjonction d'une base américaine ont doublé l'importance de l'ancien « port du Croissant » ; il avait été, au dix-huitième siècle, le premier de nos ports, lorsqu'il était l'entrepôt des marchandises à destination de l'Angleterre, des pays du Nord et aussi des « Indes occidentales », des pays du Nouveau- Monde.

Sitôt les ponts franchis, les « Marais de Bruges », par leur nom, par leurs rigoles, par leurs damiers, rappellent le labeur patient des Hollandais de jadis. La Garonne, passé Bordeaux, est déjà une « Mer », — comme l'atteste l'appellation de « Pays d'Entre-deux-Mers », — elle se déploie en ondulations larges avant d'atteindre, à 25 kilomètres en aval, le Bec d'Ambez, c'est-à-dire le Bec des deux fleuves, « Bec » désignant dans toute la France du Centre le confluent (Bec d'Allier).

Il semble que la profondeur du fleuve doive augmenter avec sa largeur. Il n'en est rien. La Garonne est ensablée d'une part par les produits de la trituration des roches pyrénéennes ; les résidus de l'érosion se déposent là où la pente devient nulle, et le dépôt, la précipitation des troubles se font là où les eaux salées, d'une densité différente, viennent en contact avec les eaux douces. Elle est envasée d'autre part par les impuretés qu'amène avec lui le flot de marée, boues de toute provenance et de tout calibre, et que le flot de retour, le jusant, ne ramène pas toujours avec lui. La Garonne est ainsi envahie par 2 500 mètres cubes de matériaux solides par jour sur ces 25 kilomètres (1).

Ces troubles, ces vases, ces « schlamms » sans cesse en mouvement, remués et brassés par chaque marée, obstruent le chenal navigable, en diminuent de plus en plus la profondeur, parfois réduite à 5 m. 50, déplacent et encombrent les passes au fur et à mesure qu'on les aménage. C'est en vain qu'on a essayé d'obtenir un chenal constamment praticable en resserrant le lit, et en utilisant l'action du courant descendant; la marée, qui balaye en même temps qu'elle charrie, n'a plus pénétré aussi largement, et les alluvions malfaisantes, vases noirâtres, etc., se sont trouvées immobilisées, emprisonnées dans les points morts du lit corrigé. Les transatlantiques sont donc obligés de s'alléger à Pauillac, en attendant des travaux plus efficaces.

En aval du Bec, la Gironde grossie de la Dordogne s'épanouit largement, roulant en moyenne par seconde 1 100 mètres cubes d'eau douce ; ce volume est faible en regard des 300 000 mètres cubes par seconde que le fleuve engorge à chaque flux

(1) Les efforts de sociétés actives, telles que le Comité de la Garonne navigable (ou du Sud-Ouest navigable), tendent à identifier l'origine des troubles et ces sociétés préconisent aussi le reboisement des Pyrénées.

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et dégorge à chaque reflux. La largeur atteint 3 kilomètres et bientôt 8, 10, jusqu'à 11 kilomètres près de Lesparre, pour se réduire à 4500 mètres en face de la pointe de Grave. C'est donc bien une mer que ce puissant estuaire, et l'eau salée y prédomine sur l'eau douce.

Le confluent, le Bec, tend à se déplacer vers l'aval : une chaîne d'îles tendent à se souder l'une à l'autre : île de Cuzeau (260 hect.), île du Nord (1 500 hect.) ; ces îles, îlots, grèves, barres se prolongent jusqu'en face de Pauillac... ; un jour viendra où Garonne et Dordogne, larges d'environ 1200 mètres chacune entre la chaîne d'îles et la rive de terre ferme, ne s'uniront plus qu'à Pauillac.

Entre les deux rives, aucune ressemblance : la rive droite, qui s'incurve en un magnifique arc de cercle, entre Blaye (dont la citadelle, doublée du fort Pâté et du fort Médoc, barrait jadis l'estuaire), Talmont et Meschers, est haute, dressée en falaises blanchâtres de craie, au pied desquelles les alluvions régularisent peu à peu la courbe du fleuve ; à Royan, où s'attache la presqu'île d'Arvert, on est en vue de la tour de Cordouan, et la vaste mer Atlantique s'étale, entre la Pointe de la Coubre et celle de Grave. — La rive gauche, Médoc et Landes, est basse et plate ; ce sont toujours les « Palus », marais sans fin, restes d'un estuaire jadis plus large, conquis peu à peu sur l'eau ; le sol dénonce les dunes jadis mouvantes qui menaçaient d'engloutir Soulac, Soulac aux vents violents.

Trois passes sillonnent cette large embouchure ; celle du Nord, la plus creuse, convient mieux pour la sortie des navires ; celle du Sud sert pour leur entrée dans l'estuaire, par une des 161 journées claires dont les pilotes disposent sous ce ciel trop souvent mouillé. A proximité de la passe du Sud est Le Verdon, tête du chemin de fer du Médoc qui a pu espérer un instant devenir le Saint-Nazaire de la Gironde ; il est placé en vue de la tour de Cordouan, borne et phare, sentinelle antique et lumière traditionnelle battue par les flots.

La dordogne, Ce serait faire injure à la Dordogne que de la con-

la vézère et l'isle sidérer comme un simple affluent de la Garonne ; c'est un fleuve jumeau, débouchant dans l'estuaire commun, comme la Meuse et l'Escaut dans l'estuaire du Rhin.

A son origine, sur les flancs du Sancy, à 1 720 mètres d'altitude, la Dordogne est d'abord une Dore comme les autres ; cette Dore chante sur les galets au pied de localités thermales, les bains du Mont-Dore, à 1000 mètres, la Bourboule, à 850 mètres ; elle se grossit du Chavanon qui lui imprime la direction Nord-Sud qu'elle gardera jusqu'à Bort. Là, elle bute contre un bloc complexe de phonolites

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issues des laves cantaliennes, qui sont découpées en prismes et en colonnades, les Orgues de Bort ; à Bort aussi elle boit la Rue ou Rhue de Riom-ès-Montagnes, qui, formée de multiples branches, Clamouze, Santoire, etc., achève de la constituer. De longueur pareilles, 50 kilomètres contre 52, de bassin équivalentes, Dordogne et Rue égouttent chacune 100 000 hectares environ.

Les innombrables cours d'eau issus en éventail du haut ancien volcan conique du Cantal manifestent, dès la première inspection de la carte, l'origine de cet harmonieux relief (fig. 60) : c'est un type achevé d'hydrographie de volcan. Les rivières,

Fig. 60.

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