LES EAUX QUI TOMBENT ET LES EAUX QUI COULENT CLIMAT ET COURS D»EAU
; dimat est le plus dair révélateur de cetK solidarïrë qui existe I entre toutes les parties de notre planète. Une tempête qui se dédi^ie sur le Nouveau Monde traverse souvent l'Atlantique et , vient baigner de pluie ou de brume notte Bretagne, les Iles Britaitniques et la Scandinavie. Un iceberg détaché du « pack » arctique descend à la dérive des courants qui marchent vers les zones plus chaudes et heurte le Titanic qui s'abîme dans les flots.
LIS GRANDS rACTXTTRS Foui ùôk conn^tie un climat, il ne suffit pas d*énu-
Di NOTRE CLIMAT mércT Ics feits de pression barométrique et de température, les vents et les pluies qui le caractérisent. II convient d'aller plus loin ou, plus exactement, de monter plus haut, c*est-à-dire d'expraer le mécanisme des forces atmosphériques dont les luttes incessamment renouvelées déterminent les vicissitudes des saisons et des jours.
Le climat de notre France, à la bordure ocddentale de l'Europe, est la tésair tante de la persistante bataille entre trois séries très complexes de phàiomènes atmosphériques qui s'opposent les tmes aux autres et qui alternativement s'imposent à la plus grande partie del'Europe elle-même.
Le r^ des dépressions atmosphériques de VAtîmtique, — L'Océan Atlantique
GÉOGRAPHIE HUMAINE DE Ui FRANGE
sq)teiitrional est, £réquemnient au cours de raimée, et durant lliiver surtout, le si^ de faibles pressions atmosphériques ; les centres de basse pression sont appelés par les météorologistes et les climatologistes des cyidonra, et tout autour des cyclones, dans l'hémisphère Nord, les vents tournent dans le sens inverse de celui des aiguilles d'une montre. Ainsi les régions de l'air qui sont situées au-dessus de l'Atlantique Nord correspondent à des espaces autour desquels les courants sont r^ulièrement emportés en d'immenses mouvements giratoires qui les transportent vers l'Europe occidentale, puis les font remonter vers l'Islande et vers le Groenland pour les ramener sur les territoires de l'Est des £tats-Unis. Les centres de ces mouvements, loin d'être immobiles, subissent des translations incessantes; mais lors* qu'un « cyclone » dispandt, un autre rendt, si bien que leur succession peut être par imagination comparée dans ses effets à une sorte de centre permanent
Les couches atmosphériques que cette grande loi de circulation amène sur les côtes occidentales de la France et de toute l'Europe proviennent de zones qui sont simées au Sud-ouest de l'Europe : masses d'air de r^ons chaudes, et chargées de vapeur d'eau, puisqu'elles sont en contact avec de vastes nappes marines.
Dans cette région d'appd voilà que par une coïncidence singulière arrivent déjà des courants de l'atmosphère qui sont parallèles au courant marin le plus vigoureux et le plus apparent de tous les courants marins, le Gtilf Stream. Issu du golfe de Mexique et de la mer des Antilles, ce fleuve de la mer en pleine mer marche à une vitesse de 4 à 6 kilomètres par heure, et cette translation a pour effet concomitant une translation du Sud-ouest vers le Nord-est de masses atmosphériques chaudes et hiunides. La force qui les entraine est prolongée et relayée par la circulation autour du cyclone de l'Atlantique Nord ; cet ensemble, si harmonieux, accumule ses influences en des directions identiques : ainsi l'Europe occidentale et même centrale et même septentrionale se trouve bénéficier d'une température douce et d'une himiidité qui se traduisent par ces faits essentiels :
I' Abondance des précipitations et surtout continuité des pluies fines et pénétrantes ; grand nombre de jours pluvieux au cours de l'aonée ;
2"" Température toujours éloignée des extrêmes ; ni firoids r^oureux, ni chaleurs torrides ; peu d'écart, et comme l'on dit en style de météorologie, faible c( amplitude » entre les températures moyennes du mois le plus chaud et les températures moyennes du mois le plus firoid.
De là résultent pour notre pays des privilèges singuliers.
New York est à peu près à la même latimde que Lisbonne et que Naples ; le froid y sévit pourtant durant l'hiver avec bien plus de rigueur et d'une manière
CLZHAT ET COURS D'EAU
beaucoup pltis amtinue que dans notre rude r^jon de l'Est français : à Metz ou à Belfort. Et si tout notre pays jouit, durant l'hiver, d'une modération extraordinaire, nos étés bénéficient d'une pareille et aussi extraordinaire modération ; non seulement les chaleurs estivales de Moscou ou de Vienne mais celles même de Milan l'emportent souvent sur les températures de Paris ou de Dijon. Quant à notre littoral atlantique, il est en un sens unifié par la douceur humide de l'atmosphère qui lui est ^te : les lauriers poussent en pleine terre à l'extrémité de la Biet^ne ; les iardins de Jersey ou de Guemesey (qui soat géographiquement des îles plus françaises qu'anglaises) manifestent une aussi exubérante luxuriance en hiver que ceux des péninsules méditerranéennes et en été que ceux du Portugal.
Le râle des hautes pressions de VEurope continentale. — Une seconde série de ^ts, directemoit contraires aux précédents, a pour centre principal la Sibérie orientale et régit le plus souvent des tsç/aicea immenses qui compzeniunt toute la Sibérie tout»
la Russie, et jusqu'à une grande partie de l'Europe continentale.
De formidables masses d'air, correspondant à de hautes pressions barométriques, immobiles et froides, c'est-à-dire très peu charge de vapeur d'eau, constituent ce qu'on appelle l'anticyclone sibéio-russe ; elles sont une sorte de bastion qui s'étend, suivant les mois et les jours, plus ou moins loin jusque sur l'Europe orientale et centrale. (Voir fig. 25.)
Quand l'Europe est sous la domination de oe régime atmosphérique, le del est en général d^agé, le temps est beau ; et cela est d'ailleurs associé à une teo^iérature qui est en hiver très froide et ea été très diaude.
Tandis que le cyclone atlantique met l'air en perpétuel mouvement et que ces mouvements, apportant vers l'Europe occidentale des couches humides, entrdne souvent la phiie et, sur les sommets, la neige, l'anticyclone, au contraire, marque son règne par l'absence de vents, la rareté des pluies et par une exagération des difiërences entre les températures nocturne et diurne, hivernale et estivale. Tandis
FlG. 25. — L8 t BASnON » DBS HACISS PRESSIONS