‹ Histoire de la nation française (volume 5)Chapitre 33 sur 64 · X-- JhK' jBDMHyH · texte numérisé non relu

X-- JhK' jBDMHyH

FJG. 94. — l£S BAUÏ. (A. Lepère.)

de rOcddent ; dans une position supérieure à oelle de Ravenne, elle eût pu devenir capitale de l'Enq^ire; Tancietme BThéline»,la colotiie de Marseille, fut, comme en témoignent encore ses admirables monuments, la petite Rome des Gaules, « Gallula Roma » ; elle resta longtemps à la pointe du delta le grand port fluvial du Rh&ie, la rivale de Naibonne.

Après la « Fourque », le Rhône se subdivise en nombre de bras dont Técar^ tement figure la lettre grecque « delta » ; il perd sa gloire et même son nom dans une quantité de pseudo « Rhônes », Grand-Rhône;, Petit-Rhône, Rhône

GÉOGRAPHIE HUMAINE DE LA FRANCE

mort, qui ne sont plus que des « Graux » perçant la flèche de sable des fiic£> tel ce grau des Marseillais par lequel ceux-ci remontaient leuf fleuve. Ces bras entourent une île restée telle qu'elle était à travers les âges, la Caniai:gue. Au milieu, au grand étang du Vaccarès, des taureaux à moitié sauvages viennent s*abreuver; des étangs plus petits sont des lagunes salées ou sansowresy à flore de salicomes ; des ponts de bateaux, peu fréquentés, permettent de franchir étangs ou canaux (Jîg. 95), et l'on scmge non sans quelque regret au vieux pont disparu qui unissait naguère encore Arles à son faubourg de Tiinquetaille : a lorsqu'on le traversait sur le plancher mouvant, on sentait sous soi, puissante et

vivante, la respiration du fleuve, dont le poitrail houleux vous soulevait en s'élevant, vous abaissait en s'abaissant » (Mistral). Quelques dunes forment digues, le long desquelles se perchent sur une patte les flamants roses ; et la bourgade de pêcheurs des Saîntes-Maries-dela-Mer rappelle, par sa vieille, belle et sombre église romane fortifiée, les anciennes incursions des pirates.

La Camargue est protégée le long des deux grands bras du fleuve par des digues qu'on a eu le tort de omstruire complètement insubmersibles ; le colmatage naturel par l'inondation ne se fait plus ; le sel remonte à la sur&ce par capillarité, depuis qu'il n'est pltis dissous par l'eau douce, et de vastes étendues redeviennent des déserts salés. Quant à la navigation, il y a plus de deux siècles que Vauban déclarait que les embouchures du Rhône sont incorrigibles. Les tentatives ^tes depuis lors ont confirmé ces vues ; il a Mu abandonner le fleuve lui-même pour construire des canaux d'accès jusqu'au tronçon navigable d'amont, qui prend près d'Arles. Le premier Ht artificiel fut la « fosse marienne », construite par les R(»naim, qui a laissé son nom à Fos, et qui fit pendant à la Fossa Drusiana, sur le Rhin. Au dixneuvième siècle fut creusé le canal latéral d'Arles à Port-de-Bouc ; puis vint l'essai malheureux d'établissement d'un port en eau profonde à Saint-Louis-du-Rhône, doté d'un très court chenal d'accès, que la rivalité de Marseille condamnait à dépérir. Tous

FiG. 95. — UN PONT DE BATEAUX DE LA CAMARGUE.

RHÔNE ET SAONE, VERSANT MÉDITERRANÉEN

ces projets laissaient inutilisé le magnifique étang de Berre, rade merveilleuse, profonde, à Tabri des vents du large et des flottes ennemies. Enfin Ton a mis à exécution un projet rationnel et radical, celui d'un canal maritime de Marseille au Rhône, longeant la côte, gagnant Tétang de Berre sous la Nertfae par le souterrain de Roves, le plus large des tunnels, qui fut achevé, il y a trois ans déjà, en pleine guerre. Les chalands seront ainsi à Tabri et de la tempête du large et des sables amenés par le fleuve. Entre Arles et le curieux et pittoresque port des Martigues, la « petite Venise provençale », le nouveau canal se confondra souvent avec l'ancien.

AmuxNTS juBASSixif 8 KT Les cours d'eau jurassiens ont un trait com*

BA88IN DK lA 8AÔ1IX mun; ils naissent et coulent dans un « Val », où ils ont pris la place d'un lac miocène, et se dirigent droit au Sud, comme la Valserine et l'Ain, ou vers le Nord-est, comme le Doubs, le Dessoubre, contenus entre deux plis ; puis, ils s'échappent par une « duse » et passent dans un Val parai* lèle : ils ont ainsi un tracé anguleux «en baï(»mette » (Jig. 96).

Le premier aflBuent ficançais, la Valserine, coule dans la Combe de Mijoux, entre le premier et le deuxième pli du Jura, dans le même pli concave où coule le Rhône de Cuioz à Bellegarde; non loin du confluent, elle s'enfonce dans les marmites à tourbillons et dans les couloirs des « Ouïes ». Son aflBuent la Semine ouvre, par le lac de Sylans, puis par le lac de Nantua, une dépression continue, qui est une des grandes coupures du Jura, séparant le Jura central du Jura méridional, et livrant passage à la ligne de Bourg à Bellegarde. Le Séran, plus au Sud, jalonne, parallèle à l'Albarine, un semblable couloir, dont profite partiellement la ligne du Mont Cenis, entre Bourg et Culoz«

L'Ain est un bon type de rivière jurassienne : né sur le plateau de Nozeroy à 930 mètres, tout près du Doubs, il s'échappe en sens inverse par les gorges pittoresques de Syam et de Champagnole, ficanchit une série de sauts et n'arrose aucune ville importante jusqu'à son entrée en plaine à Pont-d'Ain. Il tra* verse alors la plaine de cailloutis de la Valbonne. Û)urs d'eau relativement r^^lier, nourri par les sources pérennes du calcaire, il a des aflBuents de volume constant, chacun jalonnant l'axe d'un pli ou perforant une duse : la Valouse, la Bienne de Saint-Qaude, — la ville des ponts jetés sur les gorges de la Bienne et du Tacon, — enfin l'Oignin, émissaire du lac de Nantua.

La Saône, qui a gardé le nom de la déesse des eaux, Sauconna (à rapprocher dlconna, l'Yonne), et qui est le /btrus ilror de César, prend sa source dans la forêt de Damey, dans une ré^on forestière constituée par des grès qui est proprement

OftOOR. nUMARTI, T. I. Q*9<) '^

OÉOORAPHIE HUMAINE DE LA FRANCE

la Vôgfi. Elle recueille de suite une foule de petits affluents qui, provenant d'une i^ion boisée, inqiennéable et semée d'étangs, l'alimentent abondamment. Née à Ëiible altitude (396 m.), elle n'est plus qu'à 215 mètres à Qmâandey, au confluent delà Lanterne (mot déformé), où elle commence à devenir navigable. Celle-d est un assez gros tributaire, recueillant les eaux de Luxeuil et Plombières. La Sa&ie reçoit ensuite à gauche le Durgeon, alimenté par les Frais Puits de Vesoul ; à droite, le Saâlcoi ou Salon, qui vient de Chalindrey, et arrive à Gray ; relié par im grand pont à Arc-lès-Gray, Gray est un port fluvial important sur l'ancienne route du fer qui unissait la Franche-Comté à la Haute-Maine.

Dès lors, la Saône entre dans l'ancien lac tertiaire de la Bresse, et se

traîne avec une infinie lenteur. Cette lenteur et l'abondance des eaux en font une rivière nu^estueuse, qu'envieraient des fleuves plus connus; en hiver, lors de la crue, très lentt à monter comme & descendre, la « Prairie 0, c'est-à-dire le lit majeur,

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