LA DIVISION EH DÉPARTEHEHTS
le Bas-Rhin fut supprimé uttalement et un département nouveau, la Meurthe-et- MoseUe, rassembla les lambeaux de la Meurthe et de la Moselle mutilées.
Dis l'armistice du ii novembre 1918, les territoires arrachés par la force en 1871 ont été restitués à la France et les autori^ françaises ont pris possesâon des che&lieux de nos anciens départements : Metz, Strasbourg et Colmar.
Malgré Tf^pareil tris nouveau qu'a arboré la nouvelle division administrative de 1790, on doit constater avec Léonce de Lavergne que les plus anciennes limites de pays et de provinces ont été plus fidilement suivies dans les délimitations départementales qu'elles ne Pavaient été, avant la Révolution, dans celles des généralités. Ainsi les départements, loin de contredire tout le passé de Tandenne France, se sont, pour, ainsi dire, insinués et indus dans ce passé en lui donnant même, par un effet rétroactif, une sorte de fixité supérieuie à la réalité des vidssitudes d'autrefois.
Non seulement les d^iartements ont maintenu une certaine fidélité à de vieilles unités provinciales, mais encore ils ont eu la puissance d'en créer de nouvelles en leur conférant un tris curieux caractère archaïque ; l'exemple frappant auquel nous pensons id est cdui de la Vendée. Quelques-uns des plus acharnés partisans de la vieille France s'im^ineraient aisément aujourd'hui que la Vendée est une antique inovince de la monarchie française et que ses titres remontent presque aussi haut que ceux d'une Lorraine ou d'une Bourgogne. Or la Vendée n'est que le tris modeste nom d'un département issu de la Révolution; ce département devait s'appeler le l^ ou même les Deux-Lay; or, comme les représentants de ces r^ons à la Constituante étaient eux-mêmes fort laids, on eut peur d'une interprétation ironique, et l'on alla quérir, pour baptiser la nouvelle circonscription révolutionnaire, un pedt afSuent secondaire (un affluent de la Sèvre Niortaise), qui écorne à peine la partie Sud-<st du département !
FiG. 149 — EN VENDRE. LE MOULIN. (A. Lepère.)
GÉOORAPHXE HUMAINE DE I*A FRANGE
Lors des guenes de 1793, les mots de Vendée et de Vmâéen prirent une si ardente signification qu'ils ont dépassé les limites du département oiigitiel. Aujourd'hui, la Vttidée paraît bien s'étendre jusqu'à la Loire, jusqu'à la rive Sud de la Loire inférieure.
On pourrait presque dire que la Vendée est devenue un mun.de province, et
FiG. 150. ■
- DANS LE DÉPAIITEMEIIT DE L'YONNE, A LA LISIÈRE MÊME DU MOXVAN : LE VIEUX PONT m LA CDSE A PIERKE-PERTHUIS. (A. Lepère.)
que cette province, à la fois naturelle, religieuse et pditique, ne commence dans le département même de la Vendée, qu'au bocage vendéen. Le coiss d'eau de Vendée, qui fut appelé à une destinée inattendue, se trouve couler seulement en bordure de toute la r^oc à laquelle les hommes appliquent maintenant son nom.
DBOiTS IT TiTEKB otOGBA- Lcs < provînces ■ OU Ics « r^ous » naisseut
PBIQUS8 DD BtaiONAusu qu renaisscut au gré des événements ; elles sont ce que nous les bisons. De là vient notre droit à envisager noo seulement
IiA DIVISION EN DÊPARTEUENTS
conune possible, mais comme Intime et nonnal, un groupement nouveau de la Franœ en grandes unités r^ionales. Au vrai. Ton souf&^ dans la situation économique et politique présente, de cette extrême division de notre France en petits casiera administratifs ; les départements, sans être aussi fiicdces qu'on Ta souvem prétendu, ne anrespondent plus, il &ut le reconn^tre, à la vie de drculation, de consommation et de production d'aujourd'hui. Us ont été délimités en vertu de cette .considération générale que, de ixnis les points, cm pût arriver au chef-lieu dans un délai de vii^-quatre heures.
Condition ^ihémère qui doit forcément rendre caduque l'œuvre accomplie dans la mesure même où les pn^rès des transports ont modifié les rdations entre les hommes !
Aussi, depuis plus d'un demi-siicle, les prc^ets se succèdent pour tenter une .œuvre révolutionnaire, analogue à celle des Constituants. Auguste Comte, dis i S54, L£ Play, dès 1864, et apris eux de tris nombreux géographes, économistes et parlementaires, parmi lesquels (m doit dter P. Fondn, Vidal de la Bladie, Henri Mazel, Morlot^ Charles-Brun, Ifenri Hauser, F. Jean-Desthîeux, de Ramei, Jean Hennessy, Qémentél, etc., tmt esquissé des plans de réorganisation administrative et de distribution de la France par « r^ons ». Cependant la formule définitive ne parait pas encore trouvée j une r^nne d'un tel ordre doit être calquée sur les réalités géc^raphiques de la vie sociale la plus profonde et de la vie économique la plus nouvelle. H nous ap[nrtient sans doute d'aider à les discerner ;
FiG. 151. — DdPAKTEMEHT DB L'AISNE. L'ARCHtTBCTUKE DBS PUTXAUZ AU KOÊD DE L'AISNB (toÙ page 384) : PAIS5T.
(A. Upère.)
GÉOGRAPHIE HUMAINE DE I.A FRANCE
au a>urs de toutes les études de nos deux volumes, — sur les maisons et les villages, sur les villes en général et sur nos capitales r^:ionales, sur les voies et moyens de communication> sur les cultures et sur les élevages, sur les exploitati<»is maritimes et minières, sur la houille blanche, sur les genres de vie enfin et sur la démographie sociale et politique, — nous nous laisserons discri^nent aa»mpagner par cette salutaire et si opportune préoccupation.
Il y a dix ans, dans notre Géc^apMe humaine^ nous avons déjà noté que, de tous les e faits essentiels » par lesquels s'inscrit l'activité des hommes sur l'épidémie terrestre, la maison est sans doute le plus géc^raphique et le plus révélateur : « Elle est un ^t souvent considérable qui utilise en général des ressources naturelles mutes proches, et elle est un ùàt qm dure sur un emplacement déterminé... Phénomène localisé et fixe, l'habitation est par excellence un phénomène géographique... » Nous av<»is ajouté : « H n'y a pas d'oeuvre géographique de l'homme en un point de l'espace sans que s'y ajoutent, s'y juxtaposent ou s'y superposent des fiiits d'habitations. Tout aboutit à la maison et aux agr^ts de maisons, villages ou villes, si bien qu'au terme extrême de toute étude de géographie htmiaine, quels qu'ils soient nous serons contraint d'examiner et de constater œmment ils se traduisent encore et en outre — corollaires ou conséquences — par des maisons éparses ou a^omérées. » (2* édition, 1912, p. 52^ 53.)
C'est en vertu de cette prééminence que mut d'abrard les chapitres qui suwent sont consacrés à des études r^onales de types de maisons et de types de villages. Rien ne saurait mieux manifester les réalités fondamentales et diÉSrentielles des ' provinces > et des « pays » de France : nous l'allons démontrer.