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TYPES RÉGIONAUX DE MAISONS ET CARTE 'GÉNÉRALE DES TOITS

Il y a des maisons blanches, des maisons roses, des maisons rouges, ] des maisons brunes, des maisons noires. Car il y a des maisons de calcaire blanc (Touraine ; Barrois) et des maisons de grès rose (Vosges; Pyrénées : Saint- }ean-Fied-de-Port), et des maisons de briques (Toulouse ; Albi ; Roubaix ; Sologne), et des maisons de troncs brunis (vallées alsaciennes des Vosges ; Alpes ; Jura), et des maisons de basalte (Qennont-Ferrand, Saint-FIour, Salers). H y a surtout des maisons de toutes ces nuances de la pierre qm vont du jaune au gris.

n y a des toits de chaumes, des toits de plaquettes de bois, des U»ts d'ardoises et des toits de tuiles ; il y a des tuiles de pierre et des tuiles d'ai^ïle ; il y a de l'argile presque blanche et de Targile toute ronge ; il y a l'antique tuile dont le rouge profond s'enrichit en vieillissant de tons violets et noirs, et il y a la tuile de Montchanin qui se refuse même à devenir moussue ! Il y a des toits aigus et des toits plats, des ^ts à longue pente et des toits courts, des toits symétriques et des toits à pentes inhales, plus pinoresques, aux formes plus enveloppantes, aux lignes plus artistiques, n y a des nudscms qui ne sont que des grottes et d'autres qui ne sont que des

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huttes. Il y a des maisons qui ne sont presque qu'un fenil et d'autres qui ne sont qu'une écurie ou qu'une étable, et d'autres qui ne sont qu'une cave surâevée Mtc pour s'emplir de tonneaux..

Il y a des maisons composées de plusieurs bâtiments spécialisés, tantôt disposés autour d'une cour fermée, espèces de ch&teaux forts ruraux (Flandre), tantôt donnant sur une cour ouverte avec un bâtiment pour diaque fcmcdon de la ferme (grands domaines du Limousin). A ce type de la ferme carrée s'oppose le plan en file droite tous les bâtiments étant accolés les uns aux autres (Carcasses). Ailleurs la maison concentre en elle, sous un seul grand toit, toxis les organes de l'exploitation (chalet montagnard, qui est celui des Vosges ou du Pays Basque ou des Alpes).

CABAHis RONDES En quelques points de notre France, subsistent des types

DK piERBis d'habitations qui sont ncm pas seulement le reste, mais le témo^vage des manières de vivre de nos très lointains ancêtres.

A VSiS^ du reime, à la fin de r^X)que paléolidiique, au moment du grand épanouissement d'art de l'âge magdalénien, le climat, devenu sec et froid, avait pour ainsi dire enfoui de plus en plus les êtres humains, les chasseurs de rennes, sous les abris sous roches et dans les grottes. A l'apogée de l'art pariétal des grottes a dû correspcoidre un développement marîmiim de la vie troglodytique (enn^>les : Laugerie-Haute et Laugerie-Basse, [ffès des Eyzies).

Or fl est encore parmi nos contemporains, des hatntants de cavernes ou de grottes (des trogiodytss). Ici ces trous habités s'appellent des creuttest et là des baves.

Aux &laises de l'Aisne, comme sur FiG. 152.- iaibsel(do»docne):™b CABANE lOOTE ifij botds dc la L(»rc dans Ic Séuo-

CœCTRDni EN PIERRES SÈCHES ET RBCOOVEETE DtN . "*«*" "»- *" *-w"*.ï ««« * «—w-

TOIT tàn DE PLAQUETTES DE cALCADiB. (j. Patiuoa.) Dsis comme eu Pér^ord, sur les

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rives du Loir comme sur celles de la Semé, nous trouvons des habitations encastrées dans le roc. Le plus souvent, comme au village de Pa^nan au Nord de l'Aisne, l'ancienne grotte est devenue la cave ou l'écurie; la maison s*est développée d'abord modestement, en avant du trou de nos ancêtres préhisu>riques, et le village tout entier semble s'être développé en espalier formant balcon au-dessus de la vallée.

Loches et les villages de la vallée de llndre semblent à pdne sortis de leurs grottes et s'allongent comme s'ik étaient encore liés à elles.

Un autre r^ d'habitation très ancienne est représentée par la cabane ronde en pierres sèches. On la rencontre dans le domaine préhistorique de la Dordogne et de la Vézère : à Saint-Léon-sur-Vézère, à Laussd, comme dans toutes les r^(ms des grands plateaux calcaires des Causses, notamment dans le Bas-Quocy, ou même sur les talus orientaux des Cévennes, dans les environs d*Uzès, par exemple. Elle ne sert plus maintenant que d'abri pour les pâtres ou de retire-tout pour les instruments de travail; mais la tradition de sa constructicm persiste ; de là rinrërêt qu'elle présente (Jg. 152, 153 et 154).

S convient en efiet de rapprocher ce type de constructicm de ces âmieux monuments préhistoriques qui sont les talayots des Baléares, les nouraghes de Sardaigne ou les specchie de la terre d'Otrante, au Sud de lltalie. Aussi bien ces ruines archéo- If^ques voisinent encore à côté de modestes habitations du même type : harracas de Minorque ou trulH des Fouilles ; lorsque le truUo se termine par un u»t conique, habilement Eût de petites plaquettes de calcaire dites chûmcardU, il s'appelle ime casèUa.

Toutes ces constructions, comme celles de diez nous, sont essentiellement cons-

FlG. 153. — SAnrr-UOH-SDK-VMRB (DORDOGNE) : UNE AUTU CABANE lONDB EN PIERRES SACHES DE STTU PLUS FKUSn ET DE TOIT MOINS SOIGNA XPJE LA PRÉ- CAdeNIE. (J. PatiMou.)

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tituées par des anneaux circulaires superposés qui, vers le haut, font de plus en plus saillie à l'intérieur et déterminent des coupoles hémisphériques ou coniques vraiment par&ites.

Ce ne sont pas là de simples restes du passé ; la tradition est toujoiirs vivante : les paysans savent encwe répara: ou reconstruire ces abris, en France comme dans

les Fouilles. Dans une partie des PoiiiUes, ce mode de construction sonble si bien adapté aux ctuiditions générales du pays et il a encore une telle vitalité qu'au dixseptième siècle, de rural et dispersé qu'il était, il est devenu aggloméré et urbain pour s'épanouir dans cette petite ville qui est un chef-d'œuvre et qui est un musée, Alberobello.

L'exemple ezceptioniul d'Alberobello doit noiis apprendre à mieux comprendre le sens des omstnictions rondes de notre pays. Quand nous rencontrons, blottie derrière un mur de pierres cm sous les arbres de qudque verger une de ces petites cabanes terminées par un ingénieux toit ccmique, nous devons savoir qu'elle ne relève pas seulement de l'archéologie, mais de Tactudle et réelle ^ographie humaine. La demeure a subsisté, mais aussi les procédés humains qui se sont transmis jusqu'aux hommes de notre âge.

Beaucoup de types de nos demeures paysannes remontent ainsi à une très haute antiquité. L'habitation entraine un ensemble -incommensurable de formes diverses et aussi de vestiges plus ou moins éphémères et successif. Des ruines qui avaient été jadis considérées comme les restes de fortiûcadons ou de monuments, tels les amas de pierres appelés Rotteln par les gens de Sarrebourg, ne sont autre chose que les vestiges d'habitations et d'établissements celtiques dans la r^jon des

FiG. 154. — PRÈS D'UZÈS (GASD) : UNE CABANE RONDE DE PIERRES SANS OMBNT DE TYPE TOUT A FAIT PRIMItlF. 0- PatUwu.)

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Vosges (i). De même, Picore en Lorraine et dans les Vosges, les milliers de petites excavations dites mardelles doiv^it être aujourd'hui interprétées comme ayant formé le sol d'argile battue d'habitations faites d'un toit conique ^i branchages qui reposaient à même la terre sur le pourtour de ces trous (2).

Loin de nous l'idée que les maisons de France soient dérivées d'un seul type originel et qu'elles aient ensuite évolué partout de la même manière. Les maisons françaises ont dû toujours être diverses. Dès l'origine, des huttes ont coexisté avec les grottes des pays calcaires, des cabanes de bois ou de torchis avec des cabanes de pierres. L'histoire pourrait nous raconter les luttes entre ces dissemblables types d'habitations, leurs invasions respectives, leurs compénétrations. La géographie nous montre, plus d'une fois, entre les domaines difiérendés des divers types, des zones de transition ou zones de bataille. Chaque type a sa vie propre et il exerce aussi une action sur les types voisins.

Aussi bien la maison rurale ne se compose pas que de bâtiments, mais d'un ensemble d'éléments qui l'accompagnent : prairie, verger, courtil, champs de chanvre, ainsi que des meules, d'une mare ou d'une fontaine, de certains arbres, acolytes traditionnels de telle ou telle maison : chênes ou châtaigniers, platanes ou cyprès...

L'histoire des exploitations rurales de France est une histoire vivante : tantôt ce sont des arbres nouveaux qui surviennent ; tantôt c'est une culture ou un assolement brusquement introduit ; tantôt c'est un mode de. couverture substitué à un autre... Bref la France est peut-être le territoire fait de « pays » variés où l'habillement de la maison est le plus bigarré ; en chaque r^on l'habitation paysanne a sa robe à elle et ses accessoires à elle. La France est la terre aux cent types de maisons !

n serait Êistidieux de les décrire tous. Ou, mieux, ce devrait être l'objet d'un livre tout entier, tâche en tous points digne de tenter un vrai géographe (3). Id,

(i) Rensch, KdHsche Sieddungen in den Vçgesefty 1912.

(2) Chr. FnsTER, la Lorraine^ le Barrais et les Trais-Evêchés (publications de la Revue de synthèse historique). P&ris, 1912. Nous examinerons plus loin le type vendéen de la baurrine^ qui est un des plus élémentaires qu'on puisse, de nos jours et chez nous, encore observer, et qui n'a été décrit ni parPAS- SERAT dans ses études sur le Poitou, ni par les collaborateurs de VEnquêu sur les conditions de Phabita" ùon en France d'A. DE Foville. En revanche, elle est notée dans le volume dll. Baudrillart, les PopU" lotions agricoles de la France, Maine, Anfou, Touraine, Poitou, Planire, Artois, Picardie, Ile-de-France. Paris, 1888, p. 205.

(3) On trouve de nombreuses informations dans les deux ^volumes de VEnquête sur les conditions de rhabitation en France, les nuùsons-types, enquête organisée et menée par A. de Foville au nom du Comité des travaux historiques et scientifiques^ Le premier volume a paru en 1894 ^^^^ une Introduction d'A. DE Foville lui-même; le second, publié en 1894, ^t précédé d'une forte Etude sur les origines et les vicissitudes de rhabitation en France, par J. Flach.

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poui notre ouvrage et selon notre plan, s'impose le choix de beaux « échantillons ». On doit en appeler aux cas les plus représentatifs, et pour qu'ib apparaissent avec toute leur signification historique et géographique, on les prendra plus d'une fois tels que, dans une même r^on, deux types voisins et presque contraires soient juxtaposés ou même entremêlés (i).

L'XTCBX BAsqui R LA Feu de pays ont un aspect physique axissi sem-

MAisoH B^ABHAiSK blable quc le Pays Basque et le Béam; ils sont le pnd(mgement l'un de l'autre et forment, à eux deux, cette longue plaine mame- Imnée qui se déroule de l'Océan à la Bigorre entre la montagne et la Ismde. Cependant on trouverait difficilement deux pays voisins, possédant des types d'habitation aussi dissemblables et qui fossent à ce point la oontradictiQn figurée l*un de Taatre.

La maison basque, Vetche, ne comprend qu'un seul bâtiment, lequel se résume en deux parties essentielles :

unefiiçade unique et un immense toit.

Les autres c^t^ sont n^|%eables ou même souvent invisibles quand la mais(m est adossée à une pente.

La grande âiçade blanche qui s'étale largement sous un vaste toit, est la partie vitale de la maison ; toute l'installation agricole, habitation, étable, grange, s'éclaire sur elle seule et c'est un vrai prodige que d'avoir aéré et rendu accessiUes toutes les parties de la ferme en n'utilisant qu'une seule façade (J^. 155).

Le rez-de-chaussée est en plaques de calcaire ; au milieu s'ouvre la grande pOTte âe la grange-remise, pièce capitale pour cette population mi-pastorale mi-agricole. Autour se rangent en bas-côté, à droite, l'étable, peu importante (les troupeaux sont la plupart du temps dans la montagne ou dans la lande) ; à gauche, l'habitation qui souvent occupe aussi le premier étage. Celui-ci est soutenu par des poutrelles

PiG. 155. — L8 TT?E ES LA. FAÇADB DB L'BTCBE BASQDB. {A. Ltpin.)

■ (i) Pour les trois diapities qui suivent et qui traitent du peuplement — maisons et villiges — un de mes jeunes disciples, Pierre Deffontaines, m'a donné la collaboration de son information étendue. Ce concours s'est traduit non seulement par des iâits précis, mais par des klées neuves. J'ai tiré psrticulièrement profit de ses notes et indications personnelles pour tout ce qui concerne le Pays Basque, le Béam et le Limousin.

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très apparentes, peintes couleui ocre. Quelquefois un deuxième ét^ le couronne, muni d'un balcon.

Le Basque aime cette Êiçade ; il met le plus grand soin à en choisir Tea^ioâuoQ puisque c'est en elle que se concentre toute la vie de la maiscm. H l'oriente toujours vers l'Est, lui &isant tourner le dos aux vents humides et violents de l'Ouest. C'est la façade qui exprime la richesse ; on la blanchit fréquemment et le bocage sombre paraît ainsi tout tacheté de petits points blancs ; on en sculpte les poutrelles et on grave des inscriptions euskariennes sur le linteau des portes.

Le second âément de la maison est le grand toit en tuiles creuses. Il est des plus simples : deux pans seulement, très longs, à pente &ible, souvent de dimensions inégales; l'arête est per-.

pendiculaire à la façade; le toit couvre à lui seul teute la ferme et ses dépendances; il &it scmger à une de ces grandes tentes des douars a&icains abritant gens, bêtes et réœltes Ofe. 156)..-

A l'etche basque-type (qu'on rencontre aussi ^>arse à travers la campagne du Labourd) se rattachent peu de omstruc- '■"■^'^''> .

tions annexes, puisqu'en elle-même elle concentre toutes ses dépendances. n lui &ut cependant une mare d'eau qui est toute jaune, résultant de la décomposition dès calcaires marneux sous le piétinement du bétail, ime touffe de vieux chênes, dont l'ombrée puissant révèle de loin la présence d'un établissement humain, ou une voûte de platanes, arbres conquérants du Midi, qui détrônent de plus en phis les chênes atteints de maladie ; il lui ùaxt ses meules de foin (non lié) soutenues par une loi^e perche, laquelle est coifiée de quelque ustoisile de cuisine comme un mât de cocagne rustique ; il lui faut encore sa source ou son puits. Petit numde merveilleusement uni et très bien adapté & sa fin. Ce type très simple est aussi très souple. Dans les villes, il a dû se modifier. La ûçade s'est haussée, les arêtes des toits, orientées perpendiculairement à la me, dessinent deux lignes de vallonnements

FiG. 156. — LA DISPEKSION DBS MAISONS BLANCHES COUVERIBS DB TOrrS A TUILES CREUŒS OAHS LA CAMPAGNE DU ?AYS BASQUE.

aux ondulations régulières et parallèles qui font songer à certaines dispositions des toits de villes flamandes. Dans la r^on de Saint- Jean-Pied-de-Port, on utilise, pour la fàçsidcy de beaux moellons de grès rouge qui donnent un aspect beaucoup plus monumental. On cherche aussi de plus en plus, pour remédier à l'absence de bois, à construire toute la façade en plaques calcaires sans poutrelles. CeUe-d est alors tout unie et perd son cachet de chalet montagnard. D'ailleurs, la forme de chalet montagnard, anormal en cette plaine du Labourd, est peu à peu supplantée par une autre forme, sans caractère, venue des plaines de la Garonne, celle de la maison carrée au toit à quatre pans presque plats. La vallée de la Soûle échappe aussi au type basque, elle est peuplée par la ferme béarnaise.

De Tetche basque, combien difiërente est la maison béarnaise ! H s'agit id d'une véritable ferme et non d'un chalet rustique. Les bâtiments se disposent autour d'une cour; en général au nombre de trois, ils comprennent la maison d'habitation d'aspect confortable, l'étable flanquée d'un poulailler-porcherie très spécial, la grange-remise, qui est le bâtiment le plus important et le plus caractéristique avec sa grand'porte plein cintre en beaux moellons. Les toits à quatre pans sont couverts d'ardoises des^ Pyrénées. Ce type d'habitation, qui rappelle certaines maisons de paysans aisés de llle-de-France, peuple les fertiles vallées des Gaves. Les habitations y sont groupées en gros villages (i) ; elles sont bâties en galets retirés des Gaves ; tantôt les murs extâieurs ont un aspect bossdé assez grossier ; tantôt, par les lits très r^uliers de cailloux posés de flanc, ils offrent un trait de structure fort décoratif.

Le château d'Henri IV à Pau, malgré le badigeon fâcheux dont on a cru devoir le couvrir décemment (!) est également construit de bandes bien alignées de cailloux roulés.

Mais sur les plateaux aux terres légères, pays aux grands métayages pauvres, les maisons ont un air moins plantureux ; elles sont bâties en plaques calcaires jaime grisâtre ; une poutre de bois tient lieu du plein cintre en pierre de la grand'porte. La maison est isolée, sur la crête des plateaux, cachée sous un bosquet de gros chênes et tournant le dos aux v^its de l'Océan. Dans la partie ocdd^itale du Béam, à l'Ouest d'Orthez et de Navarrenx, la tuile plate qui imite l'ardoise la remplace et donne des toits très souples aux formes les plus curieuses ; c'est, ^i grande partie, aux bizarreries de. leurs toits que Salies et Orthez doivent le pittoresque de leurs

(i) Très souvent, dans les agglomérations béarnaises, les maisons contiguës, au lieu de s'appuyer sur un même mur mitoyen, sont séparées par un étroit couloir (Salies-de-Béam).

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rues ; elle ménage, en outre, une transition entre la tuile creuse basque et l'ardoise béarnaise. On entre ainsi dans le curieux domaine des formes de transition entre le chalet du montagnard et la maison du paysan de la plaine.

Si l'on part du Faj^ Basque, par exemple de Saint-Falais, véritable carrefour où se sont donné rendez-vous tous les types de maisons de la r^on, on voit d'abord les tuiles plates envahir le grand toit en tuiles creuses ; mais comme la tuile plate ex^ une déclivité plus rapide, le toit a été marqué par une rupture de pente ; la partie centrale, qui abrite toujours l'importante grange-remise, est couverte d'un revêtement béarnais ; toit pointu, à quatre pans, en tuiles plates. Sur les côtés, deux proloi^ements-anhexes du toit couvrent, respectivement, l'habitation et rétable, qui gardent toujours leur place subalterne, et ces deux bascôtés ont leurs toits en pente douce couverts en tuiles creuses à la manière basque (Jig. 157). Telle est la maison rurale de Sauveterre et de Saliesde-Béam. Le plan est nettement basque en œ que toutes les dépendances s'abritent sous un seul toit, mais déjà im changement de forme et de pente indique la spécialisation des diverses parties de la ferme.

En continuant notre route vers le Béam, nous voyons, peu à peu, la tuile creuse disparaître ; pais l'habitation se hausse par im étage à la hauteur de la grai^remise et perd son humble caractère de simple bas-c6rë ; un seul toit couvre toujours ces deux parties devenues égales ; souvent encore, le toit va en s'infléchissant au-dessus de l'habitation en souvenir de l'ancienne suzeraineté de la grangeremise ; retable garde plus Icmgtemps sa place secondaire. Mais, plus loin, ces diverses parties acquièrent une individualité propre; le logement des maîtres forme un bâtiment séparé ; Tétable devient indépendante, elle aussi. Encore plus à l'Est, et d'abord dans la vallée, Tardoise conquérante remplace peu à peu la tuile plate qui est partout en voie de recul.

FiG. 157.

LA MAISON DB TRANSITION ENTRE LA MAISON BASQUE ffl LA MAISON BÉARNAISE. (A. Lepire.)

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La zone-limite n'est pas tant une zone de combat où Ton pourrait noter des transgressions, qu'une zone de fusion où se sont développées des formes faites d'un croisement singulier ^itre la maison de la montagne et la maison de la plaine {fig. 158).

^ASCOGJtE:

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