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LES PROBLÈMES MONÉTAIRES

nécessaires à l’existence : le pain, la viande, le bois, les vêtements, les chaussures ; les articles de luxe y échappèrent généralement. Il en était de même du blé, car ce qui importait avant tout, en la matière, était d’assurer une production suffisante, et l’on craignait qu’elle ne fût entravée par l’imposition d’un prix maximum. Le Conseil du roi se refusa à réglementer les loyers, de peur de décourager la construction, se contentant de faire exception pour les chambres garnies à louer, qui donnent heu « à une espèce de regratterie qui accoutume les hommes à ime grande oisiveté ». Les bénéfices de certaines professions, particuhèrement ceUes qui concernaient les produits alimentaires, étaient également réglementés. La royauté fit preuve d’une compréhension assez large des nécessités économiques, pour l’application du système ; on s’efforça de l’adapter aux exigences du moment et du lieu ; on consultait les représentants des divers intérêts, on recommandait aux autorités de tenir compte de la loi de l’offre et de la demande ; on faisait jouir d’un régime de faveur les marchands étrangers à la ville pour les encourager à augmenter par l’apport de leurs produits l’approvisionnement du marché. Ainsi s’effondrait le régime du marché fermé qui, nous le savons, était le support indispensable du système corporatif. Les ordonnances permettaient la taxation générale des salaires, ce furent en fait les ouvriers non qualifiés qui virent fixer leur -rémimération. Celle-ci n’était d’aüleurs pas déterminée pour donner à l’ouvrier le salaire minimum, conforme au coût de la vie, mais selon les principes de la politique économique mercantiliste, pour s’efforcer de réduire les prix, par l’abaissement d’un des éléments du coût de production. Il semble que si la taxation parvint, dans une certaine mesure, à réprimer les excès des spéculateurs, elle n’atteignit pas son but essentiel, eUe ne pouvait l’atteindre, puisque le taux des prix avait pour cause principale l’abondance du numéraire.

La royauté recourut, indépendamment de la fixation autoritaire des prix, à des procédés multiples, en vue d’enrayer la hausse des prix; et l’interventionnisme trouva,dans cette matière, l’occasion de s’affirmer de diverses façons. On crut bon de créer des offices nouveaux pour le contrôle de certaines professions : jurés priseurs et compteurs de foin, jurés vendeurs et contrôleurs de vins, jurés vendeurs de bestiaux, etc. On interdit la formation des ententes entre producteurs pour maintenir ou élever les prix, entre salariés qui s’opposaient à l’abaissement des salaires ; on prit des mesures nombreuses contre l’accaparement; on poursuivit les intermédiaires, les regrattiers qu’on accusait de faire monter le prix des denrées ; on favorisa la création de magasins municipaux, afin de procurer les articles de consommation courante au prix coûtant et de faire baisser les cours. Enfin on s’efforça d’approvisionner largement les marchés grâce à des dispositions analogues

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

à celles que nous avons observées au moyen âge, dans les corporations. L’autorité royale s’efforça d’assurer la vente des marchandises entre petits producteurs et petits consommateurs, dans les conditions les plus favorables. La politique économique générale subit l’influence des préoccupations de la royauté, en présence du coût de la vie; l’encouragement doimé à la production et les prescriptions des édits somptuaires répondirent, dans une certaine mesure, à ces préoccupations. Enfin Henri III, comme nous l’avons vu, chercha à résoudre le problème par des solutions techniques, et l’ordonnance de 1577 s’efforça de stabiliser les prix par l’emploi de l’écu d’or, monnaie « ferme et non variable », comme monnaie de compte. La hausse des prix résista à tous les remèdes, ceux d’ordre monétaire comme ceux d’ordre politique ou économique. L’équüibre ne devait reparaître qu’après adaptation des stocks de marchandises, des besoins et de la quantité de monnaies nécessaire aux transactions.

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