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III. — Le crédit privé. La monnaie. Les assurances

Le crédit privé, les banques La Banque de France est dès la fin du sous LA RESTAURATION Premier Empire à la tête de l’organisation du crédit privé en France. Elle est, en 1815, encore alourdie par le concours qu’elle a dû fournir à l’État, au moment de gêne extrême et malgré la répugnance de MolHen pour de pareils procédés. Mais dès les premières années de la Restauration, la situation s’améHore. Les dépôts qui étaient de 52 millions, en 1815, s’élèvent à 86 millions en 1830 ; la réserve métallique passe de 93 milHons à 172 millions. La Banque ne profitait point de l’essor général pour s’imposer en province. Elle acceptait au contraire que l’initiative privée créât, dans presque toutes les villes, exerçant une influence régionale, des banques ayant un droit d’émission pour leur région respective. Il est vrai que la plupart de ces créations périclitèrent, ayant voulu mener de front les commandites aux affaires qui comportent des prêts à longues échéances, tandis que la plupart de leurs ressources provenaient de dépôts à court terme.

A Paris, se développaient d’année en année d’autres établissements bancaires, constitués par des entreprises dont la plupart des chefs étaient d’origine étrangère. Le crédit de ces maisons était en quelque sorte international, et supérieur même à celui de certaines puissances. Les gouvernants négociaient avec elles et souvent prenaient leurs ordres. Il n’était pas possible d’étudier un emprunt d’État

LA VIE ÉCONOMIQUE DANS LES FAITS

OU une conversion sans obtenir leur concours. Grâce à un service de renseignements internationaux, ces banques, qui avaient des relations étroites entre elles et des correspondants à l’étranger, pouvaient - ^

faire l’arbitrage des effets, des marchandises et des métaux précieux sur les différents marchés mondiaux. Leur activité consistait dans la vente et l’achat d’effets et de valeurs mobihères pour le compte de tiers, dans le commerce de l’or et de l’argent, et même des marchandises, tant en France que sur les grands marchés étrangers. Avec le développement de la vie économique, des grandes entreprises industrielles et des chemins de fer, les opérations de ces maisons se développèrent. A la tête de cette pléiade de banquiers nous trouvons la maison Rothschild. A côté de celle-ci on rencontre les Mallet, Hottinguer, Fould, d’Eichthal, Cahen d’Anvers, Marcuard, Paccard- Dufour, Mirabaud, Blanc-Collin, Hentsch, Odier, Vemes, etc. La Bourse constitue alors un marché

UNE BANQUE SOUS LA RESTAURATION : LE CAISSIER (D’après une gravure anonyme de l’époque).

étroit, aux mains de quelques capitahstes. Cependant le gouvernement de la Restauration fait de sérieux efforts pour élargir la négociation de la rente. Dès les débuts de la monarchie de Juillet il y aura quarante-quatre valeurs cotées à la Bourse de Paris. En 1836, ce total est de quatre-vingt-dix-neuf. Ce sont surtout des fonds d’Etats étrangers : Belgique, Grèce, Hollande, Prusse, États Sardes. L’influence de la maison Rothschild, spécialisée dans les prêts aux gouvernements, a obtenu ce résultat. Bientôt la cote est ouverte aux banques provinciales, aux valeurs de chemins de fer, aux compagnies de mines, et en 1847 le nombre des titres cotés est de 198.

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

Le Développement du cré- La Révolution de 1848 fut la cause de troubles DIT AUX ENVIRONS DE 1848 profonds pour le mécanisme financier constitué au cours de la première moitié du dix-neuvième siècle. Une crise commerciale éclate en septembre 1847; une mauvaise récolte empire la situation, car elle entraîne l’obligation de faire des règlements importants à l’étranger. La réserve métallique de la Banque de France tombe, dans le courant de l’année 1847-1848, de 244 millions à 71 millions. La situation paraissait grave. Elle eut par la suite, pour conséquence, ime transformation et une extension des services de la Banque de France. Au mois de février 1848, après avoir fourni un large concours à l’État, la Banque fut obligée de demander au gouvernement provisoire de décréter le cours forcé. Le 15 mars 1848, c’était chose réalisée, la circulation étant limitée à 350 millions. La même mesure dut être prise quelque temps après au profit des banques départementales qui se trouvaient dans ime situation plus fâcheuse encore. Les billets de la Banque de France, sous le régime d’inconvertibilité, conservèrent leur crédit ; celui des banques départementales s’effondra. Le gouvernement poussa alors la Banque de France à proposer aux banques départementales de fusionner avec elle; ce fut l’objet des décrets des 27 avril et 2 mai 1848. On supprimait en même temps le cours forcé et toutes les entraves à la liberté d’émission. Désormais la place de Paris va être dirigée, en dehors de la Banque de France, par de fortes person- ’ nahtés bancaires. Parmi elles, les unes réaliseront des créations audacieuses, tandis que les autres maintiendront une prudence traditionnelle. C’est au premier rang de ces dernières qu’il faut placer James de Rothschild. Il était surnommé : le roi des banquiers et le banquier des rois. Ses frères, installés dans les cinq plus grandes villes d’Europe, étaient en relations avec lui. Cette organisation familiale

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