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CHAPITRE VIII

L’ASSOCIATION DANS LES FAITS

V évolution des groupements ouvriers. — Les sociétés de secours mutuels. — Le marxisme et les forces ouvrières. ■ — La Commune et F Internationale. — Le développement de V associationnisme au lendemain de la Commune. — La reconnaissance du droit d^ association professionnelle. La loi de 1884. — V évolution syndicale de 1884 à 1914. ~ Les grands groupements patronaux. — Les comptoirs. — Les groupements commerciaux. — Ü Union des intérêts économiques. — Les syndicats agricoles. — La force ouvrière. Vidée de lutte de classes. — La Confédération générale du travail.

U lendemain même du vote de la loi Le Chapelier, les pouvoirs publics furent dans la nécessité de recourir aux bons offices des organisations corporatives, afin de prendre les mesures les plus salutaires à la vie économique. Dès l’époque du Consulat est posée la question de l’opportunité du retour à la réorganisation du régime corporatif. La Chambre de commerce de Paris, consultée sur ce point, se déclare défavorable à l’idée, et précise qu’il serait nécessaire de donner une réglementation légale aux rapports des patrons et des ouvriers.

La loi du 22 germinal an XI allait créer des Chambres consultatives des manu-

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

factures, fabriques et arts et métiers, afin de connaître les besoins de l’industrie et les moyens d’améliorer la production. Ces Chambres constituaient de véritables centres permanents d’enquêtes. Napoléon sollicité de rétablir le régime corporatif, déclarait qu’il voulait bien faciliter la réorganisation de conseils locaux, mais qu’il ne pouvait accepter im retour vers les formes du passé, non plus que la création de conseils supérieurs siégeant à Paris, qui se transformeraient fatalement en assemblées délibérantes. On sait l’aversion que l’Empereur manifestait contre ce genre d’institutions. La Restauration eut une attitude différente. Elle favorisa la création d’im conseü général du commerce et d’un conseil général des manufactures.

En dehors de ces organismes, le patronat fait preuve d’initiative pour la défense des intérêts corporatifs. Dès le mois de décembre 1814, les mitres de forges, qui se plaignent de l’importation des fers étrangers, se groupent et par leur activité ordonnée obtiennent la création d’une taxe de 50 pour 100 ad valorem, lors de l’hnportation des produits étrangers. Les bonnetiers imitent cet exemple, et désormais les mesures douanières susciteront une activité corporative qui aboutira fatalement à une organisation patronale. Sans doute cette dernière est en contradiction avec les dispositions légales, pourtant son existence est, en fait, tolérée par les pouvoirs publics.

D’ailleurs à côté des associations à but nettement intéressé, on voit apparaître des groupements d’études, notamment la Société pour l’encouragement de l’industrie nationale, qui, dès le début du dix-neuvième siècle, se forme afin de rechercher toutes les inventions susceptibles d’être utiles à l’industrie, s’engageant à les protéger et à diriger des expériences. Des hommes comme Monge, BerthoUet, Fourcroy, Chaptal en avaient été les initiateurs. Elle comptait bientôt les trois cents industriels les plus importants de France. Son exemple devait provoquer la formation de nombreuses associations similaires.

Désormais le patronat s’organise, sous l’impulsion des nécessités. D’ores et déjà la fibre concurrence produit dans certaines industries des conséquences fâcheuses. D’où l’idée toute naturelle d’en limiter les effets, grâce à des ententes. Telle fut, notamment dans la région de la Loire, la cause de la formation d’une Société générale des mines réunies. En 1837, ce groupement était suffisamment organisé pour acquérir le canal de Givors et le chemin de fer de Saint-Étienne vers le Rhône. Il en était arrivé à posséder non seulement toutes les concessions de la région, mais encore à détenir les moyens de transport. Cette iimovation n’aUa pas sans provoquer de vives critiques. Pierre Leroux fit paraître un pamphlet contre elle, intitulé : Le

MÉTIER JACQUARD POUR LE TISSAGE DE LA SOIE Modèle original du Conservatoire des Arts et Métiers.

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