CHAPITRE III
L’ASPECT SOCIAL DU PROBLÈME ÉCONOMIQUE
Les centres (L organisation patronale. — La force ouvrière au cours de la guerre. —
Les salaires et le coût de la vie.
D’organisation patronale devait être profondément modifiée par les événements du temps de guerre. On sait qu’avant 1914 le milieu des employeurs était déjà solidement organisé, tant dans l’industrie que dans le commerce, mais que bien des entreprises puissantes se désintéressaient encore de l’organisation collective. Elles vivaient, en quelque sorte, dans un splendide isolement. Au contraire, la guerre eut pour conséquence de modifier profondément la mentalité des dirigeants des affaires. L’économie étatiste, dont on a dit les modalités, obligeait les entreprises à se réunir soit en consortiums, soit suivant telle autre forme, afin d’obtenir de meilleures conditions de fournitures de matières premières. D’ailleurs l’État invitait, de la façon la plus pressante, les chefs d’entreprise à s’associer, à se grouper, afin d’éviter des discussions individuelles entre la direction des services ayant la responsabilité de la conduite de la guerre et les entrepreneurs. Le problème de la main-d’œuvre, qui ne pouvait comporter de solution un peu large qu’avec le concours des autorités militaires et civiles, entraînait notam-
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ment une organisation méthodique et centralisée, qui amenait un recul rapide de l’individualisme. Toutes ces circonstances expliquent l’essor de l’esprit d’organisation collective, dans le milieu patronal, au cours de la période qui va de 1914 à 1920.
Le gouvernement fit les efforts les plus sérieux pour donner à l’organisation patronale une armature à la fois régionale et centralisée. Le ministre du Commerce Clémentel, avant même que la guerre fût terminée, allait prendre l’initiative de l’organisation de centres économiques régionaux. Son projet s’appuyait sur les Chambres de commerce et s’inspirait des réahsations nées de la lutte. En effet, dès 1914, le problème complexe du ravitaillement en matières premières, et les questions de main-d’œuvre et d’alimentation, facilitèrent le vote d’ime proposition de loi Hennessy, qui demandait la création, dans chaque région militaire, de conseils techniques. Ces derniers, dès 1915 et 1916, furent transformés en conseils économiques consultatifs régionaux, qui prirent ensuite le titre de Comités consultatifs d’action économique. Leur siège était au chef-lieu de la circonscription militaire. Ils étaient présidés par le préfet du département où était ce chef-lieu et groupaient des représentants de l’autorité militaire, des représentants des grands organismes administratifs français, et surtout des industriels, des commerçants, délégués pour la plupart par les Chambres de commerce. Une fois la guerre terminée, fallait-il laisser disparaître cette forme de l’activité économique nationale ? On fit remarquer que les régions militaires ne correspondaient plus, en temps de paix, à des groupements d’intérêts économiques véritables. C’est alors que M. Clémentel élabora son projet de régionalisme économique, qui fait ime très large place au patronat groupé dans les Chambres de commerce. L’idée essentielle de cette conception prétend tirer des articles 18 et 24 de la loi du 9 avrü 1898 sur les Chambres de commerce, la faculté de réunir ces dernières par régions et de provoquer entre elles des ententes sur toutes les questions rentrant dans leurs attributions et intéressant leurs circonscriptions respectives. Le ministère demandait que chacune des régions organisât un secrétariat général qui serait le pivot de l’activité économique coordonnée, et qui créerait un lien entre plusieurs départements. La principale difficulté était dans la répartition de la France en régions économiques. Allait-on grouper les différents départements autour d’une industrie principale? Il est de nombreuses régions, en France, où il existe plusieurs industries dominantes. Dans le Nord, par exemple, devait-on sacrifier la filature ou la métallurgie à l’industrie minière? Quelle place serait faite à l’agriculture, qui demandait une large représentation dans l’organisation régionale? Suivant que l’on optait pour
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l’une ou l’autre des catégories, la constitution géographique du milieu économique était différente. Il fallait également s’attendre à des rivalités de ville à ville, dont Saint-Étienne et Lyon ont donné l’exemple au cours d’une lutte irréductible.
Le régionalisme économique aura abouti à des réalisations plus ou moins complètes, suivant les affinités des intérêts locaux. On peut constater que, même à l’heure actuelle, la conception de difficile application n’est que partiellement réahsée (i).
T ES CENTRES D’ORGANi- Le même ministre concevait la représentation du SATioN PATRONALE patronat sous une forme centrahsée auprès du ministre du Commerce. Toutes les grandes industries étaient réparties entre vingt et un groupes, ayant chacun ses caractères propres et son organisation administrative, c’està-dire un bureau, avec des présidents et des secrétaires, choisis parmi les hommes jouissant d’une autorité incontestée dans la profession. L’ensemble du groupement devait former un état-major de l’activité économique française, sous la haute direction du ministère du Commerce. Le miheu des affaires parut un instant séduit par le projet d’organisation générale qu’on lui soumettait, très rapidement des objections surgirent de la part des patrons qui firent valoir le caractère étatiste du projet. En fait, la conception de M. Clémentel a rapidement dévié vers une forme indépendante de toute tutelle administrative.
La Confédération générale de la production française, née le 31 juillet 1919, vit en dehors du miheu officiel. Elle réunit les personnalités représentant la pensée de l’activité française. Elle est en relations constantes avec la Confédération nationale des associations agricoles, qui a été fondée également en 1919. Grâce aux services de son secrétariat général, ce groupement puissant suit, au jour le jour, la préparation des projets de lois qui intéressent le commerce et l’industrie. Il participe, d’accord avec l’Union des industries métallurgiques dont nous avons dit la constitution, à toutes les démarches que son état-major juge utile de faire près des pouvoirs publics pour modifier ou éclairer leur opinion relativement à tel projet en cours, à teUe mesure douanière.
A côté de la Confédération générale de la production française, et en relations étroites avec eUe, l’Association nationale d’expansion économique comprend presque tous les groupements patronaux existant en France, aussi bien les armateurs que les métallurgistes, les agriculteurs, les viticulteurs, les assurances, les banques, les agents de change et toutes les unions commerciales qui sont ses adhérents. Ce
(i) Cf. Hauser, le Régionalisme économique. Collection Carnegie,
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groupe met en œuvre tout ce qui peut contribuer à l’extension économique de la France et recourt soit à des enquêtes, soit à des organisations effectives. Il a procédé, pendant ces dernières années, à des enquêtes générales sur la production agricole et industrielle. De nombreux volumes contiennent une documentation intéressante et variée. Il publie des Indicateurs de la production française, qui décrivent les branches de l’activité nationale; il a des services d’études, de contentieux et de renseignements utiles aux exportateurs.
Il est impossible de préciser ici toutes les réalisations dues au patronat organisé depuis la fin de la guerre. Disons seulement que, dans le domaine social, les assurances mutuelles contre les accidents du travail, les comités d’études d’allocations familiales, les créations de sanatoria pour lutter contre la tuberculose par des moyens préventifs, ont été constamment dotés de fonds de concours de plus en plus élevés.
Dès l’année 1918, et surtout au cours de 1919, les conflits entre employeurs et employés, qui avaient été à peu près nuis depuis la guerre, reparaissent. Le patronat de la métallurgie et des mines renforce alors son organisation, pour suivre de très près les événements et pour intervenir lorsque la grève éclatera. Un conflit se produit-il dans un établissement, la section de la métallurgie, du syndicat des industries métallurgiques, mécaniques et connexes de la région se réunit et en délibère avec le concours du président du syndicat. Si le conflit déborde l’industrie considérée, le syndicat régional se saisit de la question et en avise aussitôt la Fédération nationale qui, tout en laissant au syndicat la plus large initiative pour la conduite des pourparlers, lui donne néanmoins ses directives générales, en raison des répercussions que les décisions à prendre peuvent entraîner dans toutes les industries similaires de France. De plus, le syndicat soutient le groupe, en accord, s’il y a lieu, avec l’union régionale interprofessionnelle. Lorsque la grève se généralise et s’étend à toutes les industries de la région, l’union locale suit le conflit, avec l’aide de spécialistes de la Fédération régionale. Ainsi se sont constituées huit sociétés d’assurances mutuelles en cas de grève qui, par le jeu d’une cotisation fixe et d’une cotisation de garantie pouvant varier suivant l’importance des risques, distribue une allocation aux entreprises. Lors des années 1919 et 1920, alors que 650 grèves éclatèrent, elle a permis de couvrir 80 pour 100 des frais généraux.
A côté de ces groupements patronaux, créés après la guerre, la plupart des fédérations de l’industrie et du commerce qui existaient avant 1914 ont continué à manifester une activité pour le moins égale à celle d’avant-guerre. Quant à
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rUnion des intérêts économiques, dont on a dit précédemment la structure, elle prit une part très active à la consultation électorale de 1919. A tort ou à raison, on lui a attribué la plate-forme électorale qui rapprochait, dans une formation unique des éléments radicaux, les modérés, et parfois même les conservateurs. Ainsi fut formé le « bloc national ». Cette coalition entendait lutter contre le péril communiste et bolcheviste. Elle devait aboutir à l’élection de représentants qui furent gênés dans leur œuvre de politique fiscale, par les revendications de certains milieux professionnels qui avaient combattu vivement en faveur des candidats du « bloc national ». Ces circonstances sont à signaler dans une histoire économique et financière, si l’on veut comprendre toutes les difficultés qui ont surgi lorsqu’il a fallu construire notre système d’impôts durant les années 1919 à 1924.
La force ouvrière au A côté du patronat organisé sur les bases que COURS DE LA GUERRE j^ous avous dégagées, qu’allait devenir, de 1914 à 1918, le mouvement syndicaliste? Allait-il, conformément aux doctrines antimihtaristes et antipatriotiques, saboter la mobihsation, ou bien, au contraire, plaçant au-dessus de tout la défense du sol menacé par l’envahisseur, les chefs du syndicalisme français deviendraient-ils les collaborateurs des pouvoirs pubhcs dans l’œuvre de la défense nationale?
La seconde solution fut adoptée, comme nous l’avons indiqué et l’on est en présence de la phase que l’on a appelée : l’union sacrée. Elle se manifeste d’abord par la formation d’un ministère national, où des hommes comme Jules Guesde et Marcel Sembat voisinent à côté d’hommes comme M. Ribot. On crée ensuite à Paris un comité du secours national, où M. Jouhaux, de la Confédération générale du travail, siège à côté du Cardinal Archevêque de Paris. M. Jouhaux est ensuite nommé commissaire de la nation, pour soutenir le moral du prolétariat au cours de la lutte. Des délégués de la C. G. T. font partie de la commission supérieure des allocations aux familles des mobilisés ; enfin un militant du parti socialiste siégeant au Parlement, M. Albert Thomas, est placé à la tête du service de l’armement. Il va diffusant à travers tout le pays la doctrine de l’esprit de guerre, et promettant au prolétariat beaucoup plus de justice et d’équité sociale dans la période de paix. Le gouvernement, pour montrer aux militants du syndicalisme la sincérité de ses sentiments de modération, institue une commission permanente de conciliation et d’arbitrage, crée l’institution de délégués ouvriers dans les usines, en mars 1917, pour que les ouvriers aient des moyens directs de faire valoir leurs revendications près des fonctionnaires ou des contrôleurs de l’armée. Enfin, le
Parlement vote des avances aux organisations ouvrières qui distribuent des secours en faveur de leurs membres.
La politique de l’imion sacrée détournait-elle les militants de l’Internationale ouvrière ? Les relations internationales avaient été rompues à la suite de la déclaration de guerre. Cependant le prolétariat français conservait toujours l’espoir d’im rapprochement entre les travailleurs qui permettrait d’atténuer les antagonismes de peuple à peuple. Dès 1915, M. Jouhaux se rend à Londres pour conférer avec les représentants des syndicalismes alliés sur les possibilités de renouer des relations internationales. Il doit simplement constater que l’esprit de combat sévit dans toutes les nations et que les idées de fraternité sont en quelque sorte broyées. Il se rend, en 1915, à Berne, pour y rencontrer Bernstein et Kautsky. Il doit encore enregistrer une fois de plus qu’il est impossible de surmonter les sentiments d’hostilité entre les peuples. Il est vrai que, par la suite, à Zimmerwald, en Suisse, les leaders du socialisme allemand s’abouchent avec des militants syndicalistes français et ils constatent les uns et les autres qu’il n’est pas opportun de parler d’armistice, qu’il est simplement utile d’étudier, d’ores et déjà, au sein de chaque peuple, quelles seront les conditions que devront imposer les milieux ouvriers lors de la conclusion de la paix, pour obtenir une paix prolétarienne. La longueur de la guerre, les échecs de l’hiver de 1917 provoquent des troubles et de nombreuses grèves éclatent, notamment aux usines Citroën, dans l’industrie de la couture, etc. Les dirigeants syndicalistes veulent reprendre contact avec le prolétariat international. Des difficultés se produisent entre ces derniers et le gouvernement qui refuse les passeports au secrétaire général de l’union de la métallurgie pour se rendre en Suisse. A la fin de l’année 1917, un ministère arrive au pouvoir avec, comme programme, la lutte à outrance contre l’ennemi, et, à l’intérieur, contre le pacifisme. Un conflit très sérieux faillit se produire entre le gouvernement et la Confédération générale du travail à la suite de l’interdiction faite à des militants syndicalistes, qui étaient mobilisés, de se rendre à des réunions organisées par les impatients de la paix. A grand’peine le régime de l’union sacrée est maintenu jusqu’à la fin des hostilités. Dès les derniers mois de la guerre, la Confédération générale du travail exprimait devant le bureau de la Chambre des députés les desiderata de la classe ouvrière en ce qui concernait la rédaction du traité de paix. La venue en France des représentants de la Fédération du travail des Etats-Unis permettait d’étudier les conditions dans lesquelles on pourrait rédiger les clauses relatives à la matière du travail dans le futur traité. Lors de l’armistice, une détente entre les mihtants de la C. G. T. et le président du Conseil, M. Clemenceau, se produit.
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Celui-ci fait savoir aux dirigeants de la Confédération générale du travail qu’il est disposé à accorder aux masses ouvrières et aux organisations syndicales les plus larges satisfactions. C’est ainsi que le gouvernement joue un rôle très actif pour préparer le vote, en 1919, de la loi de huit heures, qui fut considérée, en quelque sorte, comme don de reconnaissance et acte de prévoyance nationales en faveui* du prolétariat français en raison de son attitude patriotique pendant la guerre. On voulait aussi assurer un régime de collaboration entre le capital et le travail. Le grand patronat avait donné l’exemple du rapprochement, puisque le Comité des forges avait conclu, les 17 avril et 28 mai 1919, avec la Fédération des métaux, un accord relatif à l’application de la journée de huit heures dans la métallurgie
C’est alors qu’arrive en France le président Wilson. La C. G. T. lui prépare un accueil très favorable et demande à tous ses adhérents de manifester fortement leur volonté de faire triompher les principes contenus dans les Quatorze points formulés par le président des États-Unis comme base essentielle de la paix. La C. G. T. professait tme vive reconnaissance à l’homme politique américain, qui avait relégué au second plan, dans un discours officiel, tout ce qui concernait pour l’avenir les mesures de défense en matière de propriété, et qui avait, au contraire, fait passer, en première Hgne, tout ce qui était susceptible de rapprocher les peuples et d’obtenir ime paix juste et humaine.
D’autre part, les milieux syndicalistes accusaient des tendances constructives Ils réclamaient, d’accord avec les pouvoirs publics, la formation d’un conseil économique qui, avec la collaboration des forces patronales et des forces ouvrières, dresserait le plan le meilleur de la société future. M. Clemenceau fait bon accueil à cette idée. Un décret est préparé pour réaliser ce dessein. Mais dès qu’elle en connaît le texte, la Confédération générale du travail déclare qu’elle a été dupe, que la proposition qui lui est soumise ne correspond en rien à l’idéal qu’elle poursuit. Elle se refuse à en accepter les termes. Elle cherche de son côté à organiser des commissions d’études qui doivent élaborer le plan de la société future. La vie syndicaliste devait désormais être compliquée par la prétention du miheu soviétique de critiquer l’attitude des chefs du prolétariat français pendant et après la guerre.
Les salaires et le Le syndicalisme offre moins d’attraits que par le passé
COÛT DE la vie à un miheu qui a surtout le souci d’éviter le chômage et de recevoir une rémunération haussant avec le coût de la vie. M. Lucien March a précisé les causes du renchérissement des prix pendant la période qui va de 1914 à 1920. Il fut surtout d’ordre monétaire. Au début de la guerre, les ouvriers et entre-
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preneurs des usines de guerre voient leurs ressources accrues, car il importe que l’État les encourage à être actifs et à avoir de l’initiative. Les hauts prix payés aux fabricants de munitions sont une cause de profits, de salaires élevés mais aussi de renchérissement. Les hausses de prix n’accusaient pas les bonds que l’on va voir au lendemain des hostilités. La monnaie française était soutenue par les règlements solidaires, avec l’Angleterre, puis avec les États-Unis à partir de 1917. Dès que cessera cette union, les prix seront en période ascensionnelle que seule, la crise de 1920-1921 arrêtera. Ces événements sont enregistrés dans les courbes des prix de gros. Si l’on représente par l’indice 100 les prix de la période 1910- 19 13, après observation des prix de 45 articles dont 25 matières industrielles et 20 denrées alimentaires, on enregistre l’indice 123,7 à la fin de 1914 ; 182,4 à la fin de 1915; 228,8 à la fin de 1916; 339,5 à la fin de 1917; 412,6 à la fin de 1918; et parallèlement à ces changements les moyennes de variations de salaires sont iio en 1915; 125 en 1916; 130 en 1917; 175 en 1918. La différence d’allure du mouvement des salaires et du coût de la vie s’explique par le fait que, pendant la guerre, le salaire individuel ne représentait qu’une partie des ressources familiales, et généralement une partie plus faible qu’autrefois. Beaucoup de chefs de famille vivaient dans les corps de troupes. Les femmes et les filles gagnaient des salaires, recevaient des allocations. Si bien que le revenu de la famille a pu augmenter plus vite que le coût de la vie, bien que la rémunération individuelle ait varié avec moins d’ampleur. Puis les ménages ouvriers ne paient pas de loyers pendant la guerre. Enfin on doit retenir que les salaires des manouvriers accusent une proportion de hausse plus grande que ceux des ouvriers qualifiés.
L’UNION NATIONALE ET LES ŒUVRES Le Sentiment d’union nationale pro- DE SECOURS ET D’ASSISTANCE voqua l’essor et la formation de nombreuses œuvres d’assistance. L’esprit de dévouement et d’entr’aide présida aux efforts de la Croix Rouge, du Secours national, des Comités de réfugiés du Nord, des Ardennes et de l’Aisne, du Clearing House américain, de France-Amérique. Cette dernière organisation disposa de plus de huit millions de francs provenant de dons en argent et de dons en nature qui permirent de secourir les familles et les personnes atteintes par les conséquences de la guerre. Nos alliés américains s’associèrent à nous pour aboutir à des réalisations qui demandèrent dans leur conception autant de qualités de cœur que d’intelligence.