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ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER

Locomotive du chemin de fer à prise de courant aérienne de la ligne Paris-Vierzon, inaugurée le 22 décembre 1926.

un grand nombre de villes étrangères. Ces Offices, administrés par des comités composés de commerçants et d’industriels, ont pour mission de rapprocher les commerçants français et les acheteurs étrangers, notamment en présentant, dans des foires périodiques ou dans des expositions permanentes, les produits de l’industrie française.

Les attachés et agents commerciaux, que l’on trouve auprès de la plupart des ambassades et légations, jouent un rôle important comme informateurs de nos

POLITIQUE DOUANIÈRE ET EXPANSION COMMERCIALE

commerçants sur les débouchés ouverts à notre production. Ils sont choisis par une commission composée en majorité de représentants des intérêts économiques et doivent garder un contact étroit avec ces milieux par une étude approfondie tant des besoins des marchés locaux que des possibilités d’exportation des articles français. Les séjours qu’ils font en France et les tournées qu’ils organisent dans les cercles industriels et commerciaux de chaque région leur permettent de renseigner utilement nos commerçants. En outre, ils sont d’excellents informateurs pour la préparation des accords commerciaux par la connaissance qu’ils ont de la situation économique des pays où ils résident.

L’OlEce National du commerce extérieur est essentiellement un organe de centralisation. Il rassemble les renseignements fournis par les agents de notre expansion commerciale, et tient à jour une documentation pratique, notamment en matière douanière. Il publie im bulletin hebdomadaire, le Moniteur du Commerce extérieur. Sous la direction éclairée de M. Guillaume de Tarde, il a été simplifié, complété, rendu actif.

La Banque Nationale du Commerce extérieur, sans avoir réussi à apporter une solution au difficile problème des crédits à l’exportation, n’en rend pas moins des services appréciés à nos exportateurs, tant par les avances qu’elle consent et par l’escompte des traites, que par les indications qu’elle donne relativement à la solvabilité des maisons étrangères, à la représentation des maisons françaises au dehors, et aux débouchés offerts à nos commerçants. Ses moyens d’action sont encore limités, puisqu’elle ne possède pas, en fait, la Uberté d’établir des succursales en France et à l’étranger, et qu’elle ne peut recevoir dans la métropole aucun dépôt. La Banque publie im bulletin mensuel d’études et d’informations économiques.

Le développement de notre commerce Si nous comparons les chiffres EXTÉRIEUR ET SON AVENIR (jg notre commerce extérieur, en

1925, avec les chiffres correspondants de 1913, nous constatons que la balance commerciale, de passive qu’elle était en 1913, est devenue active. En effet, nos exportations qui, en 1913, atteignaient 6 milliards 880 miUions de francs, ont dépassé, en 1925, 45 miUiards 413 millions, et nos importations, qui étaient de 8 milhards 440 millions en 1913, ont atteint 43 milliards 980 milHons en 1925, de telle sorte que l’excédent de nos exportations, égal à l milliard 430 millions, a remplacé l’excédent de nos importations qui était de i milHard 560 millions en 1913. Nos exportations, calculées sur la base de l’or, atteignent ii milhards 238 millions

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

pour 1925, au lieu de 6 milliards 680 millions en 1913 (i). Mais ces résultats ne fournissent pas d’indication précise sur nos facultés de règlements à l’extérieur. Les exportateurs ne rapatrient leurs devises qu’autant qu’ils ont une confiance certaine dans l’amélioration du franc. Sinon, ils évitent autant que possible de transformer leurs monnaies étrangères en francs, ce qui est une cause immédiate de dépréciation de notre change.

Il est intéressant d’examiner les chiffres respectifs du tonnage de 1913 et de 1925, tant pour les importations que pour les exportations. Le total de nos importations en 1925 est à peine supérieur à celui de 1913 (47 millions de tonnes contre 44 millions), et cette légère différence provient de l’augmentation des matières nécessaires à l’industrie, les importations des denrées alimentaires et des objets fabriqués étant inférieures à ce qu’elles étaient en 1913. A l’exportation, nous constatons une augmentation d’environ 13,7 pour 100 sur le niveau d’avant guerre (30 millions de tonnes contre 22 millions), les exportations des produits fabriqués qui, en 1919, ne représentaient que 17 pour 100 du chiffre d’avant guerre, étaient en 1925 de 183 pour 100.

L’examen comparé du commerce de notre pays avec les principaux pays étrangers donne les résultats suivants : parmi nos fournisseurs, les États-Unis occupent le premier rang, alors qu’en 1913 ils occupaient seulement le troisième : ils représentent 14,5 pour 100 de notre commerce. Après eux, viennent la Grande- Bretagne (33 pour 100 au lieu de 13 pour 100), la Belgique (7 pour 100, proportion inchangée), l’Allemagne (5,8 pour 100 au lieu de 13), Fltalie (3,9 pour 100 au lieu de 9 pour 100), l’Argentine (3,7 au lieu de 4,3 pour 100), le Brésil (3,1 au lieu de 2 pour 100), la Hollande (2,9 pour 100 au lieu de 1,9), l’Espagne (1,8 au ' lieu de 3,5 pour 100), la Suisse (1,7 au lieu de 2,8 pour 100). La Russie, qui représentait 5 pour 100 de notre commerce d’importation, a disparu de la liste de nos fournisseurs.

Notre balance commerciale se solde en notre faveur avec sept pays : la Grande- Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, l’Italie, l’Espagne, le Canada. Elle est passive avec la Suède, la Norvège, le Japon, les États-Unis, le Brésil, l’Argentine; elle est sensiblement en équilibre avec les Pays-Bas et la Tchécoslovaquie.

(i) En 1926 les statistiques douanières des sept premiers mois de l’année accusaient un déficit de près de 2 milliards et demi. En octobre et novembre la balance commerciale est redevenue favorable à la France et les résultats annuels nous laissent un excédent d’exportations. Mais la plus grande incertitude est imposée pour l’avenir, à cause des effets que peut avoir l’élévation des prix de revient intérieurs, exprimés en or, qui limitent nos facultés de vente au dehors.

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Avant de nous demander quel sera l’avenir de notre commerce extérieur, une question préjudicielle doit être examinée, ou tout au moins posée. C’est celle de la valeur même de notre commerce d’exportation, au regard de l’économie nationale.

Depuis que la dépréciation de notre monnaie s’est accentuée, certains économistes ont contesté l’utilité du développement de notre expansion commerciale à l’étranger, ils ont même signalé là im danger d’autant plus grave, qu’il est couvert par l’apparence d’une prospérité trompeuse. D’après ces théoriciens d’un mercantilisme à rebours, nos exportations, loin de nous enrichir, nous appauvrissent parce que, du fait de la chute de notre unité monétaire, nous vendons nos produits à un prix inférieur aux prix mondiaux et que nous devons reconstituer nos stocks de matières premières à un taux majoré. Les adversaires de cette théorie répondent qu’on ne saurait pas dire, en tout cas, que notre pays « perd sa substance » lorsqu’il s’agit de matières premières ou de produits naturels provenant du territoire national, qui se reconstituent au fur et mesure qu’ils sont utilisés, les prix de revient étant calculés d’après les prix de remplacement. Si l’on envisage d’autre part les produits dans lesquels la main-d’œuvre, le goût français jouent un rôle prépondérant, par exemple les produits de luxe, c’est en réalité la valeur de la main-d’œuvre, le génie de notre race qui s’exportent et eux non plus ne s’épuisent pas. Enfin, s’il s’agit de produits fabriqués avec des matières premières apportées de l’étranger, on peut être assuré que nos exportateurs, qui ont ime expérience déjà longue de l’instabilité monétaire, vendent sur la base des prix mondiaux et utilisent ainsi la différence entre les prix de revient français et étrangers pour se couvrir contre les risques de dépréciation ultérieure. Il est vrai que le principal n’est pas le prix, mais la faculté de rachat de l’unité monétaire dont on dispose quand on utilise les fonds provenant des ventes. On répond que si l’exportation provoquait un réel appauvrissement pour nos commerçants, on ne s’expliquerait pas qu’ils s’obstinent à développer leurs ventes à l’étranger, alors que le déséquilibre des changes dure depuis sept ans.

De cette polémique ressort la nécessité qui s’oflfre pour notre commerce d’utiliser aussi complètement que possible les ressources de notre territoire, car il n’est pas douteux que la diminution du pouvoir d’achat de notre monnaie nous pousse à vendre davantage et à moins acheter et que cet écart pourrait présenter de graves inconvénients si nos importations de matières premières diminuaient d’une manière continue, alors que nos exportations de produits fabriqués iraient en augmentant. Il est donc indispensable d’obtenir un plein rendement de la part de l’Économie nationale et il faut comprendre dans cette dernière les forces productives de nos

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colonies. Les ressources de nos possessions d’outxe-mer en produits alimentaires, comme en matières premières utilisées par nos industries sont immenses. D’après un rapport de M. Laurent Vibert au Congrès national des conseillers du commerce extérieur de Lyon, en 1920, l’Algérie pourrait nous fournir 3 millions et demi de céréales, Madagascar, 200 000 têtes de bétail ; la Cochinchine pourrait satisfaire à la totalité de nos besoins en riz ; l’Afrique du Nord est susceptible de nous procurer de la laine; l’Indo-Chine, l’Afrique occidentale, la Cilicie et la Syrie sont capables de donner un appoint considérable de coton. Les bois, le caoutchouc, pourraient se substituer aux importations étrangères. La constitution d’un empire colonial français, vers la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième, est une des forces économiques nouvelles de la France ; elle doit donner, désormais, son plein et puissant effet. Un programme de mise en exploitation des colonies a été dressé par M. Albert Sarraut ; il comporte le développement préalable des voies de communication entre les centres de production et les ports, et l’aménagement des ports eux-mêmes; des ressources suffisantes permettraient de réaliser, en l’espace de quinze années, une œuvre considérable.

L’avenir du commerce extérieur est également lié à la solution d’un certain nombre de questions, dont l’étude est sans cesse différée pour diverses raisons, notamment d’ordre budgétaire. Chacune d’entre elles mériterait un examen approfondi. Et d’abord, et surtout, le problème de la marine marchande. Nous ne pouvons le traiter ici, car des développements très complets ont été donnés par M. Jean Brunhes dans le tome II de la Géographie humaine.

G. Ripart.

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