LES TRANSFORMATIONS SOCIALES D’APRÈS GUERRE
Les théoriciens de l’Économie politique ont d’ailleurs souligné les conséquences de la dépréciation de l’unité monétaire et affirmé qu’elle favorisait les débiteurs et empirait le sort du créancier. D’après eux, elle atteindrait les rentiers et toutes les personnes à revenus fixes, et au contraire créerait l’illusion de l’enrichissement chez tous ceux qui offrent des produits dont les prix varient en fonction des modifications de la puissance d’achat de l’unité monétaire.
Formules d’ailleurs plus impressionnantes dans leur netteté que complètement exactes dans leur contenu. Le producteur d’objets matériels n’est point nécessairement un bénéficiaire définitif de la variation de l’unité monétaire. Supposons qu’il vende à terme et à prix ferme ses marchandises ; la survenance d’une baisse rapide de l’unité monétaire pourra réduire la marge de ses profits, car le nombre de francs qu’il obtiendra, lors du payement de la marchandise, ne lui permettra plus d’acheter une quantité de matières premières équivalente à celle qu’il aurait eue, si le règlement avait été fait au comptant.
Formules cependant exactes en ce qui concerne les effets des variations sur les personnes à revenus fixes, qui sont automatiquement appauvries par la diminution de puissance d’achat du franc. Une pratique séculaire de l’usage d’une monnaie, dont l’appellation n’est point modifiée au cours d’événements qui en transforment le contenu, laisse croire aux masses, pendant longtemps, que le système monétaire n’est point changé, alors cependant que les modifications de la substance de l’unité de compte atteignent et désorganisent les fortunes et peuvent ébranler un jour l’édifice social.
La désorganisation Les véritables bénéficiaires de cette situation sont
SOCIALE les spéculateurs, c’est-à-dire tous ceux qui trouvent
des gains immédiats dans les différences de valeurs.
Le propre des périodes de troubles monétaires, c’est que le travail assure des gains moins importants que le jeu, et le travail intellectuel, désintéressé, est moins rémunérateur que le travail manuel. La société menacée d’incertitude veut vivre et jouir. Elle recherche les satisfactions matérielles et délaisse les travaux scientifiques.
Le poids de l’impôt, lui-même, pèsera légèrement sur les spéculateurs dans un système d’impôt sur les revenus. Les gains ne sont pas des revenus. Ce sont des accroissements de patrimoine, insaisissables même dans un système d’impôts qui prétendrait atteindre les augmentations de capital, car ils ne sont inscrits dans aucune comptabilité qui pourrait être connue des agents du fisc.
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Il y a dans ces résultats une immoralité désorganisatrice des forces sociales. I.a fiscalité se développe, créant une économie de fer, car l’État a d’immenses besoins d’argent qu’il satisfait par l’impôt sur le revenu, sans cesse aggravé, et par les impôts indirects. Les salariés obtiennent bien un relèvement nominal de leur rémunération, mais, en période de dépréciation rapide, le salaire est toujours en retard sur les prix. L’ouvrier ne peut équilibrer son budget qu’en modifiant son niveau de vie à son détriment, à moins que la fixité du prix des loyers, de par la volonté du législateur, n’allège ses charges. Le problème social prend ainsi des aspects chaque jour plus graves. La ploutocratie spéculatrice, en cherchant à éluder au maximum l’impôt, par son égoïsme, son absence de courage fiscal, l’évasion de ses capitaux, prépare l’assaut du prolétariat contre les positions privilégiées des grosses fortunes, car le prolétariat est accru dans ses effectifs par l’appauvrissement de la bourgeoisie.
Nous savons désormais les causes de la désorganisation sociale consécutive aux troubles monétaires.
Tels sont les faits qui imposent la conclusion de l’inévitable diminution des revenus de tous les individus placés dans les catégories de fortunes moyennes victimes de la dépréciation monétaire dont nous avons précisé les origines.
Quelles seront les conséquences siu l’avenir de la nation française de tous ces bouleversements? Il est impossible de les préciser dans le présent. Ce serait faire œuvre prétentieuse de prophète. L’avenir relève d’ime multitude d’événements pohtiques, économiques, internes et externes, dont on a pu voir l’action au cours de cet historique qui a permis de dérouler la vie économique et financière du pays depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.
Cependant on peut prévoir que la nation française retrouvera dans les milieux terriens, non appauvris par les troubles monétaires, — parce que presque toujours à même de récupérer sur le consommateur des prix variables avec la puissance d’achat de la monnaie, — des forces de réorganisation de ses cadres sociaux. Le sol fertile de France, l’ingéniosité de son industrie de luxe, l’attrait que son passé et son génie continuent à exercer sur l’étranger, dans l’ensemble enfin l’activité générale du pays, seront le support de la reconstitution d’une bourgeoisie moyenne à qui manquera peut-être pendant longtemps encore les traditions de mesure et de goût, qui faisaient le charme des vieilles familles françaises.
CONCLUSION
Il est impossible de prétendre résumer l’histoire dont nous avons jalonné les étapes. L’importance et l’ampleur de la tâche accomplie, à travers les siècles, sous l’impulsion de grands chefs d’Etats, de grands ministres, avec le concours d’une nation laborieuse, attachée à l’esprit d’épargne, apparaît par le simple rapprochement des résultats économiques obtenus de siècle en siècle. On doit les enregistrer avec une légitime satisfaction.
Cependant, avant de clore ce volume, nous avons aussi le devoir de jeter un coup d’œil sur nos possibilités d’expansion dans un avenir prochain et de dégager les causes de faiblesse et de force que contient en germe notre structure économique et sociale dans le présent.
Les éléments les plus inquiétants pour l’essor du pays se rattachent tout d’abord au problème de la population. La France accuse une faiblesse continue dans le taux de natalité. Si ce phénomène persiste, on peut se demander si notre capacité de défense et de production ne sera pas gravement atteinte dans un avenir prochain, alors qu’autour de nous les nations accusent un excédent de population.
Le remède n’est point aisé à trouver à l’aide de formules économiques, alors que l’accroissement du prix de la vie détourne bien des jeunes ménages de la procréation. Le problème est d’ordre moral, et par ce côté, on peut dire que les sentiments religieux ont une influence démographique. Il est d’ordre patriotique, parce qu’un pays dépeuplé est dans l’impossibilité d’assurer sa défense. Mais les sentiments ne suffisent pas à imposer des solutions en cette matière. Fatalement la France, dans le présent, est vouée à une politique d’immigration. On a eu l’occasion d’en montrer la nécessité, lors des développements relatifs à notre production agricole et industrielle au vingtième siècle. La main-d’œuvre étrangère nous est indispensable, depuis la guerre et par suite de la disparition d’une élite, pour la mise en œuvre de l’agriculture, pour le progrès de nos entreprises minières. L’important est de se procurer des bras en retenant les étrangers, en nous les assimilant. Phénomène relativement aisé dans un pays qui a toujours montré de grandes facilités d’absorption des éléments humains, d’où qu’ils viennent. La douceur de la vie, par suite des conditions du climat, des ressources naturelles,
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de l’aspect extérieur du sol, et enfin le tempérament national, expliquent ce résultat, et permettent d’en espérer la persistance.
A côté de l’élément démographique, il faut faire état des répercussions morales de la guerre. La nation française n’aura pas obtenu de 1914 à 1918 une amélioration de son caractère moral. La longueur des hostilités a eu pour conséquence une certaine désorganisation de la vie de famille. L’existence, surtout urbaine, a favorisé l’essor des besoins et le goût du plaisir. La dépréciation de la monnaie tend à détourner les individus de la pratique de l’épargne. Les populations se sont adonnées à la satisfaction, la plus large possible, de désirs accrus en nombre et * en diversité. La bourgeoisie, dans ses éléments enrichis par la guerre, a donné parfois l’exemple de dépenses tapageuses, de luxe de mauvais goût, et naturellement de telles attitudes ont eu des répercussions jusque dans les masses populaires
De plus, l’habitude ancestrale de l’exécution stricte des engagements a été affaiblie par la pratique des moratoires, la théorie dite de l’imprévision dans l’exécution des contrats, très juste cependant en équité.
Ainsi la structure juridique a été ébranlée, bien plus encore peut-être que notre structure morale.
En effet, dès la déclaration de guerre, le principe du droit de propriété fut l’objet de restrictions qu’on justifiait par des considérations de défense nationale ; il a été encore affaibli depuis lors. Les lois d’exception, limitant le prix des loyers, ont été multipliées à ce point, qu’il serait indispensable d’en codifier le contenu pour permettre aux intéressés de connaître exactement l’étendue de leurs droits. En 1926, le législateur accordera aux commerçants la propriété commerciale qui reconnaît à l’occupant le droit légitime à ime indemnité en raison de la plus-value qu’il a pu donner au fonds par l’exercice de sa profession. En outre, la loi limite le droit de propriété et donne au titulaire du bail, des avantages qui rendent difficile la reprise des locaux par le propriétaire. On favorise ainsi des spéculations sur les fonds de commerce, dont aucun avantage ne revient ni au propriétaire, ni surtout au consommateur. De plus en plus, le propriétaire d’immeuble est une sorte de gestionnaire social qui n’a plus les attributs complets du droit de propriété. Le désir d’éviter aux commerçants des reprises abusives de locaux a engendré des maux d’un autre ordre. On a manqué de mesure, en organisant une trop large protection des occupants, et la collectivité entière souffre des erreurs commises.
CONCLUSION
Les troubles monétaires dont nous avons décrit tous les effets, ont eu également des conséquences désorganisatrices pour la société. D’abord, ils ont permis aux agioteurs de réaliser, bien souvent en quelques mois, des fortunes scandaleuses, infiniment supérieures aux résultats que pouvait donner le travail. Désormais, le détenteur de capitaux est attiré, fatalement, vers des placements qui l’intéressent non plus en raison du revenu, mais simplement des différences que l’on peut réaliser sur le capital. La fiscalité, de plus en plus lourde sur les valeurs mobilières, agit dans le même sens. Au total, l’esprit et la pratique de l’épargne s’évanouissent, au plus grand détriment des affaires. L’organisation du crédit, elle-même, est transformée par l’essor de la Finance, au préjudice des opérations loyales de la Banque.
Par de tels procédés, le capital de la nation est effrité. Cet appauvrissement continu est des plus inquiétants pour l’avenir de nos facultés productives, seule assise solide d’opérations saines de crédit (escompte, etc.), et seul moyen d’avoir, à l’extérieur, des facultés de règlement qui ne soient pas ruineuses.
Enfin, il faut faire état de la persistance des antagonismes sociaux, en théorie tout au moins, depuis la fin de la guerre. La grande habileté du marxisme a été de construire une doctrine qui confond le bourgeois et l’entrepreneur capitaliste, et désigne l’un et l’autre à la haine du milieu prolétarien. Scientifiquement, cette confusion est erronée. En fait, elle conduit à des positions de lutte qui affaiblissent les facultés de production du pays. Les germes de violence restent profonds dans la société. Ce serait une erreur de penser qu’ils trouvent un terrain favorable, uniquement, dans les müieux prolétariens qui se rattachent à l’influence de Moscou. On relève, dans les ouvriers des villes et même de l’agriculture, une sorte d’hostilité latente qu’im événement politique, économique ou social peut toujours faire exploser. L’égoïsme de certains patrons, n’ayant aucun souci d’améliorer les conditions de leurs employés, explique et justifie la persistance de ces antagonismes sociaux qui sont de tous les pays.
Il faudrait, à notre époque de reconstruction, des sentiments absolument opposés. Le sens de l’interdépendance des intérêts des patrons et des ouvriers, conforme d’ailleurs à la réalité, devrait l’emporter sur la conception des antagonismes nécessaires, inévitables.
Il est également dangereux pour la société contemporaine d’être à la merci d’une force prolétarienne, dont on ne saurait nier l’importance, si elle est mise en mouvement par des bourgeois, des intellectuels ambitieux ou simplement intrigants. Ceux-ci ont la tentation d’exciter la masse contre les employeurs, afin de
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trouver un solide tremplin à la satisfaction d’ambitions personnelles. Au cours de ces dernières années, ces mauvais bergers auront pu tenter l’éviction des possédants par l’impôt. C’est par des taxes exagérées sur la fortune que la force prolétarienne, dans un régime de suffrage universel, peut d’abord s’exercer. Il est vrai que les excès, commis dans ce domaine, doivent fatalement aboutir à une moindre productivité qui entraîne, à un moment donné, des résultats contraires aux intérêts de la classe ouvrière elle-même, et la menace du chômage apparaît ramenant les employeurs et les employés à des conceptions plus rationnelles de politique sociale.
Face à tous ces facteurs de désorganisation, qui auraient pour conséquence d’éliminer les élites, et notamment la classe moyenne et même la petite bourgeoisie, notre époque compte, cependant, des éléments de haute valeur sociale. La guerre a eu pour conséquence de développer chez les hommes jeunes qui l’ont faite, le goût de l’action et une notion exacte de la valeur personnelle des individus. Il y a là des tendances qui contrarient les penchants démagogiques excessifs, que cherchent à entretenir, dans leur intérêt, certains politiciens. Avant la guerre, un grand financier se plaignait que la France n’eût point de capitaines d’industrie. Aujourd’hui, cette affirmation serait beaucoup plus erronée que dans le passé. Les branches diverses de notre activité productive comptent des hommes de tout premier plan, dont personne ne discute la valeur. On leur doit certainement, pour une large part, l’œuvre de reconstitution formidable qui a été accompHe, tant dans l’industrie que dans le commerce, depuis la fin des hostilités.
Le goût de la recherche scientifique dans les entreprises s’est développé et surprend les spécialistes étrangers qui viennent étudier notre situation économique. Nombre d’élèves des grandes écoles et des universités se sont mis de tout cœur à la besogne. Ils se sont rendus à l’étranger, notamment aux États-Unis, pour étudier sur place les méthodes d’organisation des entreprises, et ont adopté des formules meilleures : un contrôle souple des résultats du travail, un renouvellement et perfectionnement du matériel, l’utilisation des sous-produits. Nous en avons donné de nombreux exemples au cours des chapitres précédents.
Est-ce à dire qu’il n’y ait pas encore de très grands progrès à faire dans le rapprochement des hommes de science et des praticiens? La France peut obtenir, dans un avenir très prochain, un accroissement considérable de valeur par des prises de contact plus fréquentes entre les savants de nos universités, de nos
CONCLUSION
écoles et les entrepreneurs de tous ordres. Il y a encore trop de séparation entre ces deux catégories de valeurs humaines.
De plus, il faut souhaiter que les jeunes gens, formés aux solides disciplines de l’étude scientifique, aillent à l’extérieur pour tenter la chance de brillantes carrières. La valeur humaine est un élément des plus intéressants d’exportation et peut assurer à la nation et aux individus des revenus considérables. Un chef d’entreprise qui fait une carrière heureuse à l’extérieur, et revient plus tard dans la mère patrie, est, à bien des points de vue, à lui seul, un centre d’activité créateur de richesses, dans le présent et dans l’avenir. Nous devons, sans cesse, regarder vers l’extérieur, afin d’adapter notre économie à l’évolution du milieu international. Les troubles monétaires, un endettement inévitable, nous ont rendus solidaires, plus étroitement que par le passé, des marchés étrangers. Il n’y aura de paix durable, pour nous, qu’après un retour dans les échanges internationaux aux conditions d’équilibre, qui assurèrent à l’Europe, avant 1914, une prospérité dont l’Allemagne eut tort de ne pas apprécier, à la fois, les avantages et le mécanisme délicat.
Enfin, en conséquence de la guerre, de la diminution du nombre de bras, et par suite de la réduction de la journée de travail, on constate un perfectionnement rapide de l’outillage. La durée du nombre d’heures de travail a été considérablement réduite, mais la productivité horaire a été accrue dans certaines entreprises. Un bien-être plus généralisé en résulte. Cette affirmation peut surprendre, après toutes les doléances que l’on a entendues sur les conséquences de la réduction de la journée de travail. Il faut constater que si l’adoption de la loi de huit heures a pu être regrettable au lendemain de la guerre, alors que les circonstances nous imposaient un accroissement de la production, en fait, les maux qui auraient dû résulter de cette mesure hâtive ont été très atténués par l’amélioration du matériel de fabrication et par l’absence de conflit entre employeurs et employés.
Les progrès ne sont pas seulement à constater dans l’industrie. Nous avons dit les perfectionnements réahsés par l’agriculture dans la sélection des semences et des races de bétail. Ici encore, la guerre a été une cause de rupture avec la routine. Si elle a eu le fâcheux effet d’attirer nombre de cultivateurs vers la ville, elle a eu, par contre, l’effet bienfaisant de rendre les paysans plus curieux, plus avides de coimaître, de transformer leurs méthodes. Les gains, — plus apparents d’ailleurs que réels et durables, — inhérents à un régime d’inflation, ont favorisé l’achat d’un matériel de culture de plus en plus perfectionné. Le paysan s’est instruit ; il est fier de cultiver la terre qui le nourrit et lui assure une existence indépendante. Les facultés naturelles du sol sont ainsi accrues. L’œuvre comporte encore de
grandes améliorations. Même constatation est à faire en ce qui concerne les facultés productives de nos colonies. Certes, les projets de mise en valeur de notre domaine extérieur ne font point défaut. Les capitaux sont d’ailleurs plus attirés vers les entreprises de nos possessions d’outre-mer que dans la période d’avant guerre. Des contrées comme l’Indo-Chine sont arrivées à un degré de prospérité qu’il eût été impossible d’espérer avant 1914. Ici, encore, le champ des possibilités est des plus vastes. La culture du coton, du caoutchouc, des arachides, l’exploitation des forêts, le développement des troupeaux de moutons dans l’Afrique du Nord et dans l’Afrique Occidentale peuvent nous assurer, dans un avenir prochain, des ressources considérables
Que faut-il, pour faire aboutir tout ce programme? De l’esprit de suite dans la nation et dans le gouvernement. Or, nous souf&ons, comme l’a fort bien montré M. Henri Chardon dans ses travaux récents, d’une incessante mobilité des administrateurs à la tête des services publics. La pression politicienne entraîne des changements constants de ministres. Les masses électorales se complaisent dans la sélection non point des plus instruits, des plus résolus, mais des plus larges en promesses qui seront plus ou moins tenues et suivies d’effets. L’homme de caractère ne rencontre que difficilement le succès, s’il se soumet aux suffrages de ses contemporains. Il en résulte une sorte de médiocrité dans notre vie nationale. Ces pratiques entraînent un essor de la démagogie et un affaiblissement de la démocratie qui ne peut obtenir une amélioration durable de son sort qu’en conciliant la pratique de la liberté avec le goût de l’ordre et le respect de l’autorité intelligente. Les maux du temps présent sont de ceux qui ont généralement suivi les grandes guerres ; ils n’ont rien de décisif. L’histoire économique de la France doit nous apporter, tout compte fait, comme son histoire générale, des raisons de croire et d’espérer.