‹ Histoire de la nation suisse (volume 2)Chapitre 28 sur 46 · TROUBLES D'ARGOVIE. SUPPRESSION DES COUVENTS · texte numérisé non relu

TROUBLES D'ARGOVIE. SUPPRESSION DES COUVENTS

deux voix de majorité (17 contre 15). t Pas de rupfiire ni de séparation », ajouta celui de Nidwald. Les députés d'Un, Schwyz et Obwald, soutenus par SiegViart, insistaient au contraire pour une action prompte et énergique : il s'agissait d'obtenir de la Diète l'abrogation du décret du 31 août, le rétablissement de tous tes couvents et des garanties en faveur des catholiques dans les cantons mixtes. Zoug et Nidwald se rangèrent à cette façon de voir, et les six cantons s'engagèrent à prendre d'un commun

Fif. 33. — Portrait de Jonas Fourrer.

accord les mesures militaires que pourrait exiger la défense do leurs territoires, de leur indépendance et de leurs droits. Les conseils de prudence de l'avoyer Ruttimann el de Bernard Meyer n'ayant pas prévalu contre- les avis de Siegwarl-Muller et u'Abyberg, on alla juslcpfà élaborer un manifeste comminatoire, annonçant les vues sécessionnistes de ses auteurs : les violents l'emportaient sur les politiques.

Lorsque le Grand Conseil de Lucerne fut saisi de la question, ["ancien avoyer Kopp chercha à mettre ses concitoyens en garde contre les conséquences funestes de leurs résolutions, a Pour supprimer un couvent, dit-il, il faut l'unanimité, selon vous, et pour faire la guerre, vous croyez la minorité suffisante ! »

Mais ces sages paroles ne pouvaient plus trouver d'écho au siège du Vorort. Comme pour jeter le gant aux Confédérés, les Lucernois appelèrent aux fonctions d'avoyer pour 1844, et par conséquent de président de la Diète, l'avocat Siegwart-M aller. C'était un choix malheureux, car sa subite volte-face l'avait rendu particulièrement antipathique aux radicaux. Ce grand meneur ultramontain n'appartenait d'ailleurs pas à une famille de vieille roche lucernoise, comme les Pfyfler et les Kopp : il était né au Tessin, d'une famille originaire de la Forêt-Noire.

En portant au pinacle de tels hommes, les ultramontains semblaient prendre plaisir à blesser la majorité de la Diète et à attiser les haines entre Confédérés.

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