ENTRÉE DES ALLIÉS EN SUISSE. L'ACTE DE MÉDIATION ABROGÉ
suffisait de ranimer le feu qui couvait encore sous la cendre : mauvais génie, il allait ouvrir la porte à toutes les revendications.
Un certain nombre de patriciens, réactionnaires irréconciliables, avaient émigré en Allemagne sous l'Acte de médiation. Bernois, zuricois et grisons pour la plupart , ils s'étaient abouchés avec leurs amis restés en Suisse et avaient fondé à Waldshout un comité d'action, dont faisaient partie CA.-L. de Haller {9 le petit-fils du grand Haller, un nommé Wyss, de Berne, et le comte de Salis Soglio. Ces trois hommes, égarés par leurs ressentiments, sollicitèrent l'entrée des Alliés en Suisse. De son côté, le prince de Schwarzenberg, qui commandait l'armée autrichienne, tenait, pour des motifs stratégiques, à franchir nos frontières : il trouvait son avantage à tourner la ligne des forteresses françaises. Quant à l'intention de Metternich de faire passer une des armées alliées par la Suisse, elle se trouve clairement indiquée dans les instructions qu'il avait données le H novembre au chevalier de Lebzeltern, au moment où il l'envoyait chez nous comme agent officieux.
Le 1er décembre, les souverains alliés lancèrent de Francfort un manifeste retentissant, où ils déclaraient que « ce n'était pas contre la France qu'ils faisaient la guerre, mais contre la prépondérance de Napoléon qui dès longtemps s'était exercée en dehors de son Empire. » Dans la pensée de Metternich, tous les Etats indépendants de l'Europe devaient s'unir en vue d'établir « un juste équilibre » des peuples et une paix durable.
Le li décembre, le gouvernement vaudois reçut du landamman Reinhard communication d'une note qui le plongea dans la plus poignante anxiété. L'envoyé autrichien, en effet, avait annoncé, quelques jours auparavant, l'intention des puissances de « poser des fondements solides au retour de l'ancien et respectable ordre de choses dans les Etats de l'Europe. » Le Petit Conseil en était à délibérer sur les mesures à prendre, lorsqu'arriva un exprès, envoyé de Morges par M1,e Mazelet ; elle avait reçu de son ancienne élève la grande-duchesse Marie de Weimar, sœur de l'empereur Alexandre, une lettre l'assurant des bonnes dispositions de l'empereur de Russie à l'égard du canton de Vaud. Le landamman Monod fut aussitôt envoyé auprès d'Alexandre, qui venait de transporter son quartier général
1 Ch.-L. de Haller est la souche de la branche catholique de la famille de Haller ; après son changement de religion, demeuré longtemps secret, il alla s'établir à Soleure ; un de ses fils fut évêque de Coire.
à Fribourg en Brisgau, et qui, nous l'avons dit, était en effet très favorable aux. sujets émancipés de Leurs Excellences.
Le landamman Reinhard semblait compter davantage sur les négociations diplomatiques que sur la force des armes pour protéger le territoire suisse contre une invasion, et la garnison de la ville de Baie se montait seulement à 4000 hommes environ, placés sous le commandement du colonel Herremchwand, de Morat. Le il décembre, le landamman fit savoir aux envoyés suisses à Francfort, Reding et Escher, que les régiments au service de France seraient rappelés si leur existence était considérée comme un obstacle au maintien de la neutralité. Celle-ci était l'objet de vives discussions au quartier général des Alliés. Tandis que le tzar insistait pour qu'elle fût respectée, le maréchal autrichien Schwarzenberg, qu'appuyait Metternich, voulait faire de la Suisse la principale base d'opérations des armées autrichiennes : l'une devait passer par Bâle; l'autre, venant d'Italie à destination de Lyon, traverser le Simplon, le Valais, le canton de Vaud et Genève. Alexandre Ier s'étanl opposé formellement à toute violation de la neutralité helvétique, le prince de Metternich déclara que les Suisses ne refuseraient point le passage aux Alliés ; alors, ayant obtenu l'assurance qu'aucune pression ne serait exercée sur eux, le tzar donna son adhésion aux plans de Schwarzenberg4.
Tandis que Metternich s'efforce perfidement d'amener à ses vues l'empereur de Russie, l'armée autrichienne, forte de 160000 hommes, se concentre déjà sur la frontière suisse. Le 17 décembre, un parlementaire autrichien arrive à Bâle et invite verbalement le colonel Herrenschwand à assister le surlendemain, à Lœrrach, à une conférence avec le général Languenau. Herrenschwand y est informé des intentions des Alliés, qui traiteront d'ailleurs la Suisse en pays ami. Aux objections qu'il émet, on répond que les Alliés comptent délivrer la Confédération du joug que la France fait peser sur elle, et que, d'ailleurs, les Suisses désirent le rétablissement de l'ancien régime. Le général de Watteville en est aussitôt avisé : voyant que l'entrée de l'armée autrichienne est inévitable, et n'ayant à sa disposition qu'un nombre de troupes insuffisant pour s'y opposer avec quelque chance de succès, il se borne à protester contre la violation du territoire suisse, et donne à son armée Tordre de se replier. Dans la nuit du 20 au 21, le feld-
1 Voir les mémoires de Metternich, tome ïer.
ENTRÉE DES ALLIÉS EN SUISSE. l'àCTE DE MÉDIATION ABROGÉ 151
maréchal Bubna entre à Bâle. Les miliciens suisses, navrés, regagnent leurs foyers ; plusieurs d'entre eux brisent leurs armes, devenues inutiles. Le général de Watteville subit le sort commun des généraux malheureux : on l'accuse de lâcheté et de trahison. Ces reproches sont injustes. La responsabilité de la capitulation de Bàle, que rendait plus humiliante encore la proximité du glorieux champ de bataille de Saint-Jacques, incombe au landamman Reinhard, que sa parcimonie, et la pensée qu'un succès de Napoléon éloignerait de la Suisse le théâtre de la guerre, avaient empêché d'envoyer en temps utile à de Watteville les renforts qu'il avait demandés.
En même temps que Bubna franchissait le Rhin, le chevalier de Lebzeltern remettait au landamman Reinhard une note qu'il avait fait contresigner par Capo d'Istria, envoyé extraordinaire de Russie, et par laquelle il informait le landamman de l'entrée des armées alliées en Suisse, et des intentions pacifiques des souverains. Dans la crainte où il était de compromettre la fragile alliance entre les deux monarques, Capo d'Istria avait donné son adhésion à cette note sans même prendre l'avis du tzar. Alexandre fut surpris d'apprendre que Metternich s'était joué de lui ; il le lui reprocha, et fit part de son dépit au landamman Monod1. Metternich et Schwarzenberg, dans leur correspondance privée, dont quelques extraits ont été publiés par M. Hilty dans son Politisches Jahrbuch (année 1887), ne se font pas faute de se divertir irrévérencieusement sur le compte du tzar : faisant allusion au rôle joué dans cette affaire par M,le Mazelet, ils déclarent que ce magnanime souverain obéissait aux suggestions de sa bonne ; a notre éloquence, écrit encore Schwarzenberg, échoua contre l'ancienne habitude de l'obéissance d'un bon enfant. »
Durant la dernière semaine de décembre, 130000 Autrichiens passèrent le pont de Bâle, se dirigeant soit sur Porrentruy et Montbéliard, soit sur Genève. D'autres corps pénétrèrent en Suisse par les ponts de Laufenbourg et de SchafThouse et prirent Belfort et Pontarlier comme objectif. Zurich, Aarau, Soleure, Berne, Neuchâtel les virent défiler. La discipline de l'armée autrichienne était du reste excellente ; elle payait toutes les fournitures, et l'on ne vit pas se renouveler les scènes de pillage qui avaient marqué le
1 Voir à ce sujet les mémoires de Metternich et les fragments des mémoires manuscrits du landamman Monod que nous avons publiés dans La Suisse sous le Pacte de i8io (tome I, p. 421).
passage des armées françaises quinze ans auparavant. Si Ton en excepte l'épidémie de typhus qu'on lui dut, l'invasion des Alliés n'eut *a fâcheuses conséquences ni pour les personnes, ni pour les propriê es.
Au point de vue politique, les résultats en furent considérables ; mais ce ne sont pas les patriciens bernois qui eurent à se féliciter le plus de cette nouvelle intervention étrangère ; en effet, ils ne parvinrent pas, malgré les démarches que nous verrons plus loin, à rentrer en possession du Pays de Vaud et de PArgovie; d'autres villes et d'autres Etats surent mettre à profit la présence des soldats autrichiens sur le sol helvétique pour secouer le joug français.
La principauté de Neuchâtel, devenue sous l'Empire l'apanage de Berthier, avait été rarement honorée de la présence de son souverain ; absorbé par des guerres continuelles, le maréchal faisait administrer l'héritage des Longueville par un gouverneur, M. de Lespérut. Lorsque les Alliés pénétrèrent en Suisse, le baron de Chambrier, ministre de Prusse près la Confédération, d'accord avec M. de Lespérut, fit immédiatement des démarches auprès de leurs généraux pour que Neuchâtel ne fût pas traité en pays français, mais envisagé comme une partie du territoire suisse (22 décembre). Les Autrichiens n'y entrèrent pas moins, le lendemain 23, et le représentant de Berthier n'eut que le temps de s'échapper au moment même de leur arrivée ; un quart d'heure plus tard, il fût tombé entre leurs mains. Neuchâtel recouvra ainsi sa qualité de principauté prussienne.
Puis ce fut le Valais qui reconquit sa liberté : le préfet du Simplon, comte de Rambuteau, s'enfuit le jour de Noël par le col de la Forclaz, nonobstant les neiges qui encombraient ce passage, comme un bandit qui aurait eu la gendarmerie à ses trousses ; il emportait la caisse du département, évaluée à 110 000 francs, tandis que celle de la régie des sels et tabacs suivait la route du Saint-Bernard ; les débonnaires Valaisans « les laissèrent passer, dit l'historien Boccard, sans avoir la pensée que c'étaient leurs propres deniers qui s'en allaient. »
Quant au Tssin, les Suisses en avaient repris possession depuis près de deux mois déjà ; ce fut pour eux le premier résultat de la bataille de Leipzig : à la nouvelle de la défaite de l'empereur, les fonctionnaires des douanes françaises et les troupes italiennes qui occupaient ce canton s'étaient retirés et, sur l'ordre du landamman Reinhard, un bataillon fribourgeois, commandé par le
ENTRÉE DEE ALLIÉS EN SUISSE. l'ACTE DE MÉDIATION ABROGÉ 153
lieutenant-colonel Girard, y était entré. C'est par là qu'on avait commencé la réintégration dans le corps helvétique des territoires que la France en avait séparés. °
f' 11 y a lieu de s'arrêter un peu plus longuement vénemenls qui marquèrent la lin do celte anru-e
Fig. 18. - Officier Fi(ç. 19.- Fusilier Fig. ÏU. — Sapeur
du bataillon de NeuchMel, créé le 11 mai ISU7. licencié le 1» juin 1814. D'après une aquarelle appartenant i'i H. Luuis liron.
1813 à Berne, chez les anciens sujets de LL. EE., et à Genève. Peu de jours après la bataille de Leipzig — on l'a vu plus haut, — un comité s'était formé à Waldshout en vue de rétablir l'ancien régime et de replacer les Pays de Vaud et d'Argovie sous la domination de Berne ; sous les noms de Ctuh viennois ou de Comité de Waldshout, il comptait au nombre de se? membres le colonel Gatschet, M. de Werdl de Toffen, deux de Tscharmr, le capitaine Steiger de Riggisberg, ainsi que le professeur Ch.-L. de Halier et le commissaire L. Wyss, déjà nommés; il avait pour principaux associés, dans le canton de Zurich, le seigneur justicier Escher de Berg, dans celui des Grisons, le comte de Salis-Soglio et
le baron de Salis-Zizers. C'est ce groupe qui avait sollicité rentrée des Autrichiens, en la représentant à Metternich comme le vœu de la majorité du peuple suisse.
On a souvent reproché aux Vaudois d'avoir invoqué l'appui de l'étranger quand ils songèrent à se soulever contre LL. EE. de Berne ; il n'est pas hors de propos d'insister sur le fait que les vieux patriciens agirent de même à leur tour — mais avec moins de succès — pour replacer sous leur domination de ci-devant sujets devenus leurs égaux.
Cependant les patriciens bernois dans leur ensemble n'étaient point complices de ces intrigues. Les amis de l'Acte de médiation s'étaient groupés autour du général de Watteville, qui fit son possible pour s'opposer aux manœuvres des réactionnaires. Malheureusement, aux mois de novembre et de décembre 1813, il se trouvait éloigné par son commandement militaire. Le gouvernement de Berne avait à sa tête le vieil avoyer de Freudenreich qui, sans approuver les moyens employés par le Club viennois, comptait parmi ses membres beaucoup d'amis, et n'osa point agir énergiquement contre eux. Ce magistrat, du reste, désirait lui aussi apporter des changements à la constitution de l'Etat. Lorsque le Conseil secret de Berne eut connaissance de FActe de neutralité voté par la Diète et de sa proclamation au peuple suisse, qui consacrait implicitement l'Acte de médiation, il écrivit à son représentant à Zurich qu'il était surpris de voir le pays conserver une constitution imposée de force par la France ; puis il se borna à publier l'Acte de neutralité, en l'accompagnant d'un arrêté conçu en termes ambigus, et en faisant abstraction de l'appel au peuple. Le général de Watteville écrivit d'Aarau, le 14 décembre, au Conseil secret, pour le blâmer de n'avoir pas puni les clubistes qui fomentaient des troubles dans le pays et de donner à croire par des procédés équivoques qu'il avait contribué à attirer les troupes autrichiennes.
Le 18 décembre, Gatschet et de Werdt allèrent voir l'avoyer de Freudenreich, pour lui annoncer la prochaine entrée des Alliés et leur intention de reconstituer la ville et République de Berne telle qu'elle existait avant 1798. Ils engagèrent les autorités établies à remettre sans délai leurs pouvoirs à la commission d'Etat de 1802, ajoutant que, à cette condition, les puissances aideraient l'Etat de Berne à rentrer en possession du Pays de Vaud et de FArgovie. L'ancien avoyer de Mulinen, délégué auprès du comte de Schraut,
ENTRÉE DES ALLIÉS EN SUISSE. l'àGTE DE MÉDIATION ABROGÉ 155
ministre d'Autriche, reçut de lui la con6rmation de la nouvelle apportée par Gatschet et de Werdt. Il en fut indigné, « Nulles considérations égoïstes, repartit de Mulinen, ne porteront jamais le gouvernement de Berne à favoriser l'entrée d'armées étrangères en Suisse ; il s'en déshonorerait. » On a le droit d'être surpris que, en présence de celte déclaration et de l'attitude de Watteville, d'Herrenschwand et de Reinhard, Metternich ait osé affirmer dans ses mémoires que la partie saine du peuple helvétique avait salué les Autrichiens comme des libérateurs. Quoique l'Autriche fût alors représentée auprès de la Confédération, non seulement par le comte de Schraut, mais encore par un envoyé extraordinaire, le chevalier de Lebzeltern, le 19 décembre, deux jours avant l'entrée des Alliés, arrivait à Berne un troisième diplomate viennois, le comte de Senft-Pilsach1. Le caractère non officiel de la mission de cet agent devait permettre à Metternich de le désavouer au besoin. Le lendemain de son arrivée, Senft se présente devant le Petit Conseil, sans lettre de créance, et répète, au nom de l'empereur d'Autriche, du tzar et du roi de Prusse, la sommation adressée l'avant- veille à l'avoyer de Freudenreich par les délégués du Comité de Waldshout. Le gouvernement bernois, invité ainsi à abdiquer, décide de rester à son poste et d'attendre les événements ; cette conduite est approuvée par le Grand Conseil. Le surlendemain, Senft-Pilsach réitère sa sommation par une lettre signée.
Entre temps, les armées autrichiennes ont pénétré en Suisse. L'ébranlement causé par cet événement, joint à la perspective de rentrer en possession du Pays de Vaud et de TArgovie, finissent par désarmer l'opposition des anciens avoyers de Watteville et de Mulinen. LTn brusque revirement se produit : le 23, le Grand Conseil', sur la proposition du Conseil d'Etat, proclame, par 81 voix contre 6, l'abrogation de l'Acte de médiation, et il remet ses pouvoirs aux Grand et Petit Conseils de la ville, envisagés comme les légitimes souverains du canton. Le lendemain, 24 décembre, les survivants de l'ancien patriciat bernois prennent possession du pouvoir ; immédiatement ils ordonnent aux gouvernements vaudois et argovien d'avoir à tenir à leur disposition caisses, arsenaux, comptabilité, et ils invitent leurs anciens sujets à faire bon accueil aux armées des puissances alliées.
1 Le comte de Senft-Pilsach était un ancien minisire du roi de Saxe; il avait passé Tété précédent dans le canton de Vaud, où on l'avait bien accueilli.
En prenant connaissance de la proclamation bernoise, Metternich dit : C'est moins Vappcl d'une mère à ses enfants que le cri d'un vautour fondant sur sa proie. D'autre part, tout en se félicitant de la manière dont il avait joué le tzar, il s'efforçait d'atténuer la fâcheuse impression produite par sa politique : la révolution qui s'opérait en Suisse n'était, selon lui, que le résultat naturel de la réaction produite par les défaites que Napoléon venait de subir.
Le coup d'Etat accompli par les patriciens bernois causa dans le pays une surprise générale. Les gouvernements vaudois et argovien prirent aussitôt des mesures énergiques : ils firent parvenir à la Diète une protestation pleine de dignité, adressèrent à leurs peuples un appel pour les engager à demeurer fidèles aux serments prêtés, interdirent sous les peines les plus sévères le colportage de la proclamation bernoise, et envoyèrent des délégués au camp des Alliés pour plaider leur cause. D'autre part, l'ancien avoyer de Mulinen, désireux d'atténuer l'indignation produite par la proclamation bernoise et de préparer les voies à une entente, chercha à se mettre en rapports avec quelques représentants de la noblesse vaudoise que la Révolution avait dépouillés de leurs privilèges ; mais ceux-ci déclarèrent à une très grande majorité, par l'organe de MM. de Seigueux et de Constant d* Hermenches , que l'indépendance du canton de Vaud pouvait seule assurer son bonheur et, avec une abnégation digne d'éloges, ils déclinèrent les offres du patriciat bernois.
Le 26 décembre, le général de Bubna arriva à Lausanne ; ayant reçu du prince de Metternich la mission de coopérer à la réunion du Pays de Vaud à l'Etat de Berne, il s'aboucha avec les grands propriétaires, ci-devant seigneurs et possesseurs de fiefs; mais leur attitude et celle du gouvernement vaudois le convainquirent promptement de l'impossibilité de rétablir le régime bernois. Les patriciens réactionnaires qui avaient suivi le Comité de Waldshout se trouvaient ainsi déboutés de leurs prétentions sur les bailliages romands dont la perte leur pesait.
De Lausanne, Bubna se dirigea sur Genève avec ses troupes. Les patriotes genevois attendaient avec impatience le moment où leur ville parviendrait à secouer le joug français. Us avaient constitué un comité secret qui se tenait prêt à agir. Un ancien magistrat, Joseph Des Arts, en était l'Ame; il avait pour collaborateurs les Lullin, les Saladin, les Pictet, les Micheli, etc. Le 25 décembre, le préfet du département du Léman, baron de Capelle, ne se sen-