‹ Histoire de la nation suisseChapitre 11 sur 82 · LES Z^BINGEN · texte numérisé non relu

LES Z^BINGEN

autrefois cette inscription : « Berthold qui vainquit les Bourguignons a construit cette porte. »

La fondation de Berne en 1191, par Berthold V, fut le digne couronnement de l'œuvre des Zaeringen. Ce fut à la suite de grands succès remportés sur la noblesse burgonde à Avenches et à Grindelwald que Berthold V jeta, dans la forte position que forme le coude de l'Aar, les fondements de la future ville fédérale. La cité de Berne, dont un ensemble de circonstances heureuses devait favoriser le développement, eut sur Fribourg l'avantage d'être construite sur les terres de l'empire. Les Bernois ont élevé, en 1848, sur la terrasse de leur dôme une statue à Berthold V, représenté en costume de chevalier.

Peu de temps après la fondation de Berne les luttes entre le trône et Tautel, entre les Gibelins (partisans de Tempereur) et les Gmlfes (partisans du saint-siège) recommencèrent. A la mort de l'empereur Henri VI, en 1198, les Gibelins lui donnèrent pour successeur Philippe de Souabe, et les Guelfes* offrirent la dignité impériale à Berthold V, mais il la refusa ne voulant pas servir d'instrument aux partis.

Une nouvelle famille, originaire de la Maurienne, à laquelle l'avenir réservait de grandes destinées, commençait à prendre de l'importance dans la Suisse occidentale ; c'était celle des comtes de Savoie, qui après avoir acquis le Chablais, le bas Valais et la rive droite du lac Léman jusqu'à la Veveyse, jetaient un regard de convoitise sur le pays de Vaud. A l'appel du comte Thomas P', les gentilhommes romands reprirent les armes et s'emparèrent de Chillon, de Moudon et de Romont, où la croix de Savoie remplaça l'aigle et le lion des Zapringen. Au soir de la vie, le vieux duc tenta encore la fortune des armes, il pénétra en Valais par le Grimsel, mais fut battu à Ulrichen en 1211 ; épuisé, las de la lutte, il fit sa paix avec le comte de Savoie, et se retira dans son château de Zaeringen, où, dernier de sa race, il mourut en 1218.

De longues périodes nous séparent des temps que nous venons de décrire et cependant, pour l'observateur désireux de rechercher

* Le terme de Guelfes est une corruption de Welfy prénom du duc de Bavière mentionné plus haut, page 86, comme le terme de Gibelin est dérivé de Wiblingen, nom d'une seigneurie que les Hohenstaufen possédaient en Souabe ; dans le passage d'une langue à l'autre, ce changement d'initiale est fréquent, c'est ainsi que Wilhclm (en anglais William) se traduit en français par Guillaume et Walther par Gauthier.

les origines de notre nationalité suisse, cette époque mouvementée de notre histoire a conservé un réel intérêt. Les grandes personnalités qui viennent de défiler sous nos yeux, se sont signalées par des fondations importantes qui ont exercé une influence durable sur les temps qui suivirent et produit des résultats très différents peut-être de ceux qu'elles en attendaient.

Nous avons vu dès le dixième siècle l'empereur s'efforcer d'établir par la force des armes sa domination dans nos contrées. Deux directions contraires se manifestent au sein de l'empire, l'une tend à l'unification de TEtat, à l'organisation d'un pouvoir plus fort, plus centralisé, l'autre tend au développement de l'autonomie locale. Des dissentiments surgissent entre l'empereur et le saint-père ; les grands en profitent et s'appuyent sur le saint-siège pour accroître leurs prérogatives ; le pape, peu soucieux de l'anarchie résultant de ces dissensions, ne songeant qu'à assouvir son ambition et à affirmer sa prééminence, favorise les instincts d'indépendance des grands vassaux de l'empire ; l'empereur de son côté pour rattacher à sa cause les ducs et les comtes leur accorde des privilèges. La période de notre histoire qui va de l'an 900 à Tan 1200 offre le spectacle d'un chaos. On n'entend parler que de contestations, de démêlés, de violences et de prises d'armes sans fin. La conséquence de ces luttes est une désagrégation générale de l'empire et la constitution d'un certain nombre de grands duchés qui tiennent en échec la puissance impériale.

Durant une longue série de siècles nos contrées avaient été assujetties à une autorité étrangère. Elles avaient subi tour à tour la domination romaine, puis celle des Francs, et enfin celle des rois ou empereurs allemands, elles faisaient ainsi partie intégrante d'un grand Etat ayant en dehors de nos frontières son centre de gravité et se trouvaient politiquement réunies à des provinces qui n'ont aujourd'hui plus un lien commun avec elles. A partir du douzième siècle un revirement se produit graduellement. Des dynastes puissants, les Rheinfelden, puis les Zaeringen, fournissent un point d'appui nouveau aux cités existantes ou en voie de formation ; les villes elles-mêmes secondent les ducs de Zaeringen dans leurs luttes contre la noblesse, elles acquièrent en récompense des franchises , se développent et aspirent à l'autonomie. On a beaucoup loué la sagesse des Zaeringen, dont les fondations ont préparé les voies à la formation de la Suisse, il est bien évident cependant que c'était dans un intérêt dynastique et non

LES ZiERINGEN

GÉNÉALOGIE DES Z^RINGEN ET DES KIBOURG

BERTHOLD I^r

(de Villing^en)

prend le nom de Zérinpen

Epouse la duchesse de Cannthie

et prend en 1078 le titre de

de duc de Carinthie.

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