DÉCUN DE LA FÉODALITÉ
cités suisses ; il se manireste par l'or^anisatiori de jeux, de fêtes, de banquets, de mascarades, de représentations théâtrales ; les arts sont eu progrès. Les autorités municipales exerçaient un cod- Irôle sévère sur leurs administrés. Les mesures de police relatives à l'hygiène publique et à la sécurité étaient particulièrement rigoureuses. Les boucheries, les boulangeries, lesdébits de boissoQS étaient surveillés de près, les falsifications des vins, les mélanges étaient punis d'amendes, et les vins étrangers soumis à un droit (Ohmgeld). Des soins de propreté étaient exactement prescrits, c'est ainsi qu'à Lucerne, il était interdit d'avoir en ville des laies ; les maréchaux devaient recueillir le sang des chevaux qu'ils saignaient ; chaque particulier était tenu de balayer une fois par semaine devant sa porte. Des guets furent préposés à la garde des rues pendant la nuit, ils devaient réprimer tout scandale et interdire ce qui pourrait amener un incendie ; il était défendu à Lucerne d'entretenir du feu pendant la nuit, et chaque bourgeois devait avoir dans sa demeure un seau à incendie et un tonneau plein d'eau. La police des mœurs n'était pas moins rigide. Le luxe des vêtements était prohibé ; après la cloche de l'angelus tous les divertissements tels que jeux de quilles, jeux d'adresse, danses, etc., étaient interdits à Lucerne. Les offenses à Dieu, à la Vierge et aux saints, les imprécations et les jurements étaient punis d'amendes. La culture et le savoir, jadis apanage des couvents, commencent à se développer dans les villes. Au milieu du ireiisième siècle, on voit des écoles se fonder à Zurich, Lucerne, Berne, Winterthour. Dans la première de ces cités se distingue le maftre et chanteur Conrad de Mure, à la fois théologien, pédagogue, musicien, humaniste et naturaliste; il possédait une bibliothèque dont il fit présent au chapitre du dôme. Zurich était un centre de culture; autour de l'abbesse Elisabeth de Welzikon et de son parent l'évêque Henri, précédemment chanoine du chapitre du dôme, et du chevalier Albert de Klingenberg s'était groupé tout un cercle d'amaleurs de poésie et de musique, composé de Frédéric et Kraft de Toggenbourg, du baron de Begensberg, de l'abbé dC Einsiedeln, etc. Dans celte société choisie se rencontraient les deux Manesse, Roger et Jean ; le premier composa un recueil de chansons et de contes, dont le manuscrit s'est perdu, qui contenait des compositions de Kraft de Toggenbourg, d'Eberhard et d'Henri de Sor, de Waller de Klingen, du maréchal de Bapperschtcil, d'Henri de Slrâtllingen, de Wemer de Teufen, de Jacques de H'art, etc. ; c'étaient
PÉRIODE HÉROIqDE
naïves où les chevaliers contaient leurs peines de itaient les mérites de leurs dames. Une copie de ce
trouvée par Bodmer, en 1746, à Paris ; elle provenait hèque des comtes palatins où elle avait été soustraite lierres de Louis XIV. On remarquera que dans le do-
Scène de la vie dei MiDOesiiifer. (Tiré de louvrage de M. F.-X. Krins : l'ntalLfcn der Maaaiûclitn Ltederhandichrifl. Slraibourg 1B8T.)
îttres, la Suisse orientale entra en lice bien avant la lentale. /. Hadlaub, le plus connu des Minnesanger, icéda d'un siècle Otfuin de Grandson, le seul de nos dont le nom ait passé à la postérité et que l'on consi- : le plus ancien de nos poètes romands.
ENTRÉE DE LDCERNE DANS LA. CONFÉDÉRATIOM
Extension de l'alliance des Waldstsetten. — Entrée de Lucerne dans la Confédération (7 novembre 1332).
Siège de Soleure, alliaoce des Waldstœtleo avec Berne, Claris et les villes impériales du Rhin, — Traité enlre les Waldstetlen et le vicaire ^néral de Came, relatif à la Lévantiae et au val d'Ossola. — Origine de la ville de Luceroe. — L'abbé de Mourbach cède aux Habsbourg ses droits sur Lucerne. — Entrée de Lucerne dans l'alliance des Weldstœtten. — Lutte des Waldslstten et de Lucerne contre l'Autriche.
Les villes de l'Uchtlaod, Berne, Soleure, Moral, Bienne et Fribourg, n'avaient pas pris part à la guerre de Morgarten, elles étaient demeurées neutres. Pour se mettre au bénéfice de la victoire remportée sur les Habsbourg, elles conclurent alliance avec les Waldstsetten le 27 février 1318. Le duc Léopold, déjà mécontent de ces villes, le fut encore davantage lorsqu'il apprit la formation de cette nouvelle confédération. Exaspéré de sa défaite de Morgarten et désireux de relever son prestige, il reprit les armes après s'être assuré du concours du comte Hartmann de Kibourg, du baron de Weissenbourg et de Jean La Tour Châlillon, grand seigneur valaisan qui possédait de nombreux fiefs dans les vallées de l'Aar et de la Sarine. Puis, profitant de la trêve conclue avec les Waldstaetten, il met, à. la fin d'août 1318, le siège devant Soleure avec une nombreuse armée, composée de gentilshommes et de bourgeois d'Argovie, d'Alsace, du Brisgau, des troupes du comte de Kibourg, des Valaisans et des Oberlandais que lui amenait le sire de La Tour, Les Bernois s'empressèrent d'envoyer des secours aux Soleiu-ois, mais, malgré cet appui, les assiégés eussent peutêtre succombé sans une circonstance extraordinaire qui leur vint en aide. Une crue subite des eaux rompit le pont que Léopold avait fait construire sur l'Aar, emportant dans sa chute les soldats préposés à sa garde. Mus par un élan généreux, les Soleurois opérèrent le sauvetage de leurs ennemis au moyen de cordes et de perches. Touché de ce trait, Léopold, en prince magnanime, rendant bienfait pour bienfait, leva le siège et conclut la paix avec eux. Il renonça également à reprendre les hostilités contre les Waldstœtten ; estimant que ses desseins aboutiraient mieux par
PÉRIODE HÉROÏOCE
diplomatie, il renouvela avec eux la suspeDsion
lyaDt pris fio le 15 août 1323, les Confédérés 'er de nouveau dans uoe position critique. Pour épendance, on les voit, luttant de diplomatie avec ?ter, au commencement du mois d'août, une alliance s, et, peu de temps après, avec les Glaronnais. iéjà (15 novembre 1317), les Waldstaelten avaient ville de Thoune un pacte, qui devait se transforlliance avec les Oberlandais ; Uri avait signé paiité avec l'abbaye de Dissentis, qui avait à sa tête un imille d'Attinghausen. De son côté, le duc Léopold allié utile dans la personne du comt** Jean de Habsrg-Bappersckicil, qui s'engagea à lui prêter main- •ux ans contre Louis de Bavière et à le soutenir ttstten et Claris aussi longtemps que durerait la ant ces préparatifs belliqueux, la guerre n'éclata mourut en Alsace, le 28 février 1326, à l'âge de is, sans avoir pu se venger de la défaite de Hor-
i 1" disparut le plus dangereux adversaire des successeurs dans l'administration des possessions ! la Haule-Allemagne furent ses frères Albert et
système politique, les Confédérés entrèrent, en
grande ligue dont faisaient partie Zurich, Berne, is. Spire, Strasbourg, Bâle, Fribourg en Brisgau, Tlingen, Lindau et le comte Eberhard de Kibourg. ^n outre avec ce dernier, jadis chaud partisan de |ui le redevint ensuite, une alliance spéciale de I, le 12 août 1331, le landamman Attinghausen, ilédérés et de leurs amis d'Urseren et de Zurich,
vicaire général de Côme, Franchtno Rusca, au ntine et du val d'Ossola, un traité de paix qui fut :quisitions que les Suisses firent plus tard au sud trouve dans ce traité, remarque M. Hilty, la preifficielle de la route du Golhard que chacune des ' à entretenir et à protéger sur son territoire jus-
du Saint-Cothard au sommet du col.
aie développement de la Confédération des Wald-