ENTRÉE DE LDCERNE DANS LA CONFÉDÉRATION
slaetten qui, à peine formée, s'entoure d'un réseau de sympathies, et jette les bases de ses agrandissements futurs, avait été favorisé par [es dissensions de l'empire. La lutte entre le roi Louis de Bavière et l'archiduc Frédéric d'Autriche avait continué, avec des chances diverses, pendant les événements que nous venons de raconter. En 1322, Louis avait infligé à MuMdorf, une sanglante défaite A Frédéric le Beau, et s'était emparé de sa personne ; puis une coalition, dans laquelle entra le roi de France Chartes IV le Bel, se forma contre le vainqueur qui, abandonné des siens, relâcha son rival, en 1325, et se réconcilia avec lui. Frédéric mourut peu d'années après (1330).
La réconciliation de la maison de Habsbourg avec Louis de Bavière exposait les Waldstaetten à de nouveaux dangers, car en faisant la paix, l'empereur rétablit les ducs d'Autriche dans les dignités, les droits et les biens dont ils avaient été privés, y compris ceux qu'ils avaient possédés dans les Waldstfetten. Le comte Elberhard de Kibourg, se sentant en péril, traita avec les Habsbourg par l'intermédiaire de sa parente, la reine Agnès de Hoogrie; il sacrifia sans hésitation ses alliés et s'engagea même à les combattre au besoin.
C'est à ce moment critique qu'un nouveau et plus fidèle allié entre en scène. Les moines de Mourbach, en Alsace, avaient fondé au milieu du huitième siècle un modeste couvent au bord de la Reuss, à l'endroit où cette rivière sort du lac des Quatre-Cantons, et avaient placé cette maison sous le patronage de saint Léodegar (Léger). Sur les terres du couvent, un petit village de pêcheurs s'était formé. Ce hameau, qui avait pris le nonï de Luzzeren, aussi appelé Luciaria ou Lucerreti, s'était peu à peu accru et avait passé au rang de ville dans le courant du douzième siècle, tout en demeurant, ainsi que quinze autres localités du canton actuel de Lucerne, sous la juridiction de la riche abbaye de Mourbach. Son développement avait été le même que celui de beaucoup d'autres cités du moyen âge qui se construisirent sur des terres ecclésiastiques. Les abbés de Mourbach y exerçaient le pouvoir par l'intermédiaire d'un intendant ou amman qui y rendait la basse justice ; douze hommes libres assistaient l'abbé ou son représentant lorsque siégeait la haute cour. L'avouerie ecclésiastique était confiée au landgrave d'Argovie, soit dès l'année 1239 à la branche
ibourg, qui, eux-mêmes, se faisaieDt représenter 03 de Rothenbourg. Placée au débouché de pluï l'entrée du plateau, Luceme était appelée à de-
de commerce, aussi fut-elle de bonne heure le !iés régaliens où, en raison de la proximité du Goiuits des contrées du Rhin pouvaient s'échanger la Lombardie. Grâce à ces circonstances favorables,
s'enrichissent et avec l'aisance se développe le ipendance ; ud conseil de ville se constitua sous de l'amman et protégea les habitants contre les
avoués. La constitution de cette autorité municiins les villes épiscopales du Rhin, relâcha dans une i le lien qui unissait les Luccrnois à l'abbaye de 'ant les luttes entre le trône et l'autel, Lucerne pnl ! parti impérial et se mit en état d'hostilité ouverte
de Mourbach et le bailli de Rothenbourg. Une conrcubrief) passée, le 4 mai 1252, entre Arnold, avoué ;: et ses fils d'une part, l'amman Walter, le comiil et tourgeois de Lucerne de l'autre, mit lin aux conflits evés entre eux, et nous prouve que la bourgeoisie issait déjà à celte époque d'une certaine autonomie lue par l'avoué de Rothenbourg, puisqu'il consent à K.. Par cette convention, les bourgeois de Lucerne !* serment à toute alliance conclue à l'occasion de s citoyens qui, à l'avenir, chercheraient ou conmauvaises alliances » de ce genre étaient passibles de dix marcs et expulsés de la ville pendant deux is où il surgirait aussi une lutte, t depuis le lac agnards, » tous ceux qui s'y rendront devront traaciûcation et n'assister leurs amis que par leurs rs armes, mais ils ne doivent pas combattre en
peine d'une amende de cinq marcs. Si une guerre
aucun bourgeois ne doit y aller ; en cas de contraira plus le droit de revenir dans la ville jusqu'au B paix sérieuse aura mis fin à la lutte. (Voir le rer M. Oechsh, n° 139.)
nde moitié du treizième siècle, le mauvais état finani de Mourbach permit à la ville de Luceme de rachetés droits seigneuriaux auxquels elle était assujettie s droits aux dépens de ceux de l'avouerie alors exer-