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CHAPITRE VIII

Guerre des Confédérés avec l'Autriche. — Entrée de Glaris et de Zoug dans la Confédération (4 juin et 27 juin 1352).

Siège de Zurich par les AulrichieDS. Arbitrage enlre l'Autriche el les CoDfédérés. Médiation de la reine Agnès. — Situation politique des Glaronnais. OccupalioD de Glaris par les Confédérés. — Reprise des hostilités entre Zurich et la noblesse autrichienne. Combat de Tœtwil. — Tentative des partisans de l'A ulricbe pour faire rentrer Glaris sous la domination des Habsbourg. Entrée de Glaris dans l'alliance des WaldslKtlen. — Occupation de Zoug par les Confédérés. Entrée de Zoug dans l'alliaDce des WaldslKlIeo. — Médiation du margrave de Brande-

L'învasion de la Marche et la destruction d'Alt-Rapperschwil étaient un dé6 lancé à l'Autriche. Le duc Albert ne releva cependant pas immédiatement le gant, absorbé sans doute par d'autres soucis, il laissa s'écouler presque une année, et ce ne fut qu'à la fin de l'été de 1351 qu'il parvint lui-même en Argovie pour, delà, commencer ses opérations contre Zurich et ses alliés. Aussitôt la noblesse s'empressa autour de lui. Les Zuricois lui envoyèrent une ambassade qui eut riosuccès auquel on pouvait s'attendre ; le duc reprocha aux envoyés de Zurich leur manque de foi, la destruction d'Alt-Rapperschwil et la dévastation de la Marche, il réclama une complète réparation que ses anciens protégés ne pouvaient ni ne voulaient lui donner. Le 14 septembre, Albert entre en campagne avec une armée estimée à 16 000 hommes, dans laquelle figuraient des contingents de Berne, Soleure, Bâie, Strasbourg et Fribourg en Brisgau. De son côté, Zurich avait reçu des secours des Waldstsetlen. Le 20 septembre le siège commença.

Il Taut croire cependant que des deux côtés on n'était pas très désireux d'en venir aux mains, car des pourparlers s'engagèrent bientôt. Les bourgeois de Berne et quelques gentilshommes offrirent leur médiation; chaque partie désigna deux arbitres. Le choix des Confédérés se porta sur deux bourgeois de Berne, Philippe de Kien et Pierre de Balm, celui de l'Autriche sur le comte ïmier de Strassberg et Pierre de Stoffeln, commandeur de l'ordre teulonique, et il fut décidé que, pour le cas où les arbilres ne pour-

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raient tomber d'accord, la reine Agnès de Hongrie, fille de l'empereur Albert, serait appelée à départager les voix. Comme gage de leur sincérité, tes Zuricois livrent à FAutriche seize otages qui furent envoyés à Baden.

La senleoce préparée par les arbitres autrichiens ' fut présentée à l'approbation de la reine le 12 octobre, elle était favorable aux ducs aJDsi qu'il était à prévoir. Zurich fut condamnée à rebâtir Alt-Rapperschwil, à restituer la Marche et à donner des dédommagements à toutes les victimes de ses violences. Les arbitres prononcèrent en outre que l'Autriche devait jouir à Lucerne de tous les droits qu'elle y avait acquis de l'abbaye de Mourbach et que les sujets autrichiens devaient être indemnisés pour les dommages qu'ils avaient éprouvés pendant les dernières guerres. Enfin les Waldstœtten devaient laisser l'Autriche exercer en pleine liberté tous les droits dont l'existence avait été établie par l'enquête faite sous le règne de Louis de Bavière, en 1334, ou qui pourraient se prouver encore par des documents provenant de l'empereur, de l'abbé de Mourbach ou d'autres seigneurs. Ils ne devaient pas s'opposer à la juridiction et aux droits comlaux, et ils étaient tenus d'accepter la monnaie frappée à Zofingue. Zurich, Lucerne et les WaIdsI<Ttten ne devaient s'allier à aucun pays sujet de l'Autriche. Chaque année, les alliés devaient renouveler cette paix par serment entre les mains du bailli impérial.

Il est piquant, aujourd'hui que les revendications des féministes se font de plus en plus fréquentes, de constater que l'un des plus anciens arbitrages politiques dans lesquels ta Suisse a été impliquée a eu pour président une femme. I^es cantons n'eurent du reste pas à se féliciter de ce choix.

Ce verdict remettait, en effet, en question les résultats de Morgarten, il était dirigé surtout contre les Waldstsetten. La Confédération, observe M. Hilly, fut généralement malheureuse en tenant la plume, et presque toujours heureuse en tenant l'épée. Les Confédérés refusant de s'incliner devant cette sentence, les hostilités recommencèrent. Ce ne furent d'abord que combats d'escarmouches autour de Zurich, puis, au mois de novembre, le duc Albert ayant été rappelé à Vienne par la mort de sa femme, la guerre changea de caractère, les Suisses prirent hardiment l'offensive et firent la conquête de Claris.

I On oe coniiail pas la sentence proposée par les arbitres bernois.

ENTRÉE DE CLARIS ET DE ZOtlG DANS LA CONFÉDÉBATtUN 363

La vallée de la Linlh était depuis le dixième siècle la possession du couvent de Sœckingen sur le Rhin. L'avouerie impériale y fut exercée successivement par les Lmzbourg, les Kihourg et les Habsbourg. La basse justice et l'administration des domaines de l'abbesse de Saeckingen étaient confiées à un maire (meter) dont la charge était devenue héréditaire dans la famille des Tschudi jusqu'au milieu du treizième siècle, où elle passa en mains du chevalier Diethelm de Windeck ; à la mort de celui-ci, en 1288, Rodolphe I" obtint de l'abbesse l'investiture de ces fonctions en faveur de ses deux fils, Albert et Rodolphe de Habsbourg.

Sous la domination de Tabbesse, les Glaronnais avaient vécu heureux et paisibles ; deux ou trois fois l'an, ils se réunissaient en communauté sous la présidence d'un maire qui, assisté de douze assesseurs, jugeait les délits et les différends, puis délibérait sur les intérêts du pays. Une fois l'avouerie et la mairie, la haute et la basse justice, concentrées entre les mains de l'Autriche, la situation se modifie.

Les Glaronnais n'avaient eu, jusqu'au commencement du quatorzième siècle, que peu de rapports avec leurs voisins des Waldsta-tten ; quelques contestations cependant s'étaient élevées au sujet des frontières de leurs alpages ; mais, peu avant Morgarten, une trêve fut conclue et lorsque le duc Léopold requit l'appui des Glaronnais, ils refusèrent fièrement de marcher contre les Confédérés, alléguant qu'étant sujets de l'abbesse de Saeckingen et non des Habsbourg, ils n'étaient pas tenus de prendre part aux guerres particulières de l'Autriche. Cette neutralité était un indice non équivoque du mécontentement que soulevait la domination autrichienne, et des sympathies que les Confédérés s'étaient acquises auprès des habitants du Linththal.

En proclamant leur neutralité les Glaronnais s'étaient tenus sur le terrain du droit strict, mais cette résistance contre les empiétements territoriaux des Habsbourg devait fatalement les conduire à se rapprocher des Coorédérés. En 1323, ainsi que nous l'avons déjà vu plus haut, une entente s'établit entre les Waidstsetten et les Glaronnais dans l'éventualité d'une nouvelle guerre avec PAutriche. Celte attitude, étant donné l'expiration de la trêve conclue entre les Waldstretteo et l'Autriche, exposait Glans à entrer en lutte avec cette dernière puissance, et manifestait une tendance positive à l'émancipation. Vers 1344 la fermentation des esprits

PÉRIODE HÉBOÏQOE

, l'Autriche réclama de t'abbesse de Sseckingeo la tiâteau de Na^^els ei le duc y établit le bailli qui, avait résidé à Windeck. En 1350, nous trouvons occupaot la place du lieutenant baiUival (Untervogt) lors, avait été remplie par un Glaronnais. Dans ces >D ne peut pas s'étonner des sympathies que les Zuri- ; alliés des Waldstsetten rencontraient dans la vallée

le possession de Claris par les Confédérés, vers la fin 351, se fit sans grand'peine, ce fut moins une conï annexion pacifique. En passant ainsi de la défensive , les Confédérés voulaient se prémunir de ce côté que des Autrichiens et s'assurer des sympathies d'un ) savaient en communauté d'intérêts avec eux. coup,de main hardi, la guerre continua avec un acharlublé. Les Zuricoîs portèrent la dévastation sur les utriche, et les garnisons des châteaux de la noblesse labsbourg harcelèrent les Zuricois. Ces derniers ne )ujours heureux dans leurs expéditions. Voulant sursarti de cavaliers bâiois, strasbourgeois et fribourgeois [ui sous le commandement de Burkard d'Ellerbach, nus I !S murs de Baden, les Zuricois sortent en le concours des Confédérés, dans la nuit de Noël, ard leur 6t manquer leur dessein. Ils n'arrivèrent lever du soleil au camp de Baden, et les cavaliers parvinrent à se retirer à l'abri des murs de cette ville, passèrent la journée du 26 à ravager les bords de la ioir ils remontaient la vallée de la Reuss pour rentrer ^ue les Autrichiens, postés sur le plateau de Tœiwil,

la retraite. Un combat obstiné s'engagea, les deux it des pertes sérieuses, la nuit sépara les combattants ux Zuricois de regagner leur cité. Celte escapade idée de la manière hardie dont se faisait alors la ibre d'auteurs ont raconté qu'au combat de Tœtwil ;tre Rodolphe Broun se serait enfui précipitamment;

point avéré. D'après M. Dierauer, il ne paraîtrait l'oir pris part à cette expédition, le janvier, les Lucernois, à leur tour, marchent sur Is sont arrêtés par les fortifications que le duc Albert jlever; en revenant, ils saccagent Ruswil.

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