ENTRÉE DE CLARIS ET DE ZOUG DANS LA CONFÉDÉRATION
Bientôt toute l'attention des Confédérés se porte sur Glaris. Profitant de ce que les Glaronnais s'étaient affaiblis en envoyant un secours de deux cents hommes à Zurich, Walter de Stadion fit, avec les habitants de Jiesen et un certain nombre de seigneurs des environs, une tentative pour reprendre la vallée, mais il échoua et y perdit la vie (2 février 1352).
Les Glaronnais avaient fait leurs preuves et montré ce dont ils étaient capables. Après avoir victorieusement tenu tête aux Autrichiens, ils sont admis, à leur tour, dans l'alliance perpétuelle des Waldstaetten et de Zurich. Le traité qui les unit à la Confédération fut signé le 4 juin 1352 ; Lucerne, sans doute en raison de sa situation mal définie vis-à-vis de l'Autriche, ne prit pas part à ce pacte. L'alliance glaronnaise, comme déjà celle avec Lucerne, a le caractère d'un protectorat, elle ne permet aux Glaronnais de conclure des traités qu'avec le consentement des Confédérés. Les Glaronnais sont tenus de prêter main-forte aux Confédérés sans être admis à contrôler les motifs de la giieri[*e, tandis que, dans le cas inverse, les Confédérés sont en droit d'examiner si la guerre qu'entreprend Glaris est juste ou non. Les Confédérés se réservent la possibilité de changer, au gré de la majorité d'entre eux, un article du traité si l'occasion s'en préseni^e ; ils se réservent encore de châtier les traîtres qui, par leurs menées secrètes, porteraient préjudice à l'alliance. En cas de contestations entre Glaris et les Confédérés, l'arbitrage a lieu suivant la procédure fixée par les précédentes alliances. Cette situation subordonnée devait durer pour eux jusqu'en 1394, où Glaris obtint l'égalité des droits. La situation de Glaris était, d'autre part, fort différente de celle de Lucerne, en ce sens que cette vallée n'était point sujette de la maison des Habsbourg et ne se trouvait gouvernée par le duc d'Autriche qu'en tant qu'avoué de l'abbaye de Sa^ckingen. C'est évidemment contre l'Autriche que fut dirigée l'alliance de 1352.
Tandis que se concluait l'alliance glaronnaise la guerre avait continué avec des chances diverses. Le 18 mars lesZuricois avec l'aide des Waldstaetten avaient incendié Béromunster ainsi que sept villages ou fermes et amassé un grand butin ; quelques jours après, ce furent les Autrichiens qui saccagèrent Kussnacht et d'autres villages aux environs de Lucerne. Le 27 mai les Lucernois avec
les Waldstœtten, mais sans les Zuricois, s'emparèrent du château de Neu-Habsbourg et le détruisirent.
A peine les Confédérés avaient-ils fait alliance avec Claris, qu'ils font encore une nouvelle annexion, dont la situation géographique faisait le principal prix. Entre Schwyz et Zurich se trouve le petit pays de Zoug. Le bourg de ce nom et le village d'Oberwyl appartenaient à la branche afnée des Habsbourg depuis Tannée 1272 ; les ducs d'Autriche possédaient également des droits d'avouerie sur les communes rurales de Baar, Menzingen et Egeri. Ils y exerçaient la haute justice et y étaient représentée par un bailli résidant à Zoug et administrant tout ce district.
Les Zuricois avaient besoin de la place de Zoug pour assurer leurs rapports avec les Confédérés. Le 8 juin 1352, ils pénétrèrent dans le district extérieur de Zoug sans difficultés, les habitants se soumirent à eux bénévolement. La ville ferma ses portes, subit un siège de 15 jours, suivi d'un assaut et se rendit le 23 juin. D'après le récit d'un chroniqueur zuricois, elle aurait demandé un délai de trois jours pour implorer l'appui du duc ; mais celui-ci montra peu d'empressement à la secourir. Quoi qu'il en soit, les Zougois acceptèrent les offres des Confédérés, et, le 27 juin 1352, le conseil et les bourgeois de Zoug et des villages du district signèrent un traité d'alliance perpétuelle avec Zurich, Lucerne et les trois Waldstaetten. Les termes de ce pacte sont à peu près la répétition textuelle de ceux de l'alliance de Zurich ; les conditions faites à Zoug sont donc beaucoup meilleures que celles qu'avaient obtenues les Glaronnais. Cette différence de traitement s'explique par le fait que, en sa qualité de ville fortiflée et placée au centre de la Confédération, elle était moins exposée aux attaques de l'Autriche. Ayant un conseil et un avoyer, elle jouissait déjà d'une certaine autonomie. Le fait que Zoug réservait le droit de justice de l'Autriche permit à Lucerne de se joindre à cette alliance.
Le 18 juin, le duc Albert était revenu devant Zurich reprendre la direction des opérations militaires. Pour subvenir aux frais de la guerre il avait levé un impôt sur les biens des couvents autritrichiens, et par ce moyen s'était assuré le concours de nouveaux alliés : le comte Amédée de Savoie, le duc Eberhard de Wurtemberg, le sire de Thorberg et plus tard le margrave de Brandebourg, L'armée qu'il réunit a été estimée à 2000 cavaliers et 30 000 fan-