FORMATION DES U6UES GRISONNES
successifs, les Dix-Juridictions parvinrent dans la suite à s'affranchir de leurs seigneurs.
Vers le milieu du siècle, sans qu'il soit possible de préciser exactement quand et comment, les trois petites confédérations rhétiennes s'unirent. La confédération des ligues grisonnes se trouva ainsi créée telle qu'elle a subsisté jusqu'à l'époque contemporaine. Chacune des trois ligues conserva son autonomie et possédait son sceau ; la ligue de TOberland ou ligue grise avait huit cours supérieures et trente-et-une instances inférieures ; la ligue de la Maison-Dieu, dix cours supérieures et vingt-et-une instances inférieures ; la troisième ligue, dix cours supérieures. Ces cours correspondaient aux anciennes seigneuries, chacune avait une potence comme signe extérieur de sa compétence. Ces juridictions supérieures avaient un caractère administratif, car dans ces temps reculés, les pouvoirs exécutif et judiciaire étaient généralement confondus, ce n'est que relativement tard, au dix-neuvième siècle, que le principe de la séparation des pouvoirs a prévalu en Suisse. Chaque juridiction envoyait des délégués à la diète des trois ligues, qui s'assemblait à Vazerol, non loin de Tiefenkasten. Vazerol n'est qu'un modeste hameau de la commune de Brienz, qui faisait partie de la ligue des Dix-Juridictions, mais c'était le point où la route du Praettigau à Thusis croise la route de Coire en Engadine, à peu près à égale distance des grands passages du Schyn, du Julier, du Septimer, de l'Albula et de la Fluela. Les députés des ligues s'y rendaient à pied, avec une grande simplicité, pour délibérer sur les intérêts du pays, et suspendaient, dit-on, à un saule leur havresac où se trouvaient contenues leurs provisions de route (pain et fromage). Les ligues Grise et de la Maison-Dieu reliées à Uri par le passage de rOberalp, et à Claris par les passages de Panix et du Segnes entretenaient de bonnes relations de voisinage avec les Uranais et les Glaronnais, ainsi qu'avec les Zuricois, mais les alliances positives et suivies avec les Confédérés de la Suisse centrale ne remontent qu'à la fin du quinzième siècle.