‹ Histoire de la nation suisseChapitre 52 sur 82 · GUERRE DE ZURICH CONTRE SGUWTZ · texte numérisé non relu

GUERRE DE ZURICH CONTRE SGUWTZ

Après le sac de Greifensée, commença le siège de Zurich, depuis longtemps attendu. Une armée de 20 000 hommes, la plus forte que les Confédérés eussent encore réunie, investit la ville. Celle-ci organisa admirablement la résistance, elle s^entoura d'ouvrages extérieurs, donna des pouvoirs extraordinaires au chevalier autrichien Jean de Rechberg, qui conduisit la défense avec beaucoup d'entente. Tout autour de la ville les arbres furent coupés et des pieux furent plantés pour arrêter la marche des assiégeants. Les bourgeois, pleins de confiance, laissaient les portes de la ville ouvertes et se riaient du peu d'effet des tirs des Confédérés. Les assauts étaient repoussés avec succès. Des jeunes gens formèrent un corps-franc qui se distingua particulièrement; ils faisaient la guerre de partisans et causèrent un grand préjudice aux Confédérés, ils interceptaient leurs communications, un jour, entre autres, ils réussirent à s'emparer d'une colonne d'approvisionnement *.

Abandonnés matériellement par l'Autriche, les Zuricois, en dépit de leur héroïsme n'eussent pu, à la longue, résister aux Suisses, et semblaient fatalement condamnés à succomber dans cette lutte inégale. Ce fut au milieu de ces circonstances que se produisit l'invasion des Armagnacs, qui devait apporter une diversion à la guerre civile en attirant les efforts des Confédérés sur la frontière occidentale de leur territoire.

' Les ouvrages du seizième siècle donnent à ces hardis compagnons le nom de boacs ou de belliqueux. On a souvent confondu cette association avec une autre du même genre, qui guerroya contre les Confédérés durant les années 1447 à 1449, et tirait son nom de Krœhenleuie du château de Hohenkrœhen où elle avait établi son quartier général, ses membres étaient aussi appelés Schildner (ou Schwertler) zum Schnecken; durant Tété de 1447, ils se signalèrent par la capture du landamman, Rodolphe Pries, d'Uri. Les descendants des membres des deux associations se sont réunis et forment aujourd'hui encore une corporation qui possède une maison récemment reconstruite, portant pour enseigne un etcargot (lam Schnecken) ; cette corporation compte une soixantaine de membres qui s'honorent de porter le titre de boucs ^ indice que leur inscription au registre des bourgeois remonte à la première moitié au moins du quinzième siècle. Lorsqu'un des membres de la corporation se marie il est d'usage encore aujourd'hui de faire le repas dans les salles de l'Escargot.

Page 1