GUERRE DE SOUABE
L'empire avait reconnu en fait Tindépendance des dix cantons représentés à la paix de Bâle, mais il continua à considérer les cantons de Bâle et de SchafFhouse, ainsi que les villes alliées de Mulhouse, Saint-Gall et Rottweil comme relevant de son autorité. Les évoques de Bâle, de Coire et de Sion ainsi que les abbés de Saint-Gall, d'Einsiedeln, de PfaefTers et de Rheinau qui possédaient la qualité de princes d'empire la conservèrent et s'en prévalurent encore quelquefois, mais sans grands succès vu que leur souveraineté devint à peu près nominale.
La convention perpétuelle conclue entre l'Autriche et les cantons le 11 juin 1474 avant la guerre de Bourgogne, et renouvelée en 1477 sous le titre d'union héréditaire, mise en question par la guerre de Souabe, fut renouée à Baden le 1®' juin 1511. Ce traité mit définitivement fin aux droits des Habsbourg sur la Suisse. Les deux partis: à savoir d'un côté l'empereur Maximilien, stipulant tant en sa qualité d'archiduc d'Autriche qu'au nom de son petitfils (le futur empereur Charles-Quint) pour son comté de Bourgogne et de l'autre les douze cantons, avec l'abbé de SainMiall, le pays d'Appenzell et leurs alliés, se promettent mutuellement une pleine liberté commerciale, ainsi qu'une paix perpétuelle ; ils s'assurent^ en outre, qu'aucune nouvelle agression militaire ne se ferait de leurs territoires respectifs contre les pays possédés par l'autre partie, même dans ceux qui n'étaient pas inclus dans Tunion héréditaire. Les Confédérés prirent sous leur protection la Franche-Comté ou comté de Bourgogne et reçurent pour ce protectorat un tribut annuel de deux cents florins pour chaque canton et la moitié pour les alliés qui contractaient avec eux, le tout payable chaque année à Zurich. Ce traité constituait une réparation éclatante pour les insultes que l'empereur avait prodiguées aux Confédérés aux débuts de la guerre de Souabe et atteste la considération qu'ils avaient su inspirer à leurs adversaires.
PÉRIODE BEROlQUE
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GCEHRE DE SOCABE
BzpUoatlon des sceaux des pa^es 446 et 447.
Les sceaux que nous reproduisons ici sont ceux qui figurent au bas des lettres d'alliance des cantons et de leurs alliés.
Fi g, 68. — Dans le sceau d*(/ri, nous trouvons une tète de taureau ou d'aorochs, avec une boucle dans les naseaux ; suivant A. Gautier (Les armoiries de la Confédération et des cantons), elle serait remblème de la conquête opérée par les premiers colons sur leur vallée, naguère habitée par des bètes sauvages dont l'aurochs était le représentant le plus caractéristique.
Fig. 69. — Sur le sceau de Schwyz, on voit saint Martin, patron de ce bourg, partageant son manteau pour en donner la moitié à un mendiant.
Fig. yo. — Une clef avec poignée en losange est le motif central du sceau d* Unterwald ; cet emblème est celui de l'apôtre Pierre, patron de l'église de Stanz.
Fig. ji. — Dans le sceau de Zurich, on voit l'image de saint Félix et de sainte Régula tenant en mains leurs tètes coupées.
Fia. j2. — Le martvre de saint Léodegar ou Léser, à qui l'on crève un œil, est pareillement représente sur le sceau de la ville de Lacerne, dont il était le patron.
Fia. jS. — Le sceau de Glaris reproduit l'image de saint Fridolin, missionnaire du christianisme dans cette vallée.
Fig. ji. — Le sceau de Zoug, plus simple que les précédents, porte les armes de la ville : un écusson bleu et blanc. Suivant Adolphe Gautier, ces couleurs, qui sont aussi celles de Zurich et de Lucerne, s'expliqueraient par la situation de ces villes, dont les murs plongent dans des lacs, le bleu ou azur représente l'eau, le blanc ou argent la terre inculte, la grève.
Le rouge ou gueules, qui figure dans les armes de Schwyz, d'Unterwald et de Glaris, est par excellence la couleur royale des Francs, que les premiers colons ont apportée avec eux ; la tradition prétend que le champ Je la bannière primitive d'Uri était aussi rouire, que la tète de taureau se détachait en argent, et que plus tard, les habitants ^ Uri, relevant immédiatement de l'empire, en auraient pris les couleurs et substitué l'or au rouge et le noir à l'argent.
Fig. y5. — Le sceau bien connu de Berne est l'un des plus caractéristiques ; il y a évidemment une concordance étroite entre son ours, en allemand Bar, et le nom de Berne; reste à savoir lequel des deux mots est l'origine de l'autre. Suivant une légende, le duc Berthold V de Zaeringen aurait tué un ours sur l'emplacement de la cité au'il allait fonder ; la plupart des auteurs, dit Gautier, font dériver les armes au nom, ce seraient des armes parlantes, le nom de Berne viendrait de Vérone, ancienne province des Zaeringen, qui se nomme Bem en allemand. Une
tnion, généralement admise comme la plus probable, veut qu'il existât sur l'em-
Eicement de la ville, antérieurement à sa fondation, un village ou château appelé me ; ce radical viendrait du gothique ou du celtique, il se retrouve dans la composition de plusieurs noms d'endroits comme Berlin et Berneck. L'emblème de l'ours aurait été choisi par Berthold V comme représentation du plus puissant des carnassiers de nos contrées, afin d'exprimer que sa création devait être redoutée, pronostic qui s'est vérifié. Dans l'origioe, l'ours était de sable, passant en fasce dans un champ d'argent, les couleurs de la ville étaient alors le noir et le blanc ; plus tard, vers la fin du treizième siècle, le champ de l'écu et le drap de la bannière furent teintés de rouge, et l'ours représenté dans une bande d'or montante posée sur le champ ; dès lors, les couleurs de cette valeureuse république furent le rouge et le noir.
Fig. 7^, yy et 83. — On raconte que le missionnaire Gall, ayant bâti sa cabane au bord du Steinbach, y fut surpris un jour par un ours, auquel il ordonna d'aller chercher du bois ; l'animal obéit et, en récompense, le saint homme lui donna un pain, mais en lui enjoignant de quitter le pays pour toujours. Cette légende explique
iiiv de la nation su'use. (Page 3S>.)
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Glaive. Iiache d'armes, coitlitres. angiiebiiseK. (Irajieau. Iiumbardes. ooiileiivrine el mortier. Les i|ualre liouches à Teii reproduites sur celte planche sont au Muâée de Murnt, suivant M. Sl^essi elles faisaient parlie (le l'armemeiil des remparts de celte vUle, leur type est celui de la fln du XIV'« et du commencement du XV' siècle.